[Football]
Forkel, déjà «zurück»
[BGL LIGUE, 2e JOURNÉE] «Devenu plus qu’un coach» pour le Victoria, Martin Forkel revient à Rosport ce dimanche.
Ce n’est pas un sujet anodin. Pour le Victoria, qui a commencé sa saison (c’est-à-dire son après-Forkel), sur une mi-temps catastrophique à Strassen (4-0), voir déjà revenir le technicien allemand au Camping pourrait être LA source d’inspiration qui lancera son championnat.
Entre motivation extrême («On sent que c’est quand même un peu Rosport contre Forkel», sourit Dean Léen, le nouveau coach) et besoin de maîtriser ses nerfs («Ça ne doit pas être Rosport contre Forkel», assure Kevin Marques, l’éternel capitaine), il y a cette évidence que le moment est spécial pour tout le monde. On ne conduit pas une équipe pendant quatre saisons sans qu’il en reste quelque chose. Pas besoin d’une statue à l’entrée du stade pour savoir que ce coach-là a marqué à sa manière l’histoire du club de la Sûre.
«Il a en effet laissé sa trace», consent Marques. «Forkel a instauré un certain professionnalisme qu’on n’avait pas avant. Une méthode très détaillée, qui ne laisse rien au hasard et qui a culminé dans la finale de Coupe de la saison passée. D’ailleurs, dans ce championnat 2025/2026, Forkel était même un peu plus qu’un coach.» Une autorité omnisciente? Une icône? Un papa? On ne saura pas et mieux vaut laisser sa part de mystère à cette relation fusionnelle entre un entraîneur et son groupe.
Mais le hic est là : pour le Victoria, c’est un peu la même histoire que pour tous ces clubs qui gèrent un héritage tactique lourd de réussites. Un peu comme les techniciens qui ont dû, après 2023, passer derrière Carlos Fangueiro et son inamovible défense à trois, au F91.
Dean Léen a, lui, très vite réagi, mardi soir, contre Strassen, même si à 3-0, le mal était déjà fait : après une grosse vingtaine de minutes, il a redescendu le bloc et, dixit Forkel, présent au stade An de Millewisen, «contre le ballon, ça ressemblait un peu à ce qu’on faisait la saison passée». Les réflexes sont revenus comme des doudous et contre une UNA un peu éreintée par sa campagne européenne, cela a suffi.
«On était crispés, on avait peur, on était perdus»
Léen assume. «On était crispés, on avait peur, on était perdus, on n’arrivait pas à faire deux passes d’affilée. C’est le genre de matches qui arrive une à deux fois par saison.» Et qui justifie qu’on en revienne aux classiques locaux, quitte à ce que ce soit ceux hérités de l’ancien staff.
La question est de savoir, désormais, si la meilleure façon d’accueillir Forkel est de lui opposer un système qu’il a lui-même mis en place. Surtout parce que Mondorf va arriver, lui, en proposant quelque chose de totalement différent de ce qu’il a montré contre le FCD03, avec un bloc bas et des projections ponctuelles dans le pressing. L’USM aura beaucoup plus le ballon au Camping et fera face à un bloc dont Forkel maîtrise les failles… individuelles.
Le Victoria chahuté par le coach qui le connaît le mieux au pays? C’est probable, mais quel que soit le résultat, gageons que c’est un club qui saura rester serein. N’avait-il pas commencé son ère Forkel sur sept matches sans succès, en 2022? «Avec sa méthode, reprend Kevin Marques, Forkel réussira partout. Y compris à Mondorf, du moment qu’on lui en laisse le temps. C’est ce que nous, on avait fait.» Mais s’il pouvait commencer à réussir plus tard, à partir de la 3e journée par exemple, ses anciens dirigeants lui en sauraient gré.