[Basket]
Et à la fin, c’est Etzella qui gagne
APRÈS LA FINALEEtzella a décroché son 17e titre de champion. Retour sur une série certes courte, mais qui a, en grande partie, tenu toutes ses promesses.
QUE TROIS MATCHES, MAIS TROIS MATCHES SERRÉS
Quand on regarde le bilan et la victoire sèche en trois manches d’Etzella, on pourrait se dire qu’on a assisté à une finale à sens unique. Mais il ne faut pas s’arrêter seulement aux chiffres : «Trois fois, on perd de peu. Au total, on s’incline de 16 points sur trois rencontres. C’est rien», pestait un peu Karl Abou Khalil, l’entraîneur du Sparta, après la troisième manche.
Et effectivement, on a assisté à trois combats très équilibrés, où aucune des deux équipes n’a compté plus de 15 points d’avance. Trois rencontres avec des scénarios différents : sur le premier match, le Sparta part mieux, puis se fait dominer avant de céder face au talent individuel de Sticky Gutenkauf, malgré une faillite collective nordiste à trois points. À l’Atert, Etzella mène clairement les débats du début à la fin. Mais Bertrange se donne la possibilité de réaliser le hold-up après l’énorme coup de chaud de Max Logelin, qui plante 11 de ses 19 points en 1’16 ». Malheureusement pour le Sparta, le tir de loin de Yannick Verbeelen ne fait pas mouche.
Et dimanche, pour la première balle de match, on a eu droit à une formation ettelbruckoise tout le temps devant et des Bertrangeois qui ont constamment fait la course : «C’est usant. Chaque fois qu’on revient, ils mettent un ou deux tirs et l’écart augmente à nouveau. Ce n’est pas évident de se remettre dedans moralement», confiait Yannick Verbeelen, dimanche. À plusieurs reprises, le Sparta est revenu, la dernière fois à 78 partout. Mais Etzella a, à chaque fois, eu une réponse pour repousser les assauts des coéquipiers de Victor Stein, crucifiés par deux ogives signées Thomas Henkel.
Donc, pour résumer, pour avoir une belle finale, il faut deux belles équipes. Et c’est exactement ce à quoi on a eu droit.
UNE VICTOIRE LOGIQUE
Ken Diederich, l’entraîneur national, présent pour ces finales, voyait Etzella l’emporter. Et il a eu raison. Si le Sparta a été un adversaire plus que valeureux, le succès final et le premier back-to-back d’Etzella depuis 61 ans avec un 17e titre record sont tout sauf immérités. On l’a dit, les deux équipes se sont tenues à peu. Mais la plupart du temps, on avait quand même le sentiment que le champion en titre était en contrôle de la situation : «Je pense que notre expérience a forcément joué en notre faveur», reconnaissait d’ailleurs Gavin Love, le coach nordiste.
Tous les acteurs admettent que les matches se sont joués sur des détails : «Les trois rencontres auraient pu aller dans un sens comme dans l’autre», ajoutait encore le technicien du Deich. Mais c’est justement dans les détails que se trouve le diable. Et ces détails étaient ettelbruckois. C’est dans les moments clefs qu’on voit le manque d’expérience : «Même quand ils reviennent à égalité, on reste concentrés», analyse Sticky Gutenkauf, après coup.
BILLY MCDANIEL DÉCISIF
Etzella avait tout simplement les réponses à chaque problème posé par le Sparta. Avant le début de la finale, interrogé sur le cas Billy McDaniel, Karl Abou Khalil avait répondu que son équipe ne disposait pas d’un joueur capable de faire les mêmes stats que l’Américain, mais que le Sparta disposait dans ses rangs de plusieurs joueurs capables, à plusieurs, de compenser l’apport toujours impressionnant de l’ancien transfuge de l’Amicale.
Seulement, dans les faits, Bertrange n’a pas pu empêcher le sixième homme de luxe d’être déterminant dans cette série, comme il l’a d’ailleurs été durant la totalité des play-offs : «Je suis venu pour ça. J’ai confiance en moi et mes coéquipiers ont confiance en moi», a sobrement commenté Billy McDaniel après ce nouveau titre : «Probablement le dernier.» Dimanche, dès son entrée, il a remis son équipe à l’endroit. Ses points ont été des points d’impact, scorés quand son équipe en avait le plus besoin. Avec Billy McDaniel dans ses rangs, Etzella disposait d’un facteur X qui a posé des problèmes insolubles au Sparta.
UNE RIVALITÉ QUI POURRAIT NE PAS DURER
Les spectateurs ont pu se délecter de cette belle opposition. Maintenant, il n’est pas évident qu’on retrouve les deux mêmes acteurs au même stade de la compétition la saison prochaine. Billy McDaniel l’avouait donc, ce titre pourrait être le dernier. Et de mettre en avant non pas son désir d’arrêter, mais plutôt la nouvelle règle adoptée par les clubs, qui ont choisi de renoncer tout simplement au statut de pro, mais de compenser cet abandon par l’autorisation d’avoir quatre non JICL sur la feuille de match… mais uniquement deux à la fois sur le parquet. En clair, il serait impossible à un Billy McDaniel de jouer en même temps que deux Américains payés pour jouer. Forcément, des questions vont se poser pour les joueurs comme pour les clubs.