[Ski]
Osch sera bien au rendez-vous des JO d’hiver
C’est, samedi, que Matthieu Osch va débuter ses troisièmes JO d’hiver. Après avoir gagné son combat contre des blessures à répétition.
Seul représentant luxembourgeois il y a huit ans à Pyongchang, en duo avec la prodige Gwyneth ten Raa il y a quatre ans à Pékin, Matthieu Osch s’apprête à vivre pour la troisième fois le frisson olympique.
Presque vétéran alors qu’il n’est âgé que de 26 ans, le skieur toujours installé à Innsbruck, «dans un groupe privé avec un groupe mixte au niveau des nations qui se partagent deux entraîneurs», savoure particulièrement cette présence.
En effet, elle n’était pas gagnée pour un sportif qui est passé par des années très compliquées : «J’ai douté. J’ai eu beaucoup de pépins ces deux dernières années. En 2024, j’ai été opéré de la hanche, je ne savais pas comment ça allait évoluer. Et l’année suivante, c’était au tour du genou», commente le sportif d’élite de l’armée luxembourgeoise. Qui a également été ralenti dans sa préparation par un autre problème, cette fois-ci au dos.
Il revient sur ces deux opérations :«La hanche, c’est un problème génétique. Mon col de fémur n’est pas placé de manière optimale. Mon père, mon oncle, ma grand-mère, tous ont des prothèses de hanche. Notre sport n’est pas génial pour les articulations.» Et de détailler l’intervention subie : «Je n’ai pas de prothèse. Pas encore (il rit). J’ai subi une arthroscopie, on a limé le col du fémur et fixé le cartilage. J’ai marché 7 semaines avec les béquilles. Et au bout de 5 mois et demi, j’étais déjà de retour sur les skis.» Et de philosopher : «Ça aurait pu être pire. J’aurais pu me faire les croisés ou me casser le tibia. Je n’ai jamais eu de très grandes blessures. Mais surtout des bobos qui m’ont régulièrement stoppé.»
La hanche, le genou… et le dos!
Alors que tout semblait aller dans la bonne direction, c’est alors le genou qui va le gêner : «Je me sentais en forme physiquement. Mais j’ai eu un souci au genou. Il y avait de la matière grasse sous la rotule du genou. Elle s’est inflammée et a tellement gonflé que je ne pouvais plus plier mon genou. On a dû opérer et me couper un petit morceau. Pas un protocole compliqué en soi. Au bout de deux ou trois jours, je pouvais marcher normalement.»
Seulement la suite allait être moins drôle : «Il y a eu des complications lors de la réhabilitation. Il y avait de l’eau dans le genou, le tendon patella (NDLR : tendon rotulien) s’est inflammé. Il y a eu beaucoup de complications.» Forcément, la question de sa présence aux JO s’est posée : «Je suis allé voir le médecin. Il m’a dit que si le ménisque était touché, c’était foutu pour les JO, car cela signifiait 7-8 semaines de béquilles et pas de ski avant mars avril.» Heureusement, ce n’était pas le cas. Et Matthieu Osch a pu poursuivre, bon an mal an, sa préparation pour ses troisièmes Jeux d’hiver. Malgré un nouveau contretemps : un pépin au dos.
Mais ne comptez pas sur le garçon pour baisser les bras. Bien au contraire : «J’ai quand même pu faire mes dernières courses avec un bien meilleur niveau. J’ai pu jouer sur l’expérience et la routine ces deux dernières années.»
«J’avais ce but, je ne voulais pas lâcher»
Il n’a jamais été question d’arrêter sa carrière : «On m’a posé la question, surtout avec le problème à la hanche. Mais on a vu que l’opération avait bien fonctionné. Après, avec le genou, j’étais un peu stressé. Je ne savais pas si je pourrais aller aux JO ou pas. Mais en tout cas j’avais ce but et je ne voulais pas le lâcher.»
Il est donc bien présent en Italie. Et n’a jamais vraiment douté de sa participation : «J’avais rempli les critères, même si je n’ai pas fait beaucoup de courses cette année. Le COSL aurait pu décider de ne pas me prendre. Mais j’avais confiance sur le fait que ça allait fonctionner.»
Et de savourer : «La hanche, le genou. Cet hiver encore le dos. Mentalement, ce n’était pas facile. Mais je n’ai pas abandonné. J’ai toujours cru en moi, j’ai continué pour atteindre cet objectif. Les JO, c’est le graal absolu. Pour un sportif, c’est ce sur quoi on a travaillé ces quatre dernières années. On a attendu pour vivre ce truc. C’est quelque chose de très spécial. En plus cette année, c’est le même fuseau horaire, je peux y aller en voiture, il y aura ma famille, mes amis. Tu as toujours ces blessures en arrière-tête. Si je n’avais pas eu ce but-là, ça aurait été plus dur de se motiver. Après toutes ces opérations, je ne voulais pas revenir si je n’avais pas un certain niveau. J’ai pu réfléchir à la question de me faire opérer ou pas. J’ai toujours eu les JO comme but. J’ai réussi à me qualifier. Et je suis très fier de cela! C’est encore plus satisfaisant d’aller aux Jeux!»
Porteur du drapeau du Luxembourg lors de la cérémonie d’ouverture, il y a une semaine à Livigno, il a, depuis, répété ses gammes. Pour se présenter dans les meilleures dispositions possibles samedi, sur le géant. Et lundi, sur le slalom. Avec un objectif clair : «Arriver à faire ce que je sais faire. Pouvoir me dire après la course que j’ai produit mon meilleur ski. Pour donner un résultat, c’est compliqué. Cela dépend de la piste, du dossard. En géant, j’avais terminé 28e à Pékin, ce serait cool de faire un truc dans le genre. Après je sais que pour le moment, ça marche plutôt bien surtout en slalom, on verra ce que ça donnera.» Il ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Et rêve de faire mieux qu’en Corée et en Chine : «Je n’ai jamais terminé un slalom olympique. J’espère le faire cette fois.» C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
Une fois ses courses terminées, il devra rapidement céder la place car les skieurs alpins doivent quitter le village olympique pour laisser la place aux spécialistes du ski alpinisme. Il rejoindra Cortina pour aller encourager sa compatriote Gwyneth ten Raa, en lice mercredi sur le slalom, avant de vivre la fin de ces JO.