[Football]
Karine Reuter : «Pour la PH, il faudra cette modification statutaire»
[AG DE LA FLF] Le rendez-vous annuel de samedi est peut-être privé d’intérêt direct, mais la LFL a son propre calendrier et se tient prête à embrayer directement après les élections. Karine Reuter, sa présidente, nous explique.
Qu’en attendez-vous, de cette AG de Wincrange?
Karine Reuter : Pas de grande surprise sur l’identité du président (elle rit). Il y aura au moins un petit changement au niveau du conseil d’administration. C’est là qu’on attend du renouveau. Sinon, dans l’ordre du jour, il n’y a pas grand-chose à discuter hormis la modification statutaire concernant les cinq changements…
Nous y reviendrons. La LFL a-t-elle un regret que Tun Di Bari, un temps candidat potentiel, n’y soit pas allé?
Personnellement, j’estime que c’est toujours quelque chose de bon s’il y a un peu de concurrence. Un candidat en place depuis plus de vingt ans a aussi besoin d’être rassuré sur le soutien qu’il peut rassembler autour de sa candidature. Même si on peut aussi partir du principe que s’il n’y a personne en face de lui, c’est que ce candidat unique doit donner satisfaction à la majorité.
Avoir quelqu’un en face, cela aurait-il changé quelque chose?
Difficile à dire. J’aurais pu vous répondre s’il y avait eu un nom sur ce candidat qui se serait présenté face à Paul Philipp. Mais j’ai tendance à dire, et ce n’est pas une critique mais un constat, que quand on est trop longtemps en place, on perd en dynamique, en idées. Un nouveau président amènera quelque chose de neuf. Après, est-ce que c’est bien? Ça, c’est une autre question. Mais c’est aussi à nous, les clubs, de faire évoluer les choses. On a des référendums, pour ça.
Passer à 18 noms sur les feuilles de match en PH, on va vite en discuter
Faut-il être étonné d’en être là, avec Paul Philipp comme seul candidat à sa propre succession, malgré toutes les affaires de l’année dernière?
En tout cas je ne pense pas qu’on puisse dire que rien n’a été fait à la suite de ces polémiques. Le dossier le plus grave, selon nous, c’était la communication. Et sur ce point, la FLF a avancé. Elle a essayé de se professionnaliser. Ce n’était pas qu’une revendication des médias mais aussi de notre part, les clubs. Nous voulions avoir plus de transparence, notamment au sujet des décisions prises par le conseil d’administration. On voulait que les décisions nous soient mieux expliquées pour avoir moins de discussions après.
Parlons, donc, du plus gros point d’intérêt de cette AG : le vote autour des cinq changements.
Eh bien justement, c’est dommage qu’il ait été introduit une demande de modification sans que nous ayons été contactés au préalable, que nous puissions en discuter. L’autre problème, c’est que je comprends parfaitement pourquoi les divisions inférieures demandent cette évolution, mais pour la PH, passer à cinq changements, ce n’est faisable que si l’on passe à 18 sur la feuille de match. Pour eux, ça ne fait pas sens.
Donc pour la LFL, c’est la prochaine étape?
Ah, je ne peux pas décider pour tout le monde, mais c’est certain qu’à la Ligue, on va vite en discuter, pour avoir une forme de cohésion entre les deux premières divisions du pays et que la PH accède à 18 noms sur les feuilles de match. Il lui faudra cette modification statutaire.
Les dames sont-elles dans la même configuration que la PH, à savoir que cinq changements sans 18 noms sur la feuille de match, cela n’aura aucune incidence? Mais est-ce possible de mettre 18 noms, chez les dames?
Dix-huit joueuses, ce sera difficile, dans le football luxembourgeois. Ne serait-ce qu’à cause des budgets, très inférieurs à ceux ayant cours chez les hommes. Est-ce possible pour les clubs? Je ne crois pas.
Quels seront les gros chantiers auxquels le «nouveau» CA de la fédération devra s’attaquer, selon vous?
Il faut réformer d’urgence la procédure d’appel. Nous avons prévu un texte que nous allons soumettre à tous les clubs et je ne vois pas qui pourrait être contre : on ne peut plus attendre trois, quatre ou cinq semaines avant qu’un cas soit tranché. Et le deuxième dossier, assez lourd celui-là, c’est la discussion autour du changement du nombre de clubs dans chaque division ou d’une évolution de la formule du championnat. Avec des play-offs par exemple.
Où en est-on?
Nous allons mettre en place un groupe de travail sur la question. C’est suffisamment important pour ça. Mais il n’y aura aucun résultat d’ici à la fin de l’année.
Ce serait une bonne idée que les clubs puissent prendre une autre forme que celle d’une ASBL
De quoi parle-t-on exactement, de ce que vous avez pu entrevoir dans les discussions menées à la LFL?
Cela peut prendre deux formes différentes. Une réduction de 16 clubs à 14, avec des indemnisations pour les clubs qui seraient rétrogradés. Je pense que si on arrive à ça, ce serait déjà un beau succès, on ne descendra pas forcément plus bas, à douze, ou dix clubs par division. Dix, c’est un rêve. Ou si ce n’est pas ça, une réduction, on cherche un nouveau système de championnat.
Si l’on vous amène sur le terrain de la recherche de nouveaux revenus, modifier les statuts de la FLF pour en finir avec les ASBL et être en mesure d’accueillir plus facilement des investisseurs, est-ce un sujet à l’heure actuelle, en BGL Ligue?
Certains clubs en parlent, mais j’ai l’impression que la majorité est encore contre une modification du système. Pour moi, président du RFCU, ce serait un bon système et donc une bonne idée que les clubs puissent prendre une autre forme que celle d’une ASBL. Et il faudrait en discuter dans le futur, quitte à ce que ce ne soit que pour les clubs de BGL Ligue ou ceux qui font partie de la Ligue. Mais pour aller vers un système de sociétés, avec une forme commerciale, il faudrait une majorité et là, rien que chez nous, à la LFL, je ne pense pas que nous puissions avoir 50 % de «oui». Pour avoir une chance de faire évoluer les choses, il faudrait que cela devienne un vrai débat, que nous puissions argumenter, voir les plus et les moins.
En attendant, il faut aller chercher chaque euro ailleurs. Il y a plus de publicité sur les streamings de RTL, depuis quelques semaines. Les clubs en perçoivent-ils quelques retombées, même très maigres?
Non, on n’a rien. C’était prévu, c’était promis. Mais jusqu’à présent, c’est zéro. Et ça nous agace. Ce qu’on nous répond, c’est que ça coûte affreusement cher et blablabla. Cela aussi, c’est un dossier.
Arno Bonvini, directeur sportif de Strassen, en a rouvert un autre récemment, dans ces colonnes : la création d’un championnat U23, pour permettre aux espoirs d’avoir un peu plus de temps pour s’adapter au monde des seniors.
Cela n’a pas été discuté non plus à la Ligue, mais je lui donne raison. Il faut aller dans cette direction pour que les jeunes puissent s’adapter. Et je pense que cela devrait se faire dans un championnat séparé.