[Cyclisme]

Reinderink s’impose, Piganzoli nouveau leader

SKODA TOUR DE LUXEMBOURG Le Néerlandais Pepijn Reinderink (Soudal Quick-Step) s’est imposé à Diekirch, où son poursuivant italien Davide Piganzoli a pris le maillot jaune de leader.

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Pepijn Reinderink est parvenu à résister jusqu'au bout pur signer son premier succès chez les pros.
Pepijn Reinderink est parvenu à résister jusqu'au bout pur signer son premier succès chez les pros.

Dans les ruelles sinueuses de Diekirch, Pepijn Reinderink se retournait et se retournait encore. Mais non, les trois poursuivants placés en chasse, l’Italien de l’équipe Visma Davide Piganzoli, nouveau leader de la course, et les deux Français de TotalEnergies, Mattéo Vercher et Thomas Gachignard, ne le reprendraient pas.

Le Néerlandais de l’équipe Soudal Quick-Step qui s’était fait connaître ici même sur le Tour de Luxembourg en remportant en 2024 le classement du meilleur grimpeur, a remporté vendredi, du haut de ses 24 ans, la première victoire de sa carrière. Et on peut dire qu’il a mis du temps à s’en remettre. Un peu interdit dans l’aire d’arrivée, il se jeta en pleurs dans les bras de Kevin Hulsmans, son directeur sportif. Il la tenait enfin sa première victoire chez les pros alors que sa troisième saison professionnelle se termine chez Soudal Quick-Step où il a un contrat jusqu’en 2027.

Pepijn Reinderink avait eu le bon goût de faire partie de la première échappée du jour, composée uniquement de coureurs solides et renforcée à l’approche du final par des contre-attaquants très volontaires dans une étape où les grands noms se sont successivement enterrés.

Finalement, on tenait le vainqueur de l’étape dans ce groupe de 19 coureurs, mais pas encore le nouveau maillot jaune. Au moins, après cette troisième étape un peu folle, ressemblant à une mini-classique, et à vrai dire, un peu, voire beaucoup difficile à lire tant on eut l’impression que le scénario pouvait partir dans un sens, puis dans un autre, tant, jusqu’au bout, on n’y voyait décidément pas vraiment plus clair, une première hiérarchie s’est établie.

Piganzoli et Visma impressionnent

Mais c’est d’ailleurs ce samedi, une fois que le contre-la-montre d’Ettelbruck sera évacué qu’on pourra réellement tirer des plans sur la comète. Car pour le moment, la situation en tête de course reste floue. Ce qui ne l’est pas, en tous cas, c’est la situation de ceux qui étaient supposés faire basculer la course dans cette fameuse étape de Diekirch aussi dure qu’imaginée.

Il fut vite évident que le maillot jaune Marijn van den Berg ne serait pas en mesure de garder son bien. Pas plus que son poursuivant, Pierre Gautherat. On pouvait le supposer. Par contre, Mathieu Van der Poel a surpris par sa relative passivité sur le coup. Manifestement, il a vite abandonné l’idée d’aller chercher le classement général. Il a donné l’impression d’avoir déjà la tête au Canada pour les prochains Mondiaux qu’il prépare justement ici, sur les si belles routes luxembourgeoises. On peut le comprendre.

Alors, qui était concerné dans cette étape devenue un peu folle dingue? Les deux coureurs de TotalEnergies, Thomas Gachignard et Mattéo Vercher, qui se sont littéralement crachés dans les pognes sur le final. Et surtout Davide Piganzoli, qui avec l’aide de ses valeureux coéquipiers de Visma-Lease a Bike (quelle belle course collective!), est parvenu à effacer pas moins de deux minutes de retard en partant en contre à environ 25 kilomètres de l’arrivée. Patiemment, mais sûrement, il a remis la main sur le groupe de tête et ce n’est pas un mince exploit. Le voir endosser finalement le maillot de leader est une juste récompense. Il est parvenu à ses fins là où, par exemple, l’Espagnol d’UAE, Igor Arrieta, a relativement échoué.

Celui qui, à 24 ans, a terminé 8e du Giro et 14e du Tour de France, est donc un solide leader. Il est celui qui a laissé la plus forte impression. Les écarts étant ce qu’ils sont avant le chrono d’Ettelbruck, on peut donc légitimement penser qu’il a pris une option, même si Gachignard, Vercher et même Arrieta restent à une poignée de secondes.

