[Athlétisme]
Querinjean ne s’arrête plus!
2e LËTZ MILE, SAMEDI À LUXEMBOURG-VILLERuben Querinjean a réussi un finish de folie pour s’offrir la victoire malgré une énorme concurrence!
«Franchement, c’était assez chouette. Courir dans les rues de Luxembourg en centre-ville, ça donne bien!» Visiblement, Ruben Querinjean a apprécié sa première sur le Lëtz Mile, toute jeune épreuve sur route dont le directeur de course est désormais Charel Grethen, qui avait choisi ce rendez-vous pour mettre un terme à sa brillante carrière, l’an passé.
Au programme, tout au long de la journée, des courses pour les enfants, des courses populaires et, en clou du spectacle, deux courses élite. Dames puis messieurs.
Tout le monde attendait surtout l’épreuve masculine. De très loin la plus relevée sur le plan sportif, avec pas moins de trois coureurs qui valent 3’30 » sur 1 500 m. Les spécialistes apprécieront…
Comme à son habitude, Ruben Querinjean est arrivé sans se prendre la tête : «Je savais qu’il y avait Louis Gilavert et Ruben Verheyden. Et ce n’est que la veille qu’on m’a dit qu’il y avait un Marocain qui avait fait quatrième de la DL à Zurich et un Français qui vaut 3’30 ». Forcément, ce n’était plus le même combat!»
Venu sans pression, il savait que ce n’était pas à lui de faire la course : «Je suis venu pour l’expérience. En discutant un peu avec les mecs, j’ai compris qu’ils voulaient faire un bon chrono. Moi, ça m’allait parfaitement s’ils faisaient tout le boulot», sourit le vice-champion d’Europe du 3 000 m steeple. Il a donc laissé les autres batailler : «Je suis resté aux alentours de la 7-8e place. Et au fur à mesure, ça s’est un peu écrémé et je suis remonté.»
«Je savais que j’étais en forme»
Thomas Vandormael, son coach, avait étudié le parcours : «Quand on avait vite repéré la route, je lui avais dit : ‘ »Il faut attaquer juste avant le dernier virage, aller te positionner dedans. » C’est ce qu’il a fait. Et il est allé prendre sa place juste au bon moment.»
La suite, c’est Ruben qui la raconte : «J’ai pris la tête dans les 100 derniers mètres du faux plat montant. Ensuite, un Marocain (NDLR : Anass Essayi) m’est repassé devant. Et après, c’est un sprint à fond avec vent dans le dos. Dans ces conditions, la fréquence et la taille des jambes font la différence et j’ai pu prendre l’avantage (NDLR : il faut dire qu’il mesure 1,93 m). J’ai dû tout mettre à la fin pour l’emporter. Ce n’était pas une partie de plaisir, mais c’était chouette!»
Son coach a apprécié : «Ce qui m’impressionne, c’est à quel point il arrive à battre quand même du gros calibre sans trop, trop de travail de vitesse. Et au sprint en plus! Après, la stratégie cross a fait du bien parce qu’après c’était 200 m en légère descente, enfin en faux plat descendant. Il fallait être là. Il a vraiment bien géré!», apprécie son coach.
C’est ainsi que Ruben Querinjean s’impose sur son premier mile sur route en carrière. Sur lequel il n’avait pas de repère : «C’est difficile de gérer l’effort. On ne peut pas vraiment se fier à un chrono. Uniquement aux sensations.»
Avec un temps de 4’02″3, il réalise les minima requis pour établir le premier record national de la discipline puisque la FLA avait fixé une norme à 4’02″50. On le retrouvera encore en action samedi prochain, sur les Mondiaux de mile sur route de Copenhague.
Charel Grethen, de son côté, dresse un bilan positif de sa grande première aux commandes : «Tout s’est bien passé même si l’Éthiopienne s’est perdue et n’est pas venue. Le 5 km a été très apprécié, il y avait pas mal de monde. Et la victoire de Ruben sur la dernière course, c’était parfait! Ça nous motive pour les années suivantes.»