[Cyclisme]

Luc Wirtgen : «Mon statut va complètement changer»

Luc Wirtgen roulera en 2027 pour l’équipe continentale suisse Elite Fondations. Un tournant dans sa carrière qu’il entend relancer.

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Luc Wirtgen ici sur le dernier Tour de Luxembourg qu'il a disputé avec la sélection nationale, s'apprête à 28 ans à prendre un nouveau départ.
Luc Wirtgen ici sur le dernier Tour de Luxembourg qu'il a disputé avec la sélection nationale, s'apprête à 28 ans à prendre un nouveau départ.

Sa dernière course sous les couleurs de Tudor s’est déroulée à la mi-octobre, lors de la Japan Cup, à Tokyo. Il est resté quelques jours au pays du Soleil levant avant de revenir au pays. Il s’apprête à rendre ses vélos BMC et à recevoir ses nouvelles machines siglées Scott, qu’il utilisera avec sa nouvelle équipe, Elite Fondations. Avant de rencontrer ses futurs coéquipiers lors d’un stage de cohésion, début décembre, Luc Wirtgen (28 ans) va s’employer à reprendre un entraînement physique classique après une période de repos. Un stage de préparation plus long se déroulera en janvier, à Calpe. Il se dit enchanté à l’idée de rejoindre cette formation genevoise. «Je vais passer de la Suisse alémanique à la Suisse romande», se plaît-il à souligner avec un grand sourire.

Vous avez clôturé votre chapitre de quatre années avec l’équipe Tudor. Quelles impressions cela vous laisse-t-il?

Luc Wirtgen : Cela fait un peu bizarre, je l’avoue. Quatre années, ça compte. Tu connais tout le monde. Tu as vu des gens partir et d’autres arriver. C’est un chapitre qui se referme. Je me disais récemment qu’une carrière professionnelle de douze ans, c’est déjà long. Donc, c’est comme si je venais d’y faire un tiers de ma carrière. Je pars en bons termes. Donc, je suis un peu ému. C’est spécial car, en quatre ans, on crée des relations personnelles importantes.

À partir de quel moment avez-vous décidé de signer pour cette équipe continentale, Elite Fondations?

Relativement tôt, au mois d’août, avant de disputer le Tour de Luxembourg, je savais que j’allais les rejoindre. Cela s’est passé de façon presque naturelle puisque je vais retrouver mon ancien coéquipier et mon actuel entraîneur, Sébastien Reichenbach, qui officie dans cette équipe. Il m’a contacté. J’avais gardé des relations amicales avec lui. Le projet de Loïc Hugentobler m’a vite convaincu. Laurent Dufaux, directeur sportif, est quelqu’un de reconnu dans le monde du cyclisme. Je me suis senti désiré et j’ai tout de suite été à l’aise. On s’est mis d’accord rapidement.

Comme il s’agit d’une équipe de troisième division, gardez-vous un statut professionnel?

Tout à fait, je reste professionnel. D’ailleurs, le but de l’équipe est de grandir pour parvenir au plus haut niveau. Et moi, dans ce projet, je voudrais passer plusieurs années avec cette formation. Le premier objectif est de passer en Pro Continental. Je trouve ça très intéressant. J’ai envie de faire partie de cette structure qui progresse.

Le programme d’Elite Fondations comprend les manches de la Coupe de France, des courses d’un jour souvent difficiles…

Oui, et c’est aussi pour ça que j’ai rejoint cette équipe. Mon statut va complètement changer par rapport à celui qui était le mien chez Tudor. Je vais me concentrer à fond sur les résultats et sur un rôle de leader. On va refaire tout le calendrier de la Coupe de France, mais aussi l’Étoile de Bessèges, le Tour de l’Ain et le Tour du Limousin, par exemple. J’irai à chaque fois pour obtenir des résultats. Ce sera une nouvelle approche. Je vais de nouveau concevoir des plans d’entraînement avec des pics de forme, ce qui n’était plus le cas ces dernières années, où j’avais un rôle d’équipier. Je vais utiliser mon expérience pour contribuer au développement de l’équipe ces prochaines années. Ce sont exactement les points que je recherchais. Et puis, le programme de courses me convient bien. Je l’avais connu lorsque je courais chez Wallonie-Bruxelles, de 2019 à 2022. On va courir des courses relativement ouvertes qui me correspondent très bien. Cela convient souvent à des puncheurs qui ont une pointe de vitesse pour finir. C’est parfait pour moi. J’ai envie de retrouver de l’adrénaline.

On verra votre équipe sur la Flèche du Sud?

Cela reste une grosse option, oui, je l’espère. Prendre le départ de la Flèche du Sud et du Tour de Luxembourg avec le désir de bien faire, ce serait intéressant.

Je vais prendre soin de moi cet hiver. J’ai envie de tourner la page et de garder les choses positives

Pouvez-vous détailler les ambitions de votre future équipe?

C’est une équipe suisse. Je pense, après mon expérience chez Tudor, qu’en Suisse, les ambitions sont élevées. Si Elite Fondations se lance le défi de gravir les échelons, l’objectif est clair : pouvoir, à terme, s’aligner sur les courses suisses du WorldTour, le Tour de Romandie et le Tour de Suisse.

Vous concernant, comment allez-vous vous préparer cet hiver?

Je vais d’abord modifier mon entraînement avec Sébastien Reichenbach. Il me connaît bien, il n’y aura pas de temps d’adaptation. Je sais comment il fonctionne et lui sait comment je fonctionne. Ce sera super. Ce sera une approche différente, avec des pics de forme. Je vais renforcer mon sprint, ma pointe de vitesse. J’ai hâte. Ce sera nouveau, avec de nouvelles motivations et de nouveaux automatismes.

Cet automne, je vais commencer début novembre. Tant que la météo sera bonne ici, je resterai au Luxembourg. Sinon, je descendrai dans le Sud. Cela fait partie de notre métier d’être flexible. Au Luxembourg, avec, par exemple, Mats Wenzel et Mathieu Kockelmann, on forme un bon groupe pour rouler ensemble.

Bien sûr, je poursuivrai une préparation physique générale et le renforcement musculaire, puisque ces dernières années m’ont un peu cassé de gauche et de droite (rires). Mes bobos (NDLR : en 2025, il a enchaîné les pépins, avec une blessure à la selle durant l’hiver, une chute sur le Tour d’Oman avec une entorse d’un poignet, une chute sur l’Amstel Gold Race, une maladie avant Liège-Bastogne-Liège, une nouvelle chute sur le Tour de Pologne avec une fracture d’une main et, enfin, une infection urinaire en septembre. En avril dernier, il avait également dû lutter contre un virus contracté sur le Tour du Pays basque, qui l’avait privé des classiques ardennaises) ont laissé des traces. Je vais prendre soin de moi cet hiver. J’ai envie de tourner la page et de garder les choses positives.

Le cyclisme a beaucoup évolué ces dernières années. Quel regard portez-vous sur votre sport?

Oui, cela a beaucoup évolué. Les jeunes qui passent rapidement professionnels ont changé le visage de notre sport. De plus en plus d’équipes arrêtent. Il y a de moins en moins de places. Chaque année, des coureurs ne retrouvent pas de travail. Les budgets des équipes modestes diminuent. Les carrières sont de plus en plus courtes. Les places sont chères.

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