Accueil des gens du voyage : le Grand Longwy devra revoir sa copie

Sujet récurrent pour l’agglomération, la présence des gens du voyage est revenue en débat, lors du dernier conseil communautaire. Les élus devaient adopter le schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage. Le dossier était apparemment mal ficelé puisque le point à l’ordre du jour a été reporté.

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Dernièrement, la communauté d’agglomération a fait procéder à l’évacuation du Kinepolis. (Photo chrystelle thévenot)
Dernièrement, la communauté d’agglomération a fait procéder à l’évacuation du Kinepolis. (Photo chrystelle thévenot)

C’est un vieux serpent de mer. La présence, légale ou illégale, des gens du voyage sur le bassin de Longwy anime régulièrement les débats à la communauté d’agglomération de Longwy. Re-belote lors de la séance du 24 septembre. Les élus devaient se prononcer sur le schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage, pour la période 2026-2032. Et apparemment, peu de conseillers communautaires avaient potassé le sujet. Résultat : le point a été reporté à une séance ultérieure.

Jardins familiaux : de 6 à 40

Le dossier a été présenté par Cédric Aceti. Le vice-président a listé les demandes de la préfecture, en insistant sur les nouvelles directives. Concernant l’aire de grand passage, l’intercommunalité est à peu près dans les clous. Il faudra juste que l’aire provisoire de 200 places se concrétise de façon pérenne «sur un lieu qui reste à définir».

Au niveau des aires permanentes d’accueil, la communauté d’agglomération est conforme aux demandes de l’État avec 40 places à Longlaville et 20 à Mont-Saint-Martin. En revanche un effort important est réclamé pour la création de terrains familiaux locatifs. Pour l’heure, six sont recensés à Longwy, quand il en est demandé… 40.

Cette dernière exigence préfectorale fait bondir Jean Huard. Le maire de Cutry a exhorté ses collègues à «ne pas voter ce schéma». L’ex édile, en charge de ce dossier lors du mandat précédent, a argumenté : «On nous demande le même effort qu’à Nancy. C’est inacceptable.» Le fin connaisseur du sujet a chiffré les réalisations de la trentaine de petites habitations à 4 millions d’euros (120 000 euros l’unité). «On n’a pas les moyens de cet engagement. Pire, ce sera un boulet puisqu’à chaque fois, si on adopte le schéma, la préfecture nous répondra qu’on n’est pas conforme.»

«Régularisation»

Jean Huard a poursuivi sa démonstration en soulevant d’autres contraintes. «Il est écrit qu’on doit procéder à la régularisation des installations non-conformes, comme à Mexy.» Et de pointer le devoir de prévoir « des installations en cœur de ville et cœur de village, ainsi que « dans les zones agricoles et naturelles, comme entre Cons-la-Grandville et Cutry. »

Pour finir de convaincre son auditoire, Jean Huard a prédit que les fonds de la Dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR) utilisés pour les gens du voyage se feront au détriment des autres équipements. «Il n’y aura plus d’argent pour les écoles, les voiries, les salles de sport, les gymnases.» Personne n’ayant apporté de contradictions au maire de Cutry, le débat a été écourté, et le point ajourné.

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