Des tensions apparaissent autour de l’approvisionnement en carburant
Nouveau coup dur pour les compagnies pétrolières du pays. Après la navigation rendue difficile sur le Rhin, voilà que les CFL entament un chantier sur le pont ferroviaire de Mertert.
Des travaux prévus la semaine prochaine sur le pont ferroviaire de Mertert vont avoir encore plus de répercussions sur l’activité du port desservi par bateaux, trains et camions. Après la baisse du niveau du Rhin qui a directement impacté l’activité du port, les travaux que vont engager les CFL pour une durée de deux ou trois semaines empêcheront la majorité des trains de gagner le Luxembourg depuis l’Allemagne.
Le port de Mertert est le point central d’approvisionnement en produits pétroliers du Luxembourg et le pont est le passage ferroviaire essentiel pour le trafic local et international de fret vers le port. Depuis la baisse du niveau du Rhin, l’acheminement par rail et par route avait augmenté en intensité. Le chantier sur le pont ferroviaire vient une nouvelle fois perturber momentanément l’acheminement des produits pétroliers. Les conséquences que vont entrainer ces travaux vont encore compliquer le ravitaillement des stations-service. Les sociétés avaient déjà augmenté la cadence de livraison par rail et par route et les voilà privées de trains le temps que durera le chantier des CFL.
Certains pétroliers avaient commencé ces dernières semaines à approvisionner le dépôt par train, vue la navigation rendue impossible sur le Rhin à cause de la sécheresse. Les groupes pétroliers qui avaient déjà pris des dispositions devront encore prendre en compte la fermeture du pont, mais aussi l’interruption de la navigation, pour une durée indéterminée, sur le canal Albert en Belgique. En effet, l’intervention depuis dimanche après-midi de deux avions «Air Tractor» venus de Suède perturbe la navigation sur le canal, car les appareils qui luttent contre l’incendie des Hautes Fagnes y opèrent leur remplissage et ne peuvent pas s’approvisionner ailleurs.
Situation stable, mais tendue
La fermeture récente, mais temporaire, du canal Albert, qui relie Anvers à Liège, où il y a quelques dépôts pétroliers, est une autre difficulté pour l’approvisionnement du Grand-Duché. Cependant, comme ce fut déjà le cas par le passé, le gouvernement pourrait décider de libérer des stocks, comme il l’a fait en mars dernier. Le Luxembourg avait libéré 8 385 tonnes de ses stocks stratégiques de pétrole. Une décision qui faisait suite à une action mondiale de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour freiner la hausse des prix et rassurer les marchés après les tensions au Moyen-Orient.
Cette fois, les pétroliers ont organisé les réserves. Le gouvernement n’aura peut-être pas besoin de libérer une nouvelle fois des stocks, la situation serait sous contrôle selon les informations transmises au ministère de l’Économie et de l’Énergie par le groupement pétrolier. Pourtant, il ne faudrait pas que les travaux sur le chantier des CFL soient rallongés. La situation reste tout de même stable, mais tendue. Il n’est pas question de pénurie, pour l’heure. L’acheminement devient compliqué, mais les réserves ne devraient pas manquer. Cela étant, le ministère se tient prêt à réagir en cas de pénurie, même si l’acheminement n’est pas totalement interrompu. L’impact des travaux à Mertert sera suivi de près. Tous les groupes pétroliers ne sont pas concernés de la même manière : selon leurs sources d’approvisionnement, certains dépendent plus des stocks de Mertert que d’autres. Mais ceux-là ont assuré au ministère qu’ils avaient pris leurs dispositions.