[Football]
Grandjean : «Ce qu’il faut retrouver, c’est… la peur»
Comme après chaque rencontre internationale, notre chroniqueur, Sébastien Grandjean, ex-coach du Fola, de la Jeunesse ou du F91… nous livre son analyse.
«Après coup, je dis bien après coup (c’est important), il devient évident que contre l’Islande, l’équipe et le staff sont tombés dans le piège de leur très bonne prestation en Bulgarie. Pourquoi est-ce que je dis ça? Parce que n’importe quel coach au monde a déjà connu un match comme ça. Celui où tu mets quelque chose en place et où tout part de travers après une trentaine de minutes.
On avait vu, en Bulgarie, qu’il valait mieux ne pas s’exposer, qu’il nous manquait quelques cadres et donc de l’expérience. Mais tu es dans l’euphorie et tu abordes la rencontre avec cette euphorie, en ayant le sentiment que rien ne peut t’arriver. Et tu te retrouves au contraire dans un match où tu prends l’eau de tous côtés parce qu’avec toute ta jeunesse, tu n’as plus personne pour fermer la maison. Alors qu’en face, chez les Islandais, il y a des joueurs de grande qualité, qui jouent dans de très bons clubs et qui, je crois, avaient extrêmement bien préparé leur coup.
Il suffit de voir les déclenchements très rapides qui ont été les leurs. Ils avaient un plan de jeu qui était de rechercher immédiatement la verticalité. Il était là, le piège et il s’est refermé sur tout le monde. On était revenu de Bulgarie avec l’enthousiasme, oublieux que nous étions très déforcés et que cela pouvait finir en immense claque. Je crois que ce qu’il a manqué et qu’il faut retrouver là, tout de suite, c’est assez simple, c’est la concentration et… la peur. La peur de l’adversaire. La peur de perdre.
Il y a des choses sur un terrain que tu ne fais pas, justement à cause de la peur. Et on n’a pas eu peur de l’Islande, mardi. S’il y avait eu des cadres, peut-être y en aurait-il eu pour rappeler à tout le monde de ne pas s’enflammer, de d’abord penser à protéger la maison. Et à 0-1, les routiniers auraient pensé à patienter un peu, plutôt que de repartir immédiatement à l’abordage. Et c’est aussi à ça qu’on voit que perdre autant de cadres, pour une équipe comme le Luxembourg, c’est énorme.
Comment retrouver ce sentiment en Estonie? Pourquoi pas en jouant à trois derrière, en y intégrant Olesen qui n’est pas au mieux physiquement. Sur les couloirs, Bohnert à gauche et Martins à droite pourraient faire le travail et à deux devant, cela permettrait de jouer avec une deuxième pointe qui pourrait se promener sur le terrain, qui pourrait faire ce qu’elle veut. Comme un Vincent Thill, par exemple. Mais ce n’est qu’une simple suggestion. Parce qu’on a revu, face aux Islandais, qu’un Dardari seul en pointe, il déteste. On a vu qu’il ne faut pas qu’on invente dans ce domaine.»