[Karaté]
Des Lions prêts à rugir
20e LION CUP, VENDREDI ET SAMEDI À STRASSENLes meilleurs combattants luxembourgeois, nombreux à occuper les premiers rangs mondiaux, s’apprêtent à affronter, à domicile, des combattants de valeur, venus du monde entier.
Malgré sa petite taille, le Luxembourg fournit depuis des années des combattants de très haut niveau. On pense à Tessy Scholtes, Jenny Warling. Mais pas seulement. En effet, particulièrement chez les jeunes, les Luxembourgeois occupent le haut de l’affiche. Ils sont d’ailleurs trois dans le top 3 mondial de leur catégorie.
À commencer par l’inamovible Alex Davies, n° 1 mondial chez les U21/+84 kg depuis plusieurs mois. Et le jeune homme, qui fêtera ses 20 ans dans un mois, entend bien confirmer son statut lors des Mondiaux jeunes, en Pologne en octobre. Samedi, à la Lion Cup, le champion d’Europe se présentera en pleine confiance pour son dernier tournoi de préparation après avoir remporté l’Open de Turquie il y a quelques semaines : «Il y aura du niveau. J’espère faire de beaux combats même si le focus est sur les Monde», explique le jeune bachelier, qui vient de débuter des études en business au Luxembourg.
Son compatriote Jordan Sibille a lui aussi connu les joies de la place de n° 1 mondial, même s’il est redescendu au troisième rang planétaire. Le combattant, troisième en Turquie puis cinquième il y a deux semaines à Liège, s’est malheureusement blessé au coude en Belgique : «Ce n’est pas très grave mais c’est un hématome, ça met un peu de temps à partir.» Après un été où il n’a pas vraiment eu le temps de chômer, avec programme de musculation et entraînements dans un autre club, il est concentré sur la Pologne. Mais d’abord, sur la Lion Cup : «On a travaillé plusieurs styles, plusieurs mouvements. Des choses différentes. Le but, c’est de faire de beaux combats. D’être fier de ce que je fais. Après, je ne me fixe pas d’objectif en termes de place. On sait que tout peut se passer. On peut être éliminé dès le premier tours et ne pas avoir de repêchage.»
Lui aussi ancien n° 1 mondial, le jeune Filip Todorovic a glissé au 18e rang après avoir perdu les bénéfices des points de ses années chez les cadets. Mais il se montre confiant : «J’ai fait une bonne préparation. Je me suis beaucoup entraîné avec mon coach Steven Da Costa, on avait aussi des stages avec la FLK. Cette compétition est un dernier test avant les championnats du monde. Samedi, je vise la victoire et surtout de bonnes sensations.» Et le Strassenois ne manque pas de féliciter sa jeune compatriote Zineb Belabass, devenue la semaine dernière à son tour n° 1 mondiale de sa catégorie (cadettes -48 kg) et désormais deuxième au dernier classement : «Elle a fait un travail exceptionnel. Je m’entraîne pratiquement tous les jours avec elle et ça fait plaisir de la voir au sommet.»
Pas de hasard
Comment expliquer cette réussite luxembourgeoise? Pour Filip Todorovic : «Ce n’est pas un hasard. On travaille bien ensemble. On a la volonté de prouver que le Luxembourg peut briller. On a construit une mentalité de gagnants. On n’abandonne jamais.» Confirmation d’Alex Davies : «On est un petit pays au milieu des grands. On peut faire des stages avec tout le monde. On a de bons entraîneurs internationaux avec de l’expérience. On s’entraîne dur. Il y a beaucoup de raisons qui expliquent que nous avons autant d’athlètes forts.» Le tout alors, rappelle Jordan Sibille, «qu’on est tous de clubs différents. Avec des parcours différents.»
On l’aura compris, les Luxembourgeois seront forcément très attendus et peut-être même redoutés, à domicile. Mais ils trouveront à qui parler puisque les organisateurs annoncent pas moins de 908 inscriptions avec des combattants venus de 24 nations et de tous les continents.
Pour préparer ce rendez-vous et les championnats du monde qui suivent, la fédé a mis en place un nouveau système. Comme le nouvel entraîneur national, l’Espagnol Raul Cuerva Mora, vit en Suisse, il ne peut pas se déplacer chaque semaine au pays. C’est ainsi que désormais, les entraînements nationaux s’effectuent sous forme de training camp de trois jours une ou deux fois par mois. Histoire de travailler très fort en un laps de temps limité.
Un rythme un peu trop élevé pour Jenny Warling, qui n’a plus vingt ans. Elle a donc adapté sa préparation entre ses entraînements avec ses entraîneurs et quelques apparitions avec les membres de l’équipe nationale. Contrairement à ses jeunes compatriotes, elle n’a pas d’échéance mondiale dans un mois. C’est ainsi qu’elle vient tout juste de reprendre l’entraînement. Sur cette Lion Cup, elle visera le meilleur résultat possible tout en ayant conscience de son niveau de préparation. Ce tournoi doit lui servir pour avoir des points de repères pour le Series A de Salzbourg, la semaine prochaine. Ensuite, elle n’aura plus d’objectif avant le début de l’année prochaine, avec le K1 d’Istanbul. À moins qu’elle ne décide de s’aligner sur la Venice Cup, au mois de décembre.
Avant le kumite, samedi, place au kata dès ce vendredi.
Quoi qu’il en soit, cette 20e édition de la Lion Cup promet énormément. Un rendez-vous clairement à ne manquer sous aucun prétexte!