[Mondial-2026]
Sébastien Grandjean : «Si l’Argentine met un pressing haut, elle sera battue»
[MONDIAL-2026] Chaque jour, suivez la compétition avec un coach de DN (ou un arbitre). Aujourd’hui :Sébastien Grandjean, ancien entraîneur du RCFU, du Fola, de la Jeunesse et du F91.
«Je crois que ça paraît assez évident, et tous les amateurs et techniciens du foot partageront mon sentiment : Thomas Tuchel a joué un jeu tactique dangereux, en sortant Gordon à 20 minutes de la fin du match, pour passer à cinq derrière. Il n’y avait plus aucun pressing sur les côtés, et plus aucun avant les 25, 30 mètres, cela a ouvert la porte à l’Argentine.
Il s’est basé sur son expérience. Contre le Mexique, ils se sont retrouvés à dix, et il avait joué comme ça, avec beaucoup de courage, mais c’était contre le Mexique. Ici, on monte d’un, voire deux crans. Si l’Angleterre ne va pas en finale, pour moi, c’est à cause de ce changement, et donc du staff, et de leur mauvaise analyse de la situation.
Je suis convaincu que les Argentins sont capables de retourner n’importe quel match, puisqu’ils l’ont fait face à plusieurs oppositions, et parce qu’on les sent habités par une volonté incroyable de donner à Messi une deuxième Coupe du monde. C’est une évidence, il sera le meilleur joueur de la Coupe du monde, faire ce qu’il fait à son âge, c’est extraordinaire.
Chaque fois qu’il a fallu accélérer, chaque fois que l’Argentine était en mauvaise posture, c’est lui qui a redressé la situation, donné les ballons, s’est déplacé dans les espaces. Quand je vois hier encore sa capacité d’accélération, face à des gamins de 20, 25 ans, lui en a 39! Oui, à certains moments, il marche, mais on s’en fout! Parce que quand il court, il va plus vite que les autres, avec le ballon au pied, la tête levée, et un scanner à 360 degrés. Et en plus, si il se met à faire des passes décisives du pied droit… la cuvée Messi 2026, il faut l’acheter, c’est un vin magnifique!
C’est génial que ce soit cette finale (Espagne – Argentine), comme c’est inédit, c’est très intéressant. Il y a une équipe d’Espagne qui a grandi au fil des matches, et atteint sa plénitude, à l’image de Yamal, qui devient très performant. Fabián Ruiz, pas titulaire au début, l’est également. C’est un collectif rodé. Contre eux, il ne faut pas mettre un pressing haut, sinon on est battus, c’est ce qui est arrivé à la France. Il faut maintenir un bloc à 25 et 50 m, médian, car ils ne peuvent pas beaucoup envoyer dans le dos.
Quand on regarde bien, je pense qu’on a les deux meilleures équipes en finale. Mais je n’ai pas de favori. Mon cœur dirait l’Argentine, j’espère que Messi va gagner une deuxième Coupe du monde. Et le football me dirait peut-être l’Espagne, parce que c’est beau collectivement, propre footballistiquement, mais j’adore la grinta argentine, et évidemment, Lionel Messi.»