[Football]
Les cinq choses à retenir de la première journée
[BGL Ligue] Avec les matches décalés au mardi, la reprise de la DN s’est achevée mardi soir. Quels enseignements majeurs après deux mois d’arrêt?
Le Swift, à -15
Hesperange attend toujours. Qu’attend-il? Eh bien l’événement qui pourrait remettre un peu d’espoir dans son début de saison, ce qu’il ne cesse de clamer depuis quelques jours, y compris son président, Fernand Laroche : que tous ses problèmes financiers finissent par trouver un épilogue. De quoi parle-t-on? Des sanctions de la FIFA liées aux retards de paiement qui se sont accumulés et qui concernent des montants supposément fous. Encore avant le coup d’envoi contre Rumelange, le président l’a redit : «Nous espérons que la suspension sera levée! En tout cas, nous sommes sur tous les fronts pour y arriver. Alors, il y aurait des arrivées avant la fin de ce mois.» Dix à en croire son coach.
En attendant, Hesperange a été battu par un concurrent direct malgré un match cohérent avec plein de petits jeunes qui disputaient leur première rencontre en DN. La courte défaite est un petit souci supplémentaire : le Swift avait commencé la saison avec -12 au classement. Si bien qu’aujourd’hui, il compte carrément 15 points de retard sur des équipes avec lesquelles il devrait être à la baston pour ne pas descendre, telles Rumelange ou Walferdange. Cela fait déjà cinq matches à gagner en plus qu’eux, pour espérer finir devant…
Le F91 au crash test
Dudelange n’a pas été mauvais du tout, contre Bissen, et ne se fait pas visiblement un drame d’être allé perdre (2-0) chez le champion en titre, qui sort d’un mois de compétitions européennes sans avoir eu besoin, lui, de se réinventer complètement. Reste que ce qui est gênant, aujourd’hui, c’est l’enchaînement qui attend les hommes de Claudio Lombardelli. Ils font partie de cette catégorie des simples outsiders, désormais, mais c’est aussi ce genre d’équipe pour qui l’affaire peut partir dans le mauvais sens en cas de débuts contrariés. Façon RFCU ou Progrès de la saison 2025-2026.
Or l’agencement aléatoire du calendrier n’a pas du tout été tendre avec le club le plus titré du pays au XXIe siècle. Dimanche, il leur faudra recevoir un Strassen qui a lui aussi l’avantage de sortir de quatre rencontres européennes et a montré contre Rosport qu’il était extrêmement en jambes (4-0), avec une influence majeure pour plusieurs anciens joueurs dudelangeois, de Nico Perez à Kino Deloge en passant par Omar Natami. Dans la foulée, il faudra se déplacer à Mondorf, qui vient de surprendre Differdange (3-2) d’entrée. Vous imaginez le F91 à zéro point après trois journées? Au vu de ce qu’il a montré contre Bissen, ce serait un petit scandale. Au vu de ce que ses deux prochains adversaires ont montré lors de leur premier match, ce n’est pas impossible. Dans les deux cas, ce pourrait être le début d’un championnat galère.
Macedo, déjà costaud
En semaine, Benny Bresch, ancien meilleur buteur ultraprolifique de PH puis de DN, s’était fendu dans nos colonnes d’une interview pour donner des conseils à Patrick Macedo, qui montait avec Walferdange. Pour sa première saison de BGL Ligue. Avec un club qui découvrait la BGL Ligue. Tout comme Bresch. Et ce dernier lui suggérait de ne rien changer, mais de réaliser tout ce qu’il faisait avant, un peu plus vite, en insistant bien sur des basiques comme la qualité de contrôle.
On ne sait pas si Macedo lit le journal, mais il a abattu Hostert à lui tout seul, d’un triplé bien tassé. Il a ainsi clairement marqué la reprise, à la hauteur d’autres trentenaires de très haute qualité : avec Bissen, Ferber a mis un doublé, avec Strassen, Perez aussi, tandis qu’avec le RFCU, Dominik Stolz est seul à être parvenu, comme Macedo, à un coup du chapeau. Être en aussi bonne compagnie ne détermine pas où en sera l’avant-centre en mai 2027. Mais après avoir fait très mal à une défense d’Hostert pourtant pas facile à manier, Macedo va devoir, ce week-end, composer avec celle du Progrès, constituée d’un Sacras revenu concentré, d’un Delgado qui semble retrouver du plaisir et d’un Peugnet qui avait dû rater la 1re journée et aura faim. Des gars sacrément expérimentés. Macedo, à l’épreuve du très haut niveau.
Le FCD03 impressionne, mais…
Il n’y a que trois choses à dire du match differdangeois à Mondorf : 1) il l’a dominé outrageusement en matière de possession de balle au point que l’on peut dire que le boulot consistant à redonner des certitudes en termes de création a été fait et bien fait ; 2) s’il ne récupère pas vite des buteurs, il risque de faire beaucoup de belles choses qui resteront à l’état de démonstration pas suivie d’effets ; 3) sa défense ne peut plus se permettre une telle performance sous peine de voir pas mal de ses concurrents commencer à chercher à en profiter, sachant que le respect qu’il dicte à tout le monde depuis trois ans repose aussi en partie sur la crainte absolue qu’il inspire.
Reproduire le point n° 1 ne tient qu’à lui et l’on a pu observer que Bruninho est clairement monté en gamme par rapport à la saison passée, que Thill est déjà à un niveau qui lui permet d’influencer grandement le jeu de son équipe, que Rafa Pinto est sur l’impressionnante lancée qui était la sienne au printemps dernier. Le point n° 2 tient à plein de choses, tant au retour de Mfoumou légèrement blessé qu’à l’accumulation de rythme par Corentin Jean, en passant par l’acquisition de ce buteur que Pedro Resende n’imagine de toute façon pas performant avant un bout de temps. Bref, il va falloir faire le dos rond. Le point n° 3 enfin va nécessiter qu’une information majeure fasse son chemin dans les esprits : le FCD03 n’est plus seul au pays et la concurrence a bien travaillé. Très bien même.
Le Progrès de retour
C’est un seul match, mais il aura été symbolique : gagner en ayant été mené, gagner en ayant pu compter sur le buteur qui faisait défaut la saison passée, gagner en ayant le loisir de dire qu’on mise désormais sur d’autres valeurs, tout cela permet d’écrire une nouvelle histoire. Y compris dans les têtes. Niederkorn est débarrassé de l’étiquette d’équipe qui «doit» faire l’Europe et, avec la perte d’un strapontin, il a encore moins le loisir de se mettre la pression tout seul. Ce n’est donc pas un mal de retrouver un peu de fraîcheur mentale.
Avec son effectif resserré qui ne se résume pas à sa pointe (Samir Hadji), mais aussi à son nouveau gardien (Barrela va-t-il faire les différences que Margato faisait trop peu la saison passée, quand rien n’allait droit?) et un nouveau meneur de jeu (Joao Da Costa, qui prend déjà beaucoup d’initiatives – trop même, il faut croire, puisque c’est lui qui perd le ballon sur le but encaissé face à la Jeunesse, samedi –), le Progrès va avoir droit très vite au même test de confiance que celui proposé au F91 (lire ci-dessus), avec l’enchaînement royal Bissen-Strassen-Mondorf. On mesurera sa nouvelle carrure à ce moment-là.