[Football]
Sébastien Grandjean : affaire Balogun, «un jour, ça va leur péter à la figure»
[Mondial-2026] Chaque jour, suivez la compétition avec un coach de DN (ou un arbitre). Aujourd’hui :Sébastien Grandjean, ancien entraîneur du RCFU, du Fola, de la Jeunesse et du F91.
«L’équipe de Belgique a fait ce qu’il fallait. Ils étaient assez critiqués sur leurs dernières prestations. Mais bon, ils avaient fait une remontada incroyable au match précédent (3-2 contre le Sénégal), ce qui a solidifié le mental de l’équipe. Les Américains en ont payé le prix (4-1). L’équipe a commencé à cinq cents à l’heure, prenant totalement les États-Unis à la gorge, avec un pressing haut, beaucoup de déplacements, de vitesse, d’envie de défendre en avançant dans le camp adverse.
Ils reviennent à 1-1 sur un coup franc dévié, avec énormément de chance, mais le score de 4-1 est légitime, et aurait même pu être un peu plus salé. Les Diables ont retrouvé l’envie d’attaquer et, fatalement, avec des choix forts : mettre Doku, De Bruyne, Lukaku sur le banc, il fallait quand même le faire. Ça a surpris beaucoup de gens, mais bon, le coach vit avec le groupe, il sait ce qu’il en est, qui est en forme ou pas, et le résultat lui donne 100% raison. L’attitude de De Bruyne était exemplaire. Il n’a pas joué une minute, mais était à fond derrière ses coéquipiers.
L’affaire Balogun? C’est une honte. On a passé un cap, celui de l’ingérence et du « tout est permis ». Je ne suis pas dupe. Avant, on faisait ça dans l’arrière-cuisine, mais maintenant on fait ça dans la vitrine. Ils doivent faire attention, un jour les gens n’accepteront plus tout ça. Je pense qu’avec le temps, ça va leur péter à la figure.
Il y a eu tellement de choses négatives pour cette équipe belge, qu’ils ont su tourner en positif : cette affaire Balogun, le match contre le Sénégal, la blessure d’Onana, qui prend la parole à la mi-temps. Je pense qu’on a affaire à des joueurs intelligents. Leur meilleure réponse était leur danse façon Trump à la fin du match.
Et aujourd’hui, tout est possible. J’étais devant ma télé en 86, quand on a éliminé l’Espagne en quarts de finale aux pénaltys. Nous n’étions pas favoris non plus, mais on a tenu. Quarante ans après, j’espère que l’histoire va se répéter. L’Espagne est favorite, c’est évident, mais c’est du 55-45, parce qu’en quarts, tout est possible.
Je reste persuadé de ce que j’ai dit : France – Maroc, tout le monde pourrait penser que la France est favorite. Mais sur les vraies valeurs collectives du jeu, non, je ne pense pas. Le Maroc a montré tellement de belles choses : une projection rapide, un pressing, un bloc très soudé et serré, une agressivité. Ils n’ont plus peur de personne, et pour moi, ils peuvent être champions du monde.
Par contre, ils n’ont pas ce joueur extraordinaire, comme un Messi ou un Mbappé, peut-être Lukaku également, capable de faire la différence à tout moment. Le but de Messi face à l’Égypte (3-2), pour égaliser, peu de joueurs sont capables d’avoir l’équilibre qu’il a eu pour la mettre. 99 % vont la mettre au-dessus. C’est un joueur hors normes.»