[Football]

Natami, enfin mûr pour devenir international?

[SÉLECTION NATIONALE] Le meneur de jeu de Strassen, auteur d’un début de saison ébouriffant, a été visionné plusieurs fois par Jeff Strasser, ces dernières semaines. Et s’il décidait de l’appeler?

Publié Modifié
Déjà bon en Coupes d'Europe, Natami explose en championnat.
Déjà bon en Coupes d'Europe, Natami explose en championnat.

Il n’est jamais trop tard pour (très) bien faire. Et à 27 ans, on a l’impression de redécouvrir Omar Natami. Peu importe qu’il pèse «seulement» deux buts et deux passes décisives sur les sept premières journées de DN : il est actuellement le deuxième meilleur joueur du pays et, à la façon dont son corps parle sur le terrain, on comprend pourquoi.

Fini le body language du type blasé et ou agacé parce qu’il est en train de passer à côté de son match, celui qu’on a vu en pas mal d’occasions, la saison passée, à Niederkorn.

Depuis début août, Natami joue tête haute et le buste toujours droit. «Le mental était son talon d’Achille», siffle Vivian Reydel, qui l’a encadré jusqu’en mai dernier. «Ça ne semble plus l’être. On sent qu’il avait besoin d’un nouveau challenge, de sortir de la « maison »». «Ça lui a mis un coup de fouet».

«Son objectif est devenu le mien»

Et Natami, qui avoue depuis pas mal d’années que les Rout Léiwen constituent un vieux rêve sans cesse plus lointain, a embarqué son nouvel entraîneur dans ce qui n’était encore qu’un fantasme il y a deux mois. Mais la lubie commence à prendre des allures diablement concrètes. Si les Thill postulent encore alors qu’ils sont revenus au pays, après tout, pourquoi pas lui?

Le mental était son talon d’Achille. Ça ne semble plus l’être

Jérémy Deichelbohrer assume ainsi les ambitions internationales que son meneur a amenées dans ses valises. Elles étaient totalement déraisonnables en mai, elles ne le sont plus du tout aujourd’hui. «Je sais qu’il a cet objectif et c’est devenu le mien aussi, indique le technicien français. J’aimerais l’aider à y aller. Et je pense qu’il mérite une récompense parce qu’il effectue un début de saison de très grande qualité, très au-dessus du niveau de la DN. Maintenant, quelles sont les attentes de Jeff Strasser? Ça…»

«Et en plus, il fait les efforts défensifs»

Tim Hall (3 capes) n’a jamais bossé sous les ordres de l’actuel sélectionneur. Mais il connait le degré d’exigence demandé. Et en tant que défenseur de l’UNA, peut éventuellement répondre, quitte à ce que ce soit de façon subjective, à la question du niveau requis pour postuler chez les Rout Léiwen. Natami l’a-t-il? «On sait tous qu’il a un potentiel énorme et on voit tous qu’il a encore franchi un cap, récemment. Alors oui, on peut dire que ce n’est « que » de la DN, mais on a aussi pu apprécier ce qu’il a proposé contre le Partizan Belgrade (NDLR : en Conference League). C’est un bosseur qui peut faire très très mal sur le terrain, même en sélection. Moi, si j’étais coach, c’est en tout cas le genre de profil que j’aimerais avoir dans mon équipe parce qu’il peut créer une différence à tout moment! Et en plus, il fait les efforts défensifs!»

«Il y a aussi que techniquement et tactiquement, il a du répondant. Il sait retransmettre ce qu’on lui demande, sur un terrain», prolonge Reydel. «C’est, en ce moment, l’homme fort de Strassen. L’homme très fort, même».

Il suffit de suivre de près l’UNA pour se rendre compte que Jeff Strasser est assez souvent dans les parages. «Oui, on le voit souvent, sourit Jérémy Deichelbohrer. J’imagine que c’est parce qu’il a un intérêt…»

Jamais appelé, pas même en catégories jeunes, Natami peut-il être LA surprise de la liste qui sera finalement dévoilée vendredi? Pour Omar, il serait bon de frapper encore un coup, mercredi soir, contre Rumelange. Même si cela n’aura jamais la même force que son joli petit récital à Mondorf, ce dimanche…

Et pourquoi pas Tim Hall?

Il aura été l’un des grands oubliés de l’ère Luc Holtz. Tim Hall, souvent appelé, n’a jamais été suffisamment dans les petits papiers du précédent sélectionneur pour enquiller les rencontres internationales, qu’il a régulièrement regardées depuis le banc, désespéré au moins une fois pour avouer qu’il ne «souhaitait plus jouer tant que Holtz sera là».

Il a désormais 29 ans et enchaîne les performances de très haute volée en BGL Ligue, à l’un des postes, si ce n’est LE poste le mieux outillé des Rout Léiwen, celui de défenseur central.

Mais sa capacité de relance, sa patte gauche, son assurance monumentale, le rendent-elles de nouveau éligible, alors que Selimovic va jouer la Conference League, que Korac commence à aligner les titularisations en Serie B, que Carlson va jouer le titre en Géorgie avec Mahmutovic à ses côtés?

«J’aimerais bien aussi militer pour lui, oui, parce qu’il a un niveau exceptionnel», tranche son coach, Jérémy Deichelbohrer. Hall, lui-même, n’en dira pas plus : «Je ne dirai jamais que je devrais être pris. Je sais que je fais de bons matches, que notre parcours est bon, mais à ceux qui doivent prendre les décisions de les prendre.»

Jusqu’à présent, Hall compte 3 sélections (Cap-Vert, Irlande du Nord, Serbie) et on ne l’a plus revu sur un terrain avec le Grand-Duché depuis le mois de novembre 2019. Une éternité.

Powered by Labrador CMS