[C’était mieux avant]

Martin Rajniak : «Le titre en 2000, c’était très fort»

Alors que le Luxembourg commence une nouvelle campagne internationale, son ancien capitaine, Martin Rajniak, évoque ses souvenirs.

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Votre adversaire le plus fort?

Martin Rajniak : Je crois que c’était Zaza Pachulia. Lui, il était vraiment grand, vraiment fort. On a dû jouer trois fois la Géorgie en qualif, donc six matches. Pour moi, c’était toujours dur de défendre contre des gars comme lui. En revanche, comme j’étais plus petit et plus rapide, c’était plus facile en attaque.

Le plus célèbre?

Je dirais Dirk Nowitzki. C’était lors d’un tournoi de jeunes à Paris avec l’Allemagne, les USA étaient là avec Shane Battier notamment, qui devait bientôt partir à Duke. On devait avoir 16 ou 17 ans. Pour nous, c’était super d’affronter de tels joueurs.

Mais c’était une autre époque, ce n’est pas comme maintenant où avec les réseaux on connaît tout le monde. Nowitzki n’était pas encore très connu, mais je me souviens qu’il était super grand et super fort.

Votre meilleur souvenir de basketteur?

Mes quatre années aux USA à California State Bakersfield. L’université, c’était vraiment le meilleur souvenir. L’école, le basket, les USA, tout ça ensemble, c’était le top. On jouait des matches devant cinq ou six mille personnes, l’ambiance était super. On est allés deux fois dans le NCAA Tournament.

Votre plus grand regret?

Je n’ai pas beaucoup de regrets, mais si je devais en citer un, ce serait le fait de ne pas avoir pu intégrer des universités plus prestigieuses. Mais aux USA, ça marche par points. Ce n’est pas parce que tu joues bien au basket que tu peux aller partout. C’est très strict.

Mais quand on est jeune, on fait un peu de tout, mais pas forcément l’école. J’avais eu des contacts avec Gonzaga, USC, j’étais aussi allé à Pepperdine à Malibu, mais je voulais plus grand. Et après coup, je me suis demandé pourquoi je n’étais pas allé à la plage. Mais bon, c’est la vie. On ne peut pas vivre avec des regrets.

La plus grosse déception? Ne jamais avoir gagné un match de qualification avec la sélection

Votre meilleur match?

Mon premier match dans notre conférence. On avait quelques tournois de préparation, ce n’était pas facile. Mais dès mon premier match, j’ai marqué 42 points et on a gagné. C’était super. Ça restera mon record de points en université.

Votre plus grosse déception?

C’est peut-être avec l’équipe nationale. Le fait de ne jamais avoir gagné un match de qualification. Parfois, on était vraiment proches, contre la Slovaquie où on perd dans les dernières minutes ou contre l’Islande, même chose.

Avec la sélection, c’était vraiment difficile. C’est dommage, car sur certaines rencontres, on était la meilleure équipe. Mais on avait bien joué pendant 38 minutes. Et ça ne suffit pas.

Votre plus grand exploit?

Le fait d’avoir fait une carrière professionnelle. Je pouvais faire ce que j’aimais tout en étant payé pour le faire. J’ai pu jouer en France, en Espagne, en Norvège. Tu voyages, tu joues au basket et tu gagnes de l’argent. Ça reste un super bon souvenir quand je réfléchis sur ma carrière.

Le samedi, on perd en finale. Le lendemain, je fais mes valises. Le lundi, je suis en Slovaquie

Un entraîneur qui vous a marqué?

Ricky Brooks. Au début, je n’ai pas vraiment compris ce qu’il voulait. J’avais 14 ou 15 ans, il était super strict, super fou. Mais par la suite, j’ai compris qu’il voulait nous aider. On a vu les résultats avec toute l’équipe d’Etzella avec Nelson (Delgado) et tous les gars. Même chose à Steinsel. Il était fou de basket, il vivait pour le basket. C’était une autorité.

Quand j’ai joué pro, il entraînait en Autriche et je voulais jouer pour lui. Je suis allé faire un try out, mais ça n’a pas fonctionné.

Votre victoire la plus émouvante?

Forcément le titre de champion avec le Racing en 2000. On avait vécu une super saison, je crois qu’on avait perdu trois matches sur toute la saison contre Heffingen. C’est aussi la saison où mon père (NDLR : Pedro) est mort. Une saison très difficile. Mais on finit en faisant champion à la maison. C’était très fort.

Un joueur qui vous a marqué?

Tom Schumacher. Parce que je l’ai vu quand il avait 15-16 ans, c’était Steph Curry avant Steph Curry. Quand il était cadet, il était complètement fou, il dégainait de partout. Après j’ai joué avec lui en équipe nationale, puis avec lui à Dudelange, puis contre lui. Et je l’ai vu comme entraîneur. Il a vraiment marqué le basket et le jeu luxembourgeois.

Le jour où vous avez décidé d’arrêter votre carrière?

La dernière saison avec le Basket Esch a été très difficile pour moi. Je n’étais pas content de la situation sportive ni de ma situation personnelle. J’avais besoin d’un nouveau départ. J’ai terminé la saison cata avec Esch, j’ai encore participé aux JPEE-2013 où on perd en finale. Le samedi soir, on est sortis avec toute l’équipe. Le lendemain, je faisais mes valises et le lundi, j’étais en Slovaquie.

Aujourd’hui

À 47 ans, Martin Rajniak vit en Slovaquie. Il est marié et a un fils, Denis, de deux ans. Passionné de vélo, il est d’ailleurs très ami avec Jempy Drucker, l’entraîneur national : il a tenu un magasin de cycles pendant plusieurs années. Désormais, il travaille dans une boîte qui s’occupe de merchandising dans l’événementiel, notamment sportif.

Ses faits d’armes

Ailier de grande taille (2,05 m), Martin Rajniak a été formé à la Résidence. Au Luxembourg, il jouera également pour le Racing, les Musel Pikes, le T71 et le Basket Esch. Il remportera quatre titres, trois de champion (Résidence, Racing et T71) et une Coupe avec Dudelange.

Passé par le Cuesta College et l’université de California State aux USA, il jouera ensuite professionnel à Caja Rioja (Espagne), aux Harstad Vikings (Norvège) et à Angers (France). International de 1997 à 2013, il a été souvent capitaine de la sélection, avec qui il a notamment remporté la médaille d’argent aux JPEE-2013, à la maison.

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