[Handball]
Tironzelli veut se (re)faire une place
SÉLECTION NATIONALEAprès trois ans de pause, l’arrière droit de Käerjeng, Jacques Tironzelli, impressionne depuis son retour. Au point de faire partie de la première liste établie par Didier Dinart.
Il y a des retours qui ne passent pas inaperçus. Et qui marquent les esprits. Celui du talentueux Jacques Tironzelli en fait partie. Après une pause de trois ans entamée en raison d’un ras-le-bol général, l’arrière droit a décidé de reprendre du service à Käerjeng, l’un de ses clubs formateurs auquel il est particulièrement attaché.
«En fait, je n’ai jamais arrêté de suivre le hand, j’ai même joué avec l’équipe 2 et j’ai aussi été l’adjoint de Dan Mauruschatt chez les dames. Et à un moment, je me suis dit que si je ne recommençais pas maintenant, à 27 ans, après ce serait trop tard. C’était bien de prendre de la distance pendant les deux premières années», souligne-t-il.
«Par exemple, sans les séances d’entraînement, je pouvais aller en vacances si je le voulais, etc. Mais je me suis dit que ces choses-là, j’aurai le temps de les faire quand je serai plus vieux, sourit le Bascharageois. Et puis, j’habite dans la commune depuis toujours et tous mes potes sont ici, alors cela m’a aussi un peu motivé à revenir.»
Une autre source de motivation, et non des moindres, a également été à l’origine de son choix : «Ça ne m’intéressait pas d’aller dans un club que je ne connaissais pas trop, juste pour gagner peut-être un peu plus d’argent ou pour avoir une plus grande chance de remporter un titre. Ce qui me tenait à cœur, c’était plutôt de pouvoir aider Käerjeng face à la situation que l’on connaît. C’est un nouveau challenge pour moi.»
Polyvalent et plus mature
Une aubaine pour le HBK tant le garçon est bourré de qualités. D’ailleurs, ce dernier n’a pas tardé à le prouver. En effet, il vivra une première journée de rêve en inscrivant 13 buts (!) contre les Red Boys, doubles champions en titre. Une performance XXL qui a permis à son équipe de décrocher le nul, ce que personne au pays n’imaginait compte tenu de l’exercice précédent.
«C’est une bonne recrue qui va nous être d’une grande aide. En plus, c’est vraiment le profil qui nous manquait : au-delà du fait qu’il soit gaucher, c’est un shooteur de 9, 10 et même 11 mètres. Il sait faire pas mal de choses et est aussi bon au duel. Surtout, c’est quelqu’un qui garde les pieds sur terre, il reste lucide et il a gagné en maturité», disait de lui son capitaine, Pierre Veidig, après ce récital.
Confirmation sera faite par le principal intéressé : «Je ne suis plus le même joueur qu’il y a trois ans. J’ai un statut différent dans l’équipe et sur le terrain. Et puis, j’ai une autre façon de voir le handball luxembourgeois. Avant, j’étais focalisé sur le fait de gagner des titres individuels et sur l’argent pour le dire honnêtement.»
«À l’époque, j’avais arrêté parce que beaucoup de trucs ne me plaisaient plus. Mais maintenant, j’ai accepté l’idée que le niveau n’est plus aussi élevé qu’avant ou comme à l’étranger où j’ai joué une année», ajoute-t-il. Pas encore au top de sa forme, le Luxembourgeois, surveillé depuis comme le lait sur le feu par ses adversaires, n’en demeure pas moins l’un des grands artisans du bon début de saison des résidents du Um Dribbel.
Une demi-surprise
Et forcément, ses prestations n’ont pas échappé au nouveau sélectionneur national, Didier Dinart, lui qui nous confiait que le Grand-Duché avait besoin d’arrières droits gauchers «pour ne pas avoir une stratégie trop restreinte dans les enclenchements». Si bien que le nom de Jacques Tironzelli figure sur la liste élargie établie par le Guadeloupéen et son staff à l’approche des éliminatoires de l’Euro-2028.
Une demi-surprise pour l’arrière droit au vu de la conjoncture actuelle. «J’ai parlé plusieurs fois avec Didier Dinart, alors pour moi c’était assez clair qu’il était intéressé par mon profil, explique celui qui est enseignant dans la vie. Il vient assez souvent voir les matches et m’a dit que la porte de l’équipe nationale est ouverte à tous. Il était content de mes prestations, mais il m’a dit de continuer à travailler.»
Et l’objectif est on ne peut plus clair : continuer à performer pour faire partie de l’effectif qui participera à la première fenêtre des qualifications le mois prochain. Petit clin d’œil du destin, s’il venait à être sélectionné, le n° 28 de Käerjeng retrouverait la Macédoine du Nord, face à qui il faisait sa dernière apparition, en avril 2023, avec l’équipe nationale.
«C’est une équipe très forte depuis toujours, ce serait vraiment génial et un grand plaisir de pouvoir rejouer contre un tel adversaire, mais aussi la Suède et la Grèce», conclut Jacques Tironzelli. Alors son vœu est-il en passe d’être exaucé? Le gaucher semble avoir les cartes en main.