[Football]

Holtz fait le spectacle et Kadamani sa première!

[FRANCE] Face à des supporters sceptiques sur la politique sportive du club, Luc Holtz a lancé sur de belles bases son aventure messine, tandis que Kadamani a fait ses premiers pas.

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Soir de première (réussie) pour Holtz, à Saint-Symphorien.
Soir de première (réussie) pour Holtz, à Saint-Symphorien.

On se demande si Tonia a regardé la vidéo de la conférence de presse de Luc Holtz, sa dernière avant ses grands débuts en Ligue 2, avec le FC Metz. La supportrice messine y aurait vu l’ancien sélectionneur du Luxembourg redire son «excitation que ça commence et de voir ce public de Saint-Symphorien», rappelant son «objectif» : «rendre heureux ces gens qui vont venir au stade».

Les «gens qui viennent au stade», c’est Tonia, justement. Et avant le coup d’envoi de Metz – Guingamp, pour le compte de la 1re journée de Ligue 2, son réquisitoire est sévère et ses doutes monstrueux. «Ce n’est pas méchant mais Holtz, où ils ont été le chercher? Nous, on a besoin de « bonhommes », des gars qui ont de la gueule, qui nous mettent des étoiles dans les yeux ou capables de mettre trois claques aux joueurs pour qu’ils se remuent! Et là, tout le monde se demande qui c’est!»

La BIL fait deux dons

Si les supporters se posent encore la question, dans les bureaux, c’est un peu moins le cas : la BIL est devenue annonceur du club et sponsorise même ce premier match de la saison, qui est aussi comme par hasard le premier en France de l’ancien coach d’Etzella. Pour chaque but inscrit, la banque reversera un don à la Fondatiuon Kriibskrank Kanner. C’est agréable, ce parfum luxembourgeois qui plane au-dessus du stade, ce samedi soir…

Si Pape Moussa Fall avait su, pour les dons, peut-être aurait-il frappé différemment son penalty (28e), balancé mollement plein axe sur le gardien guingampais, avant d’expédier une reprise à bout portant… sur la barre.

Les Grenats n’ont pas mis énormément d’émotion dans leur première période. Ils l’ont bien gérée, mais Luc Holtz s’applique visiblement à lutter contre douze mois de négativité accumulés en Ligue 1, la saison passée. Ce qu’il définissait vendredi comme «cette angoisse de ne pas avoir gagné plus». Celle qui ressurgit quand Guingamp ouvre le score sur un corner à la 51e, en n’ayant rien montré jusque-là.

«Qu’ils se sortent les doigts des fesses!»

Un peu plus tôt, alors que le match n’avait pas commencé, Tonia avait refilé quand même un petit «tip» à Holtz : «Le saison dernière, les joueurs étaient fautifs. Le coach peut faire ce qu’il veut, du moment qu’il les force à se sortir les doigts des fesses! Qu’il prenne le temps qu’il veut, mais qu’il fasse le nécessaire à ce niveau».

Merci Tonia! Ce sera précieux dans les dix minutes qui suivront : une furia messine et deux actions de classe. Une première initiée par un contrôle délicieux de Mbala et conclue par Fall (1-1, 58e), une seconde ponctuée plein axe d’un sublime enchaînement contrôle pied droit frappe pied gauche signé Abuashvili (2-1, 60e).

On ne sait pas si Tonia, qui travaille pour une société spécialisée dans les ascenseurs au Grand-Duché (concept ô combien intéressant pour l’ancien sélectionneur, qui aimerait tant remonter) a apprécié, mais l’observateur luxembourgeois, lui, s’inquiète un peu. Mario Mutsch, en adjoint consciencieux, venait justement de délivrer des consignes individuelles à Hamza Kadamani. Juste avant que le FC Metz ne repasse devant. De nature à contrarier ses grands débuts en pro?

Heureusement non. Le Grand-Duché aura sa totale, son package intégral : un coach victorieux pour lancer son aventure française et un gamin qui lance son aventure professionnelle. Kadamani va débuter dans l’axe, meneur de jeu, pour quelques minutes, avant de glisser à droite et de ne faire presque que défendre. Mais son entraîneur a balisé le chemin : «rendre heureux» les 17 451 spectateurs qui se sont déplacés. Quoi de mieux que de lancer leur nouvelle vie commune sur une victoire?

C’est fou, tous ces Luxembourgeois qui commencent à 16 ans!

Dans l’histoire du FC Metz, le Grand-Duché commence à tenir une place assez essentielle quand on parle de précocité des talents. En fait, sans cette pépite en devenir qu’est Believe Munongo (qui a commencé avec l’équipe première la saison passée à 16 ans et 63 jours, contre l’Olympique lyonnais), le podium ne serait constitué que de joueurs luxembourgeois.

Puisque Vincent Thill avait déjà battu un record de précocité en entrant en jeu contre Bordeaux à 16 ans, 7 mois et 18 jours. C’était en 2016. Mais visiblement, ces derniers temps, tout s’accélère dans un club qui n’a plus le temps d’attendre. Avant d’être effacé des tablettes par Munongo, l’ex-joueur de Mersch et du RFCU, trop éphémère international Roude Léiw (avant de choisi l’Angleterre) Brian Madjo, avait déboulonné Thill lors d’un derby de l’Est contre Strasbourg à 16 ans, 7 mois et 5 jours.

Kadamani arrive lui à ce point de l’histoire, pénétrant sur la pelouse contre Guingamp à 16 ans, 10 mois et 25 jours.. Ce n’est «que» 98 jours de plus que Vincent Thill en 2016 mais à l’échelle des urgences du FC Metz, c’est déjà une éternité. Et trois Luxembourgeois dans ce top 4, c’est déjà une consécration pour le CFN de Mondercange.

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