Francofolies : les commerces eschois espèrent leur part
À quelques pas du Gaalgebierg, les commerçants de la rue de l’Alzette espèrent profiter du festival, sans certitude.
Esch-sur-Alzette s’apprête à voir affluer 40 000 festivaliers vers le Gaalgebierg. Mais dans la principale artère commerçante qu’est la rue de l’Alzette, l’enthousiasme reste prudent. Situés non loin du site du festival, les commerçants espèrent capter une partie de cette fréquentation, sans être tous convaincus que l’événement leur profitera vraiment.
En bout de rue, au Girassol, Joao est serveur et observe tout de même un effet positif. Le restaurant accueille davantage de monde le midi, même s’il ne parle pas d’un bouleversement majeur. L’impact existe, mais reste limité.
Un peu plus loin, dans la rue parallèle Zénon-Bernard, André, serveur au salon de thé Estrela, dit avoir remarqué «beaucoup de Belges» et «quelques Anglais aussi» l’an passé. Pour lui, les Francofolies ne peuvent pas être comparées à la braderie ou aux cavalcades, mais elles apportent malgré tout des clients, «surtout le dimanche matin».
Ce dimanche revient souvent dans les discussions. C’est peut-être là que se jouera une partie des retombées. Par exemple, chez Pizza Enzo, rue de l’Alzette, Gabriella se souvient d’une édition très bénéfique en 2024, suivie d’une année beaucoup plus décevante : «L’an dernier, personne!», explique-t-elle avec humour.
Selon cette gérante, tout dépend de la météo et des artistes programmés. Quand l’affiche attire, des Français ou des Néerlandais peuvent s’arrêter pour manger en ville. Roberta, seconde gérante, mise clairement sur le dimanche : «Avec Gims, Christophe Maé et une bonne météo, on peut espérer voir des clients la journée.»
«Ce n’est pas juste»
Un espoir mesuré, qui contraste avec une autre voix, plus critique. Pour Ricardo gérant du 24Brunch & Cocktails, les Francofolies ne rapportent «pas grand-chose» aux commerçants du centre. Il dénonce même «une forme de concurrence déloyale».
Pour quelle raison? Les établissements installés rue de l’Alzette font vivre le quartier toute l’année, y compris lorsque l’affluence est plus faible. Son restaurant ouvre au quotidien, emploie du personnel, paie son loyer pour «faire vivre le centre-ville».
Pour Ricardo, il est donc difficile d’accepter que, lors des grands événements, comme les Francofolies ou encore la kermesse, une partie de l’activité potentielle leur échappe au profit de prestataires extérieurs. À leurs yeux, les commerçants locaux devraient être davantage associés à ces rendez-vous qui attirent du public à Esch : «Ce n’est pas juste», résume-t-il.
Pour rappel, les festivaliers disposeront directement sur le site du Gaalgebierg d’une offre de restauration et de boissons bien structurée. Les Francofolies prévoient plusieurs espaces dédiés, dont une offre culinaire haut de gamme mise en avant avec le chef étoilé Archibald De Prince, en particulier dans les espaces VIP. Complétée par d’autres prestataires extérieurs, comme les foodtrucks Piato ou Dreams Donuts Luxembourg.
Au-delà des restaurants et cafés, les supérettes peuvent espérer bénéficier de passages. Dans la rue de l’Alzette, My Auchan se tient prêt, tout comme le Proxy Delhaize, avenue de la gare. D’autant que ces commerces resteront ouverts le dimanche. Chris, responsable du Proxy Delhaize, garde en mémoire l’effet du LOA, le mois dernier, qui avait déjà donné un aperçu de l’attractivité générée par un festival. «Il y avait plus de jeunes et d’internationaux», affirme-t-il.