Vingt ans d’union face à la précarité entre Cactus et la Banque alimentaire

Alors que le risque de pauvreté touche une personne sur sept au Grand-Duché, le partenariat historique entre l’enseigne de grande distribution Cactus et la Banque alimentaire célèbre ses deux décennies. Un engagement vital sur le terrain, qui a permis de récolter plus de 600 tonnes de denrées depuis 2006.

Publié Modifié
Les conserves et l'épicerie sucrée sont récoltées à la sortie des caisses
Les conserves et l'épicerie sucrée sont récoltées à la sortie des caisses

La précarité alimentaire n’est pas une abstraction au Luxembourg. Face à une inflation persistante et un coût de la vie qui fragilise de nombreux ménages, la solidarité s’organise. Ce jeudi, les équipes de la Banque alimentaire Luxembourg, du Lions Club et de l’enseigne Cactus se sont réunies pour dresser le bilan de 20 années d’un partenariat devenu indispensable.

«Depuis 20 ans, nous avons construit un partenariat fort et de longue durée avec la Banque alimentaire Luxembourg», a souligné Véronique Schmitt, directrice marketing, communication et RSE de Cactus en ouverture de la conférence. Une alliance qui a permis, selon elle, de «mobiliser ensemble nos clients, nos collaborateurs et de nombreux bénévoles autour d’un objectif unique et concret : soutenir les personnes confrontées à la précarité alimentaire au Luxembourg».

«Le Luxembourg n’a pas réussi à abolir la pauvreté»

Derrière la célébration de cet anniversaire (2006-2026), le constat dressé par Jean Rodesch, président de la Banque alimentaire de Luxembourg, souligne avec une fermeté absolue vouloir agir sur l’urgence de la situation au Grand-Duché. «Malgré l’opinion générale, beaucoup de personnes précaires vivent ici, chez nous. Non, le Luxembourg n’a pas réussi à éradiquer la pauvreté», a-t-il affirmé.

Les critères financiers illustrent cette situation tendue : pour l’année 2025, le seuil de risque de pauvreté est évalué à 2 502 euros par mois pour une personne seule. Une somme théorique qui fond rapidement face aux charges. «Déduisez le loyer, ajoutez-y le prix du chauffage et de l’électricité, et il ne reste plus grand-chose pour vivre», a rappelé le président de l’association.

Malheureusement, la précarité n’épargne pas les plus jeunes dans les foyers, puisque près de 30 000 mineurs vivent actuellement dans des ménages menacés par la pauvreté.

Prévenir, valoriser et distribuer

Pour répondre à cette détresse grandissante, la Banque alimentaire opère comme une plateforme de redistribution. Rien que sur les premières collectes de 2026, l’association a distribué près de 24 000 kg de denrées alimentaires à travers le pays via un réseau de 50 bénévoles et de plus de 30 associations partenaires. L’approvisionnement provient de sources plurielles, mais les collectes en magasin restent un pilier central.

En 20 ans, le bilan est encore plus impressionnant : «Plus de 180 collectes organisées dans les magasins Cactus, et plus de 633 tonnes de denrées alimentaires récoltées grâce à la mobilisation des clients», a détaillé la représentante de l’enseigne. Cactus en a également profité pour réaffirmer sa stratégie antigaspillage en interne, au-delà du don ponctuel : «Chez Cactus, notre priorité est simple : prévenir avant de jeter et valoriser avant d’éliminer.»

Au-delà des idées reçues, une solidarité locale

Si Cactus et la Banque alimentaire sont les piliers de cette initiative, d’autres associations y jouent également un rôle clé, à l’image du Lions Club. L’un de ses membres a d’ailleurs profité pour balayer certaines idées reçues : «Certaines personnes pensent que ce qui est récolté part à l’étranger, alors que non. Tout reste au Grand-Duché.» La logistique, assurée par des transporteurs bénévoles, permet de redistribuer ces vivres directement sur le territoire via des acteurs sociaux comme la Croix-Rouge. Une chaîne d’entraide qui révèle au passage une belle leçon d’humilité : «Ce sont souvent ceux qui gagnent le moins qui donnent le plus», a-t-il souligné.

Powered by Labrador CMS