[Football]

Strassen croit toujours en un coup de folie

[Conference League, 2e tour retour] Battue 4-0 à l’aller, l’UNA veut gagner le retour et son coach veut entretenir l’espoir d’un truc fou contre le grand Partizan Belgrade. Est-ce bien raisonnable?

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Gueye et la défense vont devoir resserrer les boulons.
Gueye et la défense vont devoir resserrer les boulons.

On peut comprendre Jérémy Deichelbohrer. Il n’obtiendra rien de ses joueurs et surtout pas une forme de dépassement de soi, s’il ne pose pas clairement ses attentes avant un retour que 99,99 % des suiveurs du foot luxembourgeois considèrent déjà comme plié, depuis l’heure de jeu du match aller.

Remonter quatre buts au Partizan Belgrade? Et puis quoi encore? Pourtant, le technicien français n’en démord pas : il cultive depuis le coup de sifflet final, en Serbie, un discours qui refuse de lâcher l’affaire.

Ainsi, à propos du «plan» pour ce match retour : «Il faut l’aborder comme s’il n’y avait pas eu de match aller, y mettre de la folie. Si on veut avoir une chance, il faut que ce match bascule dans l’irrationnel et donc qu’on fasse, nous, quelque chose d’irrationnel»

Il faudra que le match bascule dans l’irrationnel, donc qu’on fasse quelque chose d’irrationnel

De façon très pragmatique, peut-être faudrait-il, avant d’envisager l’«irrationnel», travailler sur le rationnel. Et réduire à leur strict minimum les erreurs individuelles liées aux pertes de balles ou au positionnement. Il conviendra aussi de trouver une solution viable à la suspension d’Edis Agovic en défense centrale et, surtout, de changer de braquet devant.

Le Sénégalais Babou Seye a, en effet, des jambes de jeu, mais elles ne sont parvenues qu’à brûler ses ambitions de faire des différences. Approximations, précipitations, le joueur de 22 ans sera-t-il sur le terrain pour la revanche? On a craint une fissure de la maléole le concernant, mais il ne souffre que d’un œdème et de… sa jeunesse. «Il faut de l’indulgence, coupe Deichelbohrer. Il ne jouerait pas à Strassen s’il n’y avait pas des axes de progression. Il fait beaucoup d’efforts, de courses parfois inutiles. On va faire de la vidéo individuelle pour lui montrer».

Nicolas Perez aussi, a souvent été sur le point de faire mal à la défense serbe par son vice, ses décrochages. Il n’y est pas parvenu, mais cela coûte, en plus, à l’équilibre défensif puisqu’il ne fait peut-être pas autant d’efforts que d’autres, à ce niveau. Là, Deichelbohrer pose ses limites : ça ne changera pas! «Tout le monde attaque et tout le monde défend. Mais Nico a aussi son âge (NDLR : 35 ans). Comme on l’espère décisif, on le préserve aussi de certaines courses. On l’allège intelligemment et on compense. C’est ma volonté».

La volonté de Deichelbohrer c’est, aussi, de frapper fort au retour. Chiche?

ENVIRON 400 SERBES Un peu moins de 2 500 personnes sont attendues au stade, ce jeudi. Dont 3 à 400 dans le bloc visiteurs puisqu’il s’agit d’ultras venus de Belgrade. Suffisant pour classer ce match comme étant à risques.

Les remontadas, ça arrive souvent en C4?

L’étude superficielle de trois années de tours préliminaires de Conference league montre, au-delà même du rapport de forces entre Strassen et le Partizan Belgrade, que les remontadas de cet acabit, c’est une rareté.

Mais c’était arrivé, la saison passée, et les Féroïens de Runavik en gardent un souvenir amer, à l’issue du 1er tour : ils avaient battu les Finlandais du HJK Helsinki 4-0 à l’aller, avant de s’incliner 5-0 au retour, après prolongations. Presque de la même ampleur, au 3e tour de la précédente saison, le Vikingur Reykjavik, victorieux 3-0 à l’aller, avait craqué 4-0 au retour sur le terrain de Brøndby.

Mais au-delà de ces deux «miracles», les seules remontadas patentées, depuis 2023, demeurent des demi-exploits. Et encore, ils restent d’un nombre très restreint : quatre fois seulement sur soixante situations similaires à l’issue du match aller, des clubs ont remonté… deux buts de retard. Le Partizan l’a d’ailleurs fait, la saison passée, s’imposant 4-0 en Serbie après avoir perdu un aller 2-0 contre les Ukrainiens d’Oleksandria.

Mais voilà : si l’UNA avait perdu de deux buts d’écart, il n’aurait déjà eu, statistiquement, que 6,5 % de chances de renverser la situation, or il en a… quatre.

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