LES CLASSEMENTS

3e étape (Wiltz-Diekirch) : 1. Pepijn Reinderink (NED/Soudal Quick-Step) en 4 h 07’30; 2. Davide Piganzoli (ITA/Team Visma-Lease a Bike) à 1 sec; 3. Thomas Gachinard (FRA/TotalEnergies) mt; 4. Mattéo Vercher (FRA/TotalEnergies) 4; 5. Igor Arrieta (ESP/UAE Emirates-XRG) 11; 6. Sam Oomen (NEL/Lidl-Trek) 17; 7. Eike Behrens (ALL/Team Lotto Kern-Haus) 23; 8. Aurélien Paret-Peintre (FRA/Decathlon CMA CGM) mt; 9. Tijmen Graat (Team Visma-Lease a Bike) 38; 10. Lukas Nerurkaar (EF Education-EasyPost) mt… 31. Arno Wallenborn (LUX/Lotto Kern-Haus) 6’27… 32. Larry Valvasori (Luxembourg)… 44. Alexandre Kess (LUX/Lotto Kern-Haus) 7’02…60. Luc Wirtgen (Luxembourg) 11’51…63. Noé Ury (Luxembourg) 12’18…77. Mathieu Kockelmann (Luxembourg) 16’56… 85. Loïc Bettendorff (Luxembourg 18’07…91. Mats Berns (Luxembourg) mt…

Classement général : 1. Davide Piganzoli (ITA/Team Visma-Lease a Bike) 11 h 43’21; 2. Thomas Gachinard (FRA/TotalEnergies) 6; 3. Mattéo Vercher (FRA/TotalEnergies) 9; 4. Igor Arrieta (ESP/UAE Emirates-XRG) 18; 5. Aurélien Paret-Peintre (FRA/Decathlon CMA CGM) 32; 6. Sam Oomen (NEL/Lidl-Trek) 46; 7. Tijmen Graat (Team Visma-Lease a Bike) 47; 8. Eike Behrens (ALL/Team Lotto Kern-Haus) 58; 9. Pepijn Reinderink (BEL/Soudal Quick-Step) 1’17; 10. Lukas Nerurkaar (EF Education-EasyPost) 1’44… 19. Arno Wallenbron (LUX/Team Lotto Kern-Haus) 6’36… 49. Alexandre Kess (LUX Team Lotto Kern-Haus) 12’00… 52. Larry Valvasori (Luxembourg) 12’27; 53. Luc Wirtgen (Luxembourg) 13’22… 61. Mathieu Kockelmann (Luxembourg) 17’53 … 80. Noé Ury (Luxembourg) 25’28… 87. Mats Berns (Luxembourg) 30’25 … 93. Loïc Bettendorff (Luxembourg) 31’17

Points : 1. Marijn van den Berg (NLD/EF Education-Easypost) 33 pts

Montagne : 1. Pepijn Reinderink (BEL/Soudal Quick-Step) 18 pts

Jeunes : 1. Davide Piganzoli (ITA/Team Visma-Lease a Bike) 11 h 43’21

Équipes : 1. TotalEnergies 35 h 13’43

LE CHIFFRE

31

La place d’Arno Wallenborn, premier coureur luxembourgeois à l’arrivée de la 3e étape.

LES RÉACTIONS

Thomas Gachinard (FRA/TotalEnergies) : «Je suis déçu, c’est sûr. Quand Reinderick attaque, je suis un peu juste avec les efforts que j’ai faits pour rentrer tout seul dans le groupe de tête. C’est dommage, car je rentre presque dans la bosse, il n’a pas manqué grand-chose. L’équipe a fait une journée presque parfaite, c’est juste dommage de finir troisième car il m’a manqué ce petit truc pour aller chercher la victoire. C’est vraiment décevant après un aussi bel effort collectif.»

Nils Politt (ALL/UAE Emirates-XRG) : «On avait décidé de rouler agressivement toute au long de l’étape. C’était vraiment une journée très dure et intensive. On avait plusieurs cartes a joué, et avant que le groupe revienne, j’ai cru en ma chance. C‘était vraiment une étape usante avec ce dénivelé et puis il faut dire que le circuit final était aussi très intensif. C’était encore une très belle journée au Luxembourg.»

Arno Wallenborn (LUX/Lotto Kern-Haus) : «La course a été lancé directement à un gros tempo. Les deux montées du Knupp à Wiltz ont été franchies sur un rythme élevé. Je n’avais pas la meilleure journée, pas les bonnes jambes, et après coup on sait toujours plus et peut-être que j’aurais dû tenter d’aller dans l’échappée. Ça appartient aussi au cyclisme de ne pas avoir la meilleure journée sur un vélo. Maintenant, pour les deux prochains jours, on verra si je fais le chrono à fond ou si je garde les ressources pour aller faire un résultat dimanche.»

Larry Valvasori (Luxembourg) : «C’était vraiment une étape de folie. À fond dès les premiers kilomètres. La première heure, j’ai tenté de garder le rythme et quand l’échappée est partie j’étais déjà cuit et je n’ai pas pu suivre. Mathieu (Kockelmann) et Luc (Wirtgen) ont tenté leur chance de sortir du peloton, mais on a loupé le bon groupe.»

A. A.

LES ÉTAPES DU WEEK-END

Samedi, 4e étape à Ettelbruck (CLM de 20,4 km)

Départ du premier coureur à 16 h 09, arrivée du dernier coureur à 18 h 25

Dimanche, 5e et dernière étape : Mersch-Luxembourg (Limpertsberg)

Départ à 12 h 15, arrivée vers 16 h 30 (halle Victor-Hugo)

Principales difficultés : côte de Nommern (km 8), montée de Gralingen (km 36), côte de Kautenbach (km 58), côte de Misärshaff (km 104), puis circuit final à effectuer trois fois avec l’ascension du Pabeierbierg.

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