[Basket]
Début de l’explication finale
FINALEEtzella et le Sparta se retrouvent à partir de dimanche au Deich pour la finale du championnat. Une série prévue au meilleur des cinq manches et qui promet beaucoup.
EST-CE UNE FINALE LOGIQUE?
La réponse est oui! D’un côté, Etzella, champion sortant, toujours présent dans les grands rendez-vous.
De l’autre, la belle surprise de la saison : le Sparta, tout simplement la meilleure équipe du début de cet exercice, qui a commencé, il faut le rappeler, par un incroyable 11-0 : «Pour nous, à ce moment-là, la saison était déjà réussie», souligne Karl Abou Khalil, le technicien bertrangeois.
Etzella tout comme le Sparta ont terminé la saison régulière avec le même bilan (18-4), ce qui fait dire à Gavin Love, l’entraîneur nordiste qui vient de rempiler : «Avec l’Arantia (NDLR : qui a aussi fini à 18-4), nous étions les trois meilleures équipes.»
À QUOI FAUT-IL S’ATTENDRE?
On l’espère, «à une belle publicité pour le basket luxembourgeois», explique Gavin Love. L’opposition a, en tout cas, de quoi faire saliver. Elle rappelle aux supporters bertrangeois les heures de gloire du Sparta, qui court après un titre depuis une éternité et ce sacre de Larrie Smith, Kasey Ulin et compagnie en… 2012.
On retrouve ainsi Etzella. Le champion a arraché l’avantage du parquet à la toute dernière journée de la saison régulière. Les Nordistes vivent beaucoup de leur adresse longue distance et proposent un jeu collectif bien léché au sein d’une équipe menée, depuis des années, par Sticky Gutenkauf, ex-triple MVP du championnat, véritable plaque tournante du jeu ettelbruckois.
En face, le Sparta ne lâche jamais rien. Il s’appuie sur le MVP de cette saison, l’international Max Logelin, et peut compter sur son coéquipier en sélection Yannick Verbeelen et, bien sûr, sur Jarvis Williams, de retour à la maison Atert après avoir fait les belles années de l’Amicale.
AVANTAGE VIEUX BRISCARDS OU JEUNES LOUPS?
Petit avantage pour Etzella. Les joueurs du Deich ont pour eux l’expérience. Comme l’an passé, ils sont en finale des deux compétitions : «Ce n’est déjà pas facile d’aller en finale de la Coupe ou du championnat, alors le faire deux fois, c’est une véritable performance», se félicite encore Gavin Love.
Etzella a le roster le plus âgé du plateau. Avec notamment, le recrutement de Billy McDaniel, qui fêtera ses 42 ans à la fin du mois. S’il n’a plus la fulgurance de ses années à Steinsel, le vieux briscard est un pur joueur de basket. Et l’a encore prouvé lors de la seconde demi-finale à Steinsel, son ancienne antre, où il a marqué 24 pts pour permettre à Etzella d’éviter un troisième match toujours piège et de se qualifier pour la finale.
Pour Karl Abou Khalil, il faut se poser les bonnes questions : «Faire ça à 42 ans, c’est bien pour lui. Mais si je suis un jeune Luxembourgeois et que tu fais encore ces stats, le problème vient de moi.»
La moyenne d’âge ne baisse pas beaucoup avec les autres joueurs comme Sticky Guntenkauf (31 ans), son frère Fritz (33), Thomas Henkel (33) et les deux joueurs majeurs