[Football]
«Il en faut, du courage, pour s’opposer à Paul Philipp!»
[HORS STADE] Tun Di Bari temporise jusqu’à ce mercredi avant de dire s’il y va. On a donc rencontré Claude Kremer, dernier opposant à Paul Philipp, aux élections de 2022, pour savoir ce que ça fait, de se lancer là-dedans.
L’ancien président d’Etzella semblait sûr d’y aller, en fin de semaine dernière. Et depuis, cela tergiverse. Tun Di Bari se soumettra-t-il au scrutin des clubs le 24 octobre prochain, à Wincrange, pour devenir un éventuel 15e président de la FLF? C’est parce qu’il a tenté sa chance en 2022 que nous sommes allés voir Claude Kremer. Pour savoir ce qu’il pensait de la situation, en ce moment de flottement.
Quatre ans après la dernière élection, qui vous avait vu vous incliner devant Paul Philipp par 433 voix contre 302, quel regard jetez-vous sur ce que vous aviez vécu en 2022? Et en quoi cela nous renseigne-t-il sur la situation en 2026?
Claude Kremer : À l’époque, j’avais obtenu 41 % des suffrages exprimés, ce qui était considérable. Il me manquait plus ou moins quatre clubs, mais on voyait que, déjà, des gens étaient favorables au changement. Seulement, certains qui m’avaient garanti de leur soutien ont retourné leur veste au dernier moment. J’ai encore plus réfléchi à ça sur cette dernière année, avec toutes les affaires qu’il y a eu et sur lesquelles on a essayé de passer l’éponge.
Cela peut-il compter, le 24 octobre prochain?
On peut mettre la poussière sous le tapis, mais quand il y en a trop… Ça a été très mouvementé, les douze derniers mois, et je pense que c’est aussi pour ça que les clubs sont encore plus ouverts à une autre candidature. Mais je me suis aussi aussi rappelé que cela nécessite beaucoup d’énergie, d’y «aller» (NDLR : vers une candidature).
Cela veut-il dire que vous y avez repensé? Parce qu’en 2022, vous aviez laissé entendre que vous pourriez retenter votre chance.
Il y a quatre ans, j’étais déjà d’avis que ça pouvait changer. Et je suis encore plus d’avis que c’est le cas. Il faut tourner la page, avoir une autre vision, un autre projet. Mais je ne me représenterai pas, non.
Di Bari sait manager une grande structure, c’est un atout que ne possède pas Paul Philipp
Une candidature Di Bari, qu’en penseriez-vous?
Il a une expérience professionnelle, il sait manager une grande structure et cela, c’est un atout que ne possède pas Paul Philipp, même si lui, son avantage, c’est qu’il connaît mieux le football que Tun Di Bari. Seulement le sens du management lui manque. L’autre point fort de Tun Di Bari, c’est qu’il connaît le mode de fonctionnement d’un club, son quotidien. Et c’est le moment de parler d’autre chose que de la sélection et du stade national. Là, on doit parler des clubs et du soutien qu’il faut leur donner. Et Tun Di Bari sait ça mieux que Paul Philipp.
Vous le… soutiendriez?
Si je suis d’accord avec son programme et si je m’entends bien avec Tun Di Bari, l’homme, oui. Je pourrais même présenter ma candidature pour revenir au conseil d’administration. Pourquoi pas. Parce qu’après le congrès de 2022, on a eu beau me dire que la porte me serait toujours ouverte, aujourd’hui, je n’ai plus le droit de rentrer à Mondercange. On a même rayé mon nom de la liste des délégués FIFA. C’est du niveau maternelle.
Pourquoi serait-ce important d’avoir une alternative?
C’est bien, d’avoir un deuxième choix. Paul Philipp, je le comparerais à un bon vin, un cru de très bonne qualité. Il a fait un très bon travail à une certaine période, mais le bon vin, passé une certaine date, ça peut tourner au vinaigre. Et là, on est dans la phase vinaigre. Pareil pour une partie de son équipe. Heureusement que le conseil d’administration a commencé à se renouveler un peu avec Christian Weis, Alex Krüger…
Ce serait quoi le quotidien d’un candidat qui se déclarerait, là, à un mois des élections?
Le facteur temps va énormément jouer. Un mois et demi, ce n’est pas si long et c’est là où j’ai des doutes sur Tun Di Bari : pourrait-il se ménager du temps, lui qui dirige une entreprise de plus de 5 000 salariés? Il en faut, du courage, pour s’opposer à Paul Philipp! Moi, à l’époque, mon patron avait été compréhensif et je savais de toute façon que je serais évincé de la fédération si je n’étais pas élu puisque j’arrivais au bout de mon mandat. Di Bari, lui, il a encore un mandat de deux ans derrière lui… Mais donc, pour répondre, l’organisation est intense. On passe beaucoup de temps au téléphone ou en voiture. Il y a des déplacements chez les clubs pour présenter son projet et à chaque fois, on discute deux ou trois heures! Sans compter les obligations médiatiques. Cela a un impact sur la vie privée.