[Football]

Hadji, à deux buts des 200, et «c’est plus dur de marquer aujourd’hui qu’il y a 20 ans»…

[BGL LIGUE] Samir Hadji (Progrès) a atteint dimanche les 198 buts en DN. Il n’est plus qu’à deux réalisations de rejoindre les trois seuls autres joueurs ayant dépassé ce cap symbolique.

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Bouché s'accroche au meilleur buteur en activité. Le veinard...
Bouché s'accroche au meilleur buteur en activité. Le veinard...

«Moi aussi, si je n’avais pas fait trois ou quatre saisons en PH, je serais tout proche des 200 buts en DN!» Patrick Grettnich se marre, mais il a sans doute raison : se payer le luxe d’un exploit de cette trempe, en fin de carrière, nécessite des conditions optimales. Dont la capacité à durer.

L’ancien avant-centre, qui a cumulé 129 buts à Etzella, l’Aris et l’Union, avait en effet un rythme qui lui aurait permis de tutoyer les anges. Il ne l’a pas fait. Un peu comme Dave Turpel, qui aurait pu postuler s’il n’avait pas eu cet accident de la route qui l’a cloué sur place en 2020 alors qu’il en était à un peu plus de 110 et qu’il a fini à 122 ; ou comme Dominik Stolz, 147 depuis ce week-end, qui est resté trop longtemps au service d’un buteur au F91, et a commencé à faire du chiffre bien trop tard dans sa carrière.

L’élu, c’est donc Samir Hadji. Remarquable depuis le début de saison au Progrès, il a inscrit cinq buts en sept matches qui l’ont conduit à ce chiffre de 198. Aux portes de faire toutes les Unes du pays.

Onze saisons de suite à plus de 10 buts

Il pourrait même être bicentenaire dès ce mercredi, contre le RFCU et «c’est clair que c’est impressionnant», avoue Dan Da Mota, buteur à 158 reprises en BGL Ligue. «Ça veut dire que chaque saison, il met au moins 10 à 15 buts!».

Pour être droit dans nos bottes sur les chiffres, il est sans doute utile de rappeler qu’Hadji sort de onze saisons consécutives à au moins dix buts, dont cinq à au moins vingt. Avec une brève interruption pour aller se perdre quelques mois à Virton. Sans quoi, il aurait déjà passé le cap depuis belle lurette et s’attaquerait sûrement au podium, actuellement…

«C’est quand même un sacré exploit, s’emporte Partick Grettnich. Et je l’ai vu contre Bissen, récemment. Je dois dire que dans le jeu, à son âge (NDLR : 36 ans) il est encore très très bon! Il amène beaucoup».

«Moi, mon père n’a jamais fait de sport»

D’où cela peut-il bien venir? «Son gabarit pèse beaucoup sur les défenses» analyse le coach d’Useldange. «Oui, il y a sa taille mais aussi le fait que son père soit un ancien pro», ajoute Dan Da Mota. On peut demander un développement sur l’efficacité façonnée en sous-main par Mustapha, son père, Ballon d’or africain en 1998? «Selon moi, ça joue beaucoup! Il y a du vécu, de l’expérience, des conseils qui se partagent. Moi, mon père, il n’a jamais fait de sport de sa vie», rigole Da Mota.

Mais pour Grettnich, avec qui Da Mota a longtemps partagé l’affiche à Etzella, au début du siècle, la taille de l’exploit est aussi corrélée avec le moment. On ne marque plus du tout ces quinze dernières années comme on marquait au siècle dernier et Grettnich croit pouvoir le dire de manière certaine : «La qualité est plus élevée. Il y a vingt ans, les attaquants allaient plus vite que les défenseurs parce qu’ils étaient plus athlétiques. Aujourd’hui, ils ont la même VMA, la même pointe de vitesse. C’est bien plus dur de mettre vingt buts sur une saison qu’avant!»

Pas d’accord, Dan Da Mota, qui tacle gentiment : «À l’époque de Patrick, il y avait encore des libéros! Moi, ces trois-quatre dernières années, je trouve au contraire que c’est plus facile, que le niveau des défenseurs a baissé au pays. Mais les buts, il faut encore les marquer».

Certains que pour les 200, ce n’est plus qu’une question de temps, les deux ex-buteurs considèrent déjà que leur collègue avant-centre a atteint son Graal. Dur, en effet, d’aller chercher Morocutti et ses 223 buts. «Ça risque peut-être d’être compliqué, considère Grettnich. À moins qu’il continue dans une bonne équipe. Mais hors de question pour lui d’aller retrouver un contrat dans un groupe de très haut niveau, alors…»

Hadji nous forcera-t-il, la saison prochaine, à revoir notre jugement? Il va lui falloir être très performant ces prochains mois, pour qu’on puisse l’envisager grimper sur la boîte.

Il marque autant que Huss et Morocutti, mais moins que Krings

Où en est Hadji, en temps de passage, sur les trois derniers joueurs qui se trouvent devant lui? Pas très loin, mais quand même derrière en termes de rendement devant le but.

Armin Krings, meilleur buteur de tous les temps en DN, a ainsi inscrit 255 buts en 347 matches de DN. Cela lui fait 0,73 but inscrit en moyenne. C’est bien mieux que Patrick Morocutti, 3e de ce classement avec 223 buts en 343 matches (0,65) et que Dan Huss, le 2e : 228 buts en 364 matches (0-2).

Samir Hadji est lui plutôt dans les temps de passage du duo Huss-Morocutti : avec 198 buts en 325 matches, il en est à 0,61. Il faudrait donc qu’il augmente un poil la cadence.

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