Arlon : elle poignarde son ex-compagnon dans la rue
Une quadragénaire a blessé à trois reprises avec un couteau son ex-compagnon qui la harcelait, selon elle. Elle est poursuivie pour tentative de meurtre. Son avocat plaide l’excuse de la provocation.
C’est une femme de 42 ans à bout de nerfs qui a agressé au couteau son ex-compagnon en pleine rue au centre d’Arlon le 21 février 2025. Tout part d’une rupture amoureuse après deux mois de relation. Pendant un an après la rupture, jusqu’au moment des faits, l’ex-compagnon a suivi dans la rue, dans les magasins, harcelé jour et nuit son ex-compagne. Il a parlé d’elle en des termes peu élogieux à son nouveau compagnon.
«C’est la goutte de trop. J’ai vu rouge quand je suis partie de chez moi avec le couteau. Je n’avais pas l’intention de le tuer, je voulais qu’il me laisse tranquille. J’ai eu un accès de colère», explique la quadragénaire. «La scène va très vite, enchaîne le parquet. Madame arrive la première, suivie de près par son compagnon à 21 h 48. Ils retrouvent l’ex-compagnon et, à 21 h 50, la scène est terminée.»
Une scène filmée par les caméras de surveillance. «On voit madame tenir le couteau avec une lame de 20-30 cm, et tout le monde est surpris. Son ex la fait tomber avec une chaise, mais elle revient à la charge et multiplie les tentatives pour le toucher. Elle donne des coups énergiques. Il sera blessé au dos, au flanc et à l’index en tentant de prendre le couteau.»
Si elle reconnaît avoir un peu bu ce soir-là, c’est bien la colère qui l’a poussée à agir de la sorte. «Son état de rage l’a un peu dépassée et lui a fait avoir ce geste jusqu’à ce que quelqu’un les sépare. Aux policiers, elle dira qu’il l’a bien mérité, puis regrettera son geste et de ne pas avoir déposé plainte plus souvent contre lui», précise encore le ministère public.
Le parquet estime que les coups auraient pu être mortels en raison de la longueur de la lame, du nombre de tentatives et de la force dans les coups portés.
«Ma cliente a vécu un enfer pendant un an»
Se pose alors la question de l’excuse de provocation. «Je ne peux pas la retenir, explique le parquet. Même si elle est en rage, madame a son libre arbitre. La présence dérangeante de son ex-compagnon et les insultes ne sont pas proportionnelles avec l’attaque au couteau.»
Le parquet requiert la peine minimum de 3 ans de prison avec sursis pour ce qui dépasse la préventive, avec un suivi psychologique pour apprendre à gérer ses émotions.
Une excuse de provocation que défend l’avocat de Madame. «Ma cliente a vécu un enfer pendant un an. Elle s’est installée dans un état de détresse, d’angoisse, d’épuisement. Une souffrance extrême. Elle a fait de la préventive et respecte les conditions de sa libération. Elle a pris conscience de sa réaction inadéquate. Elle travaille à temps plein au Grand-Duché et n’a aucun antécédent judiciaire.»
Me Plainchamps plaide pour une requalification des faits en coups et blessures volontaires pour permettre à sa cliente de bénéficier d’une peine de travail.
L’ex-compagnon, poursuivi lui aussi en correctionnelle, mais absent, risque un an de prison pour les faits de harcèlement et de violence sur son ex-compagne et pour avoir commis des attouchements sur deux serveuses dans un bar en novembre dernier.
Le parquet requiert également 8 mois de prison à l’encontre du compagnon de madame au moment des faits, absent également, qui avait porté des coups de poing à la victime le 21 février 2025.
Jugement le 11 mars.
L.B.
(L’Avenir)