[Musique]
Céline Dion et la France, une longue histoire d’amour et d’amitié
Arrivée vendredi à Paris avant sa longue série de concerts, Céline Dion confirme son amour profond et durable pour la France. De Michel Drucker aux Jeux olympiques en passant par Jean-Jacques Goldman, retour sur un lien indéfectible.
Après six ans d’absence, Céline Dion a choisi de renouer avec la scène à Paris, où la diva québécoise est arrivée vendredi. Un choix qui ne doit rien au hasard tant la France occupe une place à part dans son cœur et sa carrière.
«J’ai toujours voulu être aimée de la France», confiait ainsi la star dans un documentaire diffusé sur M6 en 2025.Figure emblématique du paysage audiovisuel français, Michel Drucker l’a découverte à ses débuts : «Je savais qu’elle rêvait de la France, comme on rêve de l’Amérique», témoigne-t-il.
Le 29 janvier 1983, Michel Drucker offrait à l’artiste naissante son premier véritable coup de projecteur dans l’Hexagone. «Elle ira loin… Retenez bien le nom de cette jeune fille», prédisait-il alors, avant que Céline Dion, 14 ans à l’époque, n’entonne D’amour ou d’amitié sur le plateau de son émission, Champs-Élysées.
La même année, elle devient la première artiste canadienne à décrocher un disque d’or en France avec Du soleil au cœur, compilation de ses premiers succès francophones écrits par Eddy Marnay, parolier français pour Edith Piaf, Juliette Gréco et Bourvil.
«Cet homme-là a été son confident. C’est comme ça qu’il a écrit un album entier pour elle, parce qu’elle lui disait tous ses secrets», retrace Élisabeth Reynaud, autrice de livres biographiques sur la diva.
Céline Dion appellera d’ailleurs l’un de ses jumeaux, né en 2010, Eddy, en hommage à Marnay, l’un des premiers, avec René Angélil, qui deviendra son mari, à lui avoir mis le pied à l’étrier.
Le tournant Goldman
En 1990, la chanteuse refuse le trophée de l’artiste anglophone aux prix Félix, récompenses musicales québécoises, préférant affirmer avant tout son identité francophone, même si certaines de ses chansons sont en anglais.
L’année suivante, elle persiste dans la langue de Molière en interprétant Un garçon pas comme les autres (Ziggy), chanson tirée de Starmania, le célèbre opéra-rock de Luc Plamondon et Michel Berger.
Pour moi, la France, c’est l’amour pur!
Le public français tend l’oreille, mais il tombe définitivement en amour pour Céline Dion en 1994. Sur la scène caritative des Enfoirés, elle interprète Là-bas avec Jean-Jacques Goldman, au succès déjà flamboyant.
De ce duo mythique naît plus qu’une amitié : en 1995 sort l’album D’eux, entièrement écrit par le discret compositeur. «Il lui a dit : « ta voix, elle donne tout déjà, tu n’as pas besoin de la forcer ». Céline a donc totalement intégré ce qu’il lui conseillait, et ça a donné cet album merveilleux», raconte encore l’autrice Elisabeth Reynaud.
Retour à la tour Eiffel
«Jean-Jacques m’a donné la chance d’être la bienvenue chez vous, en France!», confiait Céline Dion en 2025, convaincue que cet opus lui avait ouvert les portes d’une «grande famille».
Au passage, D’eux reste le disque francophone le plus vendu au monde avec environ 10 millions d’exemplaires, incluant le tube Pour que tu m’aimes encore.
Mais c’est surtout avec Paris que la star entretient un lien particulier. La capitale est en effet le théâtre de sa première scène, à l’Olympia en 1984, en première partie du trublion Patrick Sébastien.
Dix ans plus tard, c’est son nom qui s’affiche en grosses lettres rouges sur la façade de cette salle emblématique : elle y donne une série de concerts à guichets fermés, signe de sa consécration.
Puis viennent ses shows grandioses au Stade de France, les 19 et 20 juin 1999, qui rassemblent quelque 180 000 spectateurs. «Pour moi, la France, c’est l’amour pur!», avait-elle expliqué à TF1 en 2015, affirmant que «la langue française, c’est le sang qui coule dans mes veines».
Au total, 15 de ses 27 albums studio ont été enregistrés en français. Après une mise en retrait liée à des problèmes de santé, Céline Dion réapparaît en 2024 à la tour Eiffel, interprétant L’Hymne à l’amour d’Edith Piaf, en clôture de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris.
Un moment iconique diffusé en mondovision. Le 30 mars 2026, jour de son 58e anniversaire, elle s’empare même de nouveau de cet emblème national pour annoncer son retour. Sur la Dame de fer, quatre mots surgissent : «Paris, je suis prête». Rendez-vous le 12 septembre.