[Cyclisme]
Yannis Lang, encore un espoir qui promet!
AVANT LE CHAMPIONNAT NATIONAL ESPOIRS, DIMANCHE À WEISWAMPACH Yannis Lang s’est illustré dimanche en terminant 6e des championnats nationaux avec les pros.
Il n’est pas bien grand, 1,75 m pour 60 kg, mais il ne passe pas inaperçu pour autant. Dimanche soir, sur le parvis de l’hôtel de ville, habillé de son nouveau tricot de champion national élite sans contrat, il a été porté en triomphe par ses amis. Et Yannis Lang a visiblement aimé ça. Le public également. «J’étais content, ils étaient contents, ils m’ont pris sur leurs épaules pour faire une photo, j’ai trouvé ça sympa», rigole-t-il.
L’enfant de Mamer, qui habite à 500 mètres seulement de l’arrivée, située rue du Millénaire, connaissait chaque détail du final, et sa 6e place du classement scratch a eu son effet. D’autant plus que ce jeune espoir de 18 ans seulement terminait premier coureur sans contrat, d’où ce maillot de champion qu’il pourra porter sur les épreuves nationales et non professionnelles au pays, comme à l’étranger où il court souvent avec son club belge de Balen. «Je voulais partir à l’étranger pour pouvoir faire plus de courses et gagner en expérience», confirme Yannis Lang, qui se sent donc bien là où il est.
«Il a fait un sacré championnat, il était dans la première échappée puis dans le groupe principal, il n’a pas lâché prise, il était encore actif à l’arrivée pour signer sa 6e place au scratch. C’est un espoir première année. À l’image de Flavio Astolfi ou Lenn Schmitz, qui a fait aussi un beau final, ils n’ont pas eu peur des pros. Ils travaillent bien», apprécie l’entraîneur national, Jempy Drucker.
L’intéressé ne dit pas autrement. «Dimanche, j’étais vraiment content de terminer à cette place devant des pros. Et le titre sans contrat, c’était super», confirme Yannis Lang.
Cet élève en deuxième au Sportlycée prend le temps de réfléchir lorsqu’on lui demande s’il s’agissait, ou non, d’une surprise. «J’étais un peu surpris, mais je savais que j’étais fort quand même. J’étais bien venu en forme les dernières semaines et je visais la première place du championnat sans contrat.»
Débuts en minimes
Jempy Drucker l’a vu progresser au fil des mois : « Yannis a eu des problèmes pour trouver son rythme en début de saison. Il a terminé fatigué la Flèche du Sud, car on protégeait la deuxième place au classement général de Mats (Wenzel). Mais cela lui a finalement fait du bien. Il a rebondi après en Autriche (sur l’Oberösterreich Rundfahrt) ensuite. Il a bien progressé et, avec son club, il a aussi un bon programme en Belgique (il a terminé récemment 20e de l’épreuve réputée Romsée-Stavelot-Romsée). Là, je trouve qu’il est fort. La Belgique, pour moi, c’est la meilleure école pour se positionner et lire une course. Si tu sais le faire en Belgique, tu peux le faire partout»
Ses débuts dans le cyclisme remontent à la catégorie minimes. «Mais jusque dans ma première année juniors, je combinais toujours triathlon (sport que pratique toujours son grand frère David Lang) et cyclisme. Je prends plus de plaisir dans le vélo et je fais également de meilleurs résultats. Depuis deux ans et demi, je me focalise sur le cyclisme», poursuit le jeune homme qui ne cache pas qu’il caresse le désir de rejoindre si possible le peloton professionnel.
Puisqu’il était dans le sprint final qui a posé tant de problèmes à l’arrivée entre Arthur Kluckers, sacré champion, et Mathieu Kockelmann, forcément frustré, on lui demande ce qu’il en a pensé. «Dans la course, j’étais focalisé sur mon sprint et, franchement, je ne ne peux pas dire si oui ou non Arthur a fermé ou non la porte à Mathieu. Bien sûr, j’ai ressenti de la tension dans le dernier virage avec les coureurs placés autour de moi, c’est tout», évacue celui qui se situe dans la catégorie des puncheurs-grimpeurs.
Un entraînement sérieux
On le ressent rapidement, Yannis Lang sait ce qu’il veut et consacre entre 14 et 17 heures d’entraînement par semaine, et encore, il monte parfois à 20 heures. «Il faut s’entraîner à ce niveau, il n’y a pas de secret!», sourit ce jeune coureur entraîné par Pascal Wenzel, le père de Mats et Liv.
S’il est donc champion national sans contrat, Yannis Lang va pouvoir viser, dimanche à Weiswampach, un deuxième titre national en course en ligne. Celui de la catégorie espoirs, avec la formule des quatre nations, le Luxembourg, l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse. «C’est mon objectif, je pense que c’est possible, mais il faudra voir comment sont mes jambes», souligne celui qui assouvit une passion familiale pour le cyclisme. Son grand-père et bien sûr son grand frère David sont passés par là avant lui.
Après les championnats espoirs, il retrouvera son club de Balen pour le Tour de Liège, puis il devrait aller avec la sélection nationale en République tchèque sur le West Bohemia Tour. «Puis ensuite, conclut-il, j’espère être retenu sur les championnats du monde (25 septembre au Canada) et les championnats d’Europe (7 octobre en Slovénie). Tout dépendra de la façon dont ma saison va évoluer.» On ne s’en fait pas pour Yannis Lang!