[Football]

Scandale des pelouses au Deich et à la Frontière : des trous, des fleurs et… des pierres

[BGL LIGUE, 3e JOURNÉE] Un nombre incroyable de pelouses souffrent, cet été. Mais celle de la Jeunesse est une insulte à ce qu’elle fut jadis, tandis qu’on trouve des fleurs et des pierres sur celle du Deich.

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La pelouse de la Grenz, aux frontières du réel.
La pelouse de la Grenz, aux frontières du réel.

Suffit de voir les pelouses de Bissen, Hesperange ou Niederkorn par exemple, pour savoir que la canicule n’est pas un mal fatal pour les surfaces de jeu de l’élite du pays et qu’elles peuvent largement survivre à un été où le thermomètre s’emballe et la sécheresse s’installe.

Mais alors qu’Hostert a décidé de passer au tout synthétique pour éviter de se retrouver lui-même avec de sérieux problèmes d’entretien, il suffit aussi de regarder les photos d’autres stades pour comprendre l’état de déliquescence de certaines infrastructures. Qu’ont fait certaines communes pour en arriver là? La question saute tellement aux yeux que même les coaches, censés pourtant se montrer réservés pour ne pas envenimer les relations clubs-édiles, ne peuvent éviter de se lâcher sur le sujet.

«Dan Theis s’en occupait avec amour»

Le terrain de la Grenz est ainsi tellement détérioré que l’emblématique Milos Todorovic a sauté à pieds joints sur la question, dimanche, après la défaite contre Bissen (0-2) : «C’est inacceptable. Je garde en mémoire l’un de mes anciens coaches, Dan Theis, qui s’en occupait avec amour (NDLR : quand il travaillait aux espaces verts de la ville). Mais depuis qu’il n’est plus là… Je n’ai rien contre la commune, mais le minimum, c’est de travailler dessus. Là, c’est une honte pour la Jeunesse». Le verdict n’est pas trop fort : cette pelouse n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Son capitaine a franchi le pas? Reinhold Breu renonce donc au principe de précaution. Et devient frénétique sur le sujet : «J’aimerais rester diplomatique mais… même nos terrains d’entraînement, sur lesquels nous avons fait 240 séances la saison passée, sont en bien meilleur état que cette pelouse de la Frontière sur laquelle il y a eu quinze matches de championnat et quatre rencontres internationales. « Ils » ont donc eu deux mois et demi d’intersaison pour bosser et on a « ce » résultat? Je ne comprends pas. Et bien entendu, ce n’est de la faute de personne! Mais il n’y a pas que le terrain. Les infrastructures aussi. Quand je vois ce dont le Fola dispose, je me demande bien pourquoi…»

Au moins la FLF a-t-elle autorisé des matches sur ce champ de patates. Ce n’est pas possible de le faire un peu plus au nord, à Ettelbruck, où la galère ne fait que commencer.

«Comment peut-on se planter à ce point?»

Expatrié sur la très jolie pelouse d’Erpeldange le week-end dernier, le club ettelbruckois voit les autres divisions reprendre et ses soucis pour trouver des solutions de repli se réduire comme peau de chagrin. Selon le staff, il est même envisagé, ouvertement désormais, une solution à la Rodange version 2025-2026 : une inversion systématique des rencontres en attendant que le terrain du Deich soit praticable.

Et Josef Cinar ne fait pas plus dans la dentelle que son homologue eschois. «Moi non plus, je ne comprends pas. On a la chance, en été, de pouvoir refaire toute la pelouse. Ce devait être un semi-synthétique et je ne comprends pas comment on peut se planter à ce point. Ils se sont trompés de semences, on dirait. À des endroits, on a de la pelouse, à d’autres rien du tout. Il y a beaucoup de fleurs et par endroits, on a même des pierres! Quand est-ce qu’on pourra jouer chez nous? On a besoin d’une maison!»

Des pierres, c’est ce qu’on trouve maintenant dans le jardin du service des espaces verts de plein de communes du pays possédant un club en BGL Ligue. Pointés du doigt, ils vont avoir du boulot. Parce que Dudelange, par exemple, a eu un gros coup de chaud aussi avec le détraquage de ses buses d’irrigation suite aux travaux de démolition de la tribune de face. Décidément, sale temps pour l’herbe.

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