[Football]

Dossou, de Messi au Monumental de Buenos Aires au stade de la rue Henri-Dunant de Beggen

[PROMOTION D’HONNEUR, MATCH EN RETARD] Mardi dernier, Jodel Dossou, l’attaquant de Lorentzweiler, affrontait Messi au Monumental, avec le Bénin. Ce mercredi soir, il joue… Beggen rue Henri-Dunant.

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Dossou, la joie au dessus de la fatigue.
Dossou, la joie au dessus de la fatigue.

Dossou, 34 ans, toujours appelé par Gernot Rohr avec les Guépards, est revenu de deux matches des éliminatoires de la CAN et d’une rencontre historique à Buenos Aires – qui célébrait l’un des plus grands joueurs de l’histoire de ce sport – pour marquer, dimanche dernier, son petit but lors de la victoire de Lorentzweiler contre Feulen (3-2). Et il enchaîne, l’ancien ailier de Rosport : ce mercredi soir, c’est l’Avenir qui s’y frotte.

Il paraît que votre périple pour vous rendre en Argentine et y disputer le dernier match de la carrière internationale de Lionel Messi était épique. Vous confirmez?

Jodel Dossou : C’était un peu long, oui. Cela a duré 25 heures. Depuis Abidjan (NDLR : où le match des éliminatoires de la CAN contre la Mauritanie a eu lieu), il a fallu rallier Paris et c’est un vol de 6 h 30. Puis nous avons fait escale là-bas pendant environ cinq heures avant de partir pour Buenos Aires (NDLR : un trajet qui dure environ 13 heures). Alors oui, on est arrivés un peu fatigués. Mais l’hôtel était tranquille et on a eu deux jours de repos avant la rencontre. Il a quand même fallu faire très attention à la récupération.

Quelle était l’ambiance, sur place?

Forte. Le stade était plein à craquer et le Monumental, cela fait beaucoup de bruit. Après, moi, je suis habitué : avec Clermont, j’ai joué au stade Vélodrome et au Parc des Princes, donc…Et nous avons été très bien accueillis par leurs supporters. On appréhendait un peu…

Disons que la fédération argentine aurait pu aussi penser à nous, prévoir ne serait-ce que 30 secondes pour prendre une photo

Pourquoi?

À cause de tout ce qui avait pu se passer au Mondial, on avait peur d’être mal accueillis, mais non. Aucune animosité. On a même été applaudis à notre entrée sur le terrain. Les gens ont bien vu que nous aussi, nous étions, quelque part, venus pour célébrer le dernier match de Lionel Messi.

Mais pourtant, depuis, on en a entendu bien des critiques sur le fait que vous avez été tenus à l’écart des cérémonies en fin de match, privés de selfies avec ce que d’aucuns voient comme le meilleur joueur de l’histoire, d’échanges de maillot…

Je ne suis pas un joueur qui s’attache à ça. Les maillots, si on veut les échanger, cela se passe sur le terrain. Au temps où j’étais en Ligue 1, j’avais même échangé mon maillot avec Neymar et ça s’était fait à la mi-temps de notre rencontre contre le PSG! Donc c’est possible. Mais là, en l’occurrence, les Argentins avaient une session photo après la rencontre et devaient garder leurs maillots. C’était le protocole. Je comprends ce qui a pu se passer dans la tête de certains de nos joueurs, surtout les jeunes pour qui une telle rencontre, c’était la première fois. Eux, cela leur a laissé un goût amer. Pas à nous.

Donc absolument pas ces relents de racisme dont on a parlé un peu partout après la rencontre?

Ouhla, je ne veux pas m’avancer sur ce terrain. Moi, je vous raconte ce que j’ai vécu. Et c’était bien. Nos jeunes n’ont pas pu faire la fête comme ils l’auraient voulu. Disons que la fédération argentine aurait pu aussi penser à nous, prévoir ne serait-ce que 30 secondes pour prendre une photo. Mais bon, ça ne me gêne pas.

Avez-vous l’impression d’avoir participé à un petit moment d’histoire?

Ah ben c’était la der de « Leo »… Moi, je l’avais déjà affronté avec Clermont, à l’époque où il jouait à Paris! Mais je suis content d’avoir pu assister à son dernier match international. En plus, ayant joué au milieu, je me suis souvent retrouvé dans sa zone, quand je suis entré, puisque lui décroche toujours beaucoup.

Vous avez pu voler un dernier ballon au maestro?

(Il sourit) Ça reste Messi. Un joueur qui voit tout avant tout le monde, un joueur qui fait tout à la perfection. Tu ne peux pas l’arrêter.

Aviez-vous reçu des consignes de la fédération argentine pour ce dernier match? Afin d’éviter tout incident, disons fâcheux vis-à-vis de Messi?

Aucune. Après tout, c’était un amical. On savait bien qu’on n’allait pas le tacler et risquer de lui faire mal. Mais on ne voulait pas se faire ridiculiser non plus. Et on a été pas mal.

Pourquoi vous? Pourquoi le Bénin?

Je ne sais pas. On ne nous a pas dit. Mais je crois que lors de quelques matches récents, face à l’Égypte ou la Côte d’Ivoire, on a pu montrer qu’on n’était pas ridicules. Et on nous respecte. Il y a toute une génération qui arrive sur la fin, dont je fais partie, mais aussi plein de jeunes qui poussent.

J’aurais bien aimé marquer au Monumental

Comment passe-t-on du Monumental de Buenos Aires avec 80 000 spectateurs le 6 octobre à un match de PH conte Feulen le 11 et Beggen le 14?

Oh ça ne me choque pas. Je suis habitué à ce genre de grand écart. Et à gérer. On avait à gagner un match très compliqué contre Feulen dans le cadre de notre projet de montée en BGL Ligue et on l’a gagné. Et, en plus, j’ai marqué en ayant joué tout le match. J’aurais bien aimé marquer au Monumental contre l’Argentine, mais je n’aurais pas échangé mon but contre Feulen pour ça (il rit)!

Mais comment avez-vous fait physiquement?

J’ai pris mes précautions.

Comment est-ce qu’on prend ses précautions?

(Il rit) Au retour, j’ai pris un billet en classe business. Sur mon argent personnel puisque c’était pour mon confort. Et c’est un petit budget, mais je ne vous dirai pas combien! C’est que j’avais promis à mon président que je rentrerais avec assez de fraîcheur. Et en business, j’ai bien mangé et j’ai bien dormi.

Vous serez ce mercredi en position de vous emparer de la tête de la Promotion au cours d’un match en retard contre Beggen. Mais après deux matches en éliminatoires de la CAN, vous êtes aussi en tête de votre groupe, devant le Burkina Faso, la Mauritanie et la Centrafrique. Si vous deviez choisir entre la montée en DN en mai prochain ou une dernière qualification pour la CAN, que choisiriez-vous?

Monter en DN ou aller à la CAN? C’est dur comme question. Les deux bien sûr!

On reverra Jodel Dossou en BGL Ligue, la saison prochaine?

Quelques clubs de DN ont déjà essayé de m’approcher, mais j’ai donné ma parole à Lorentzweiler.

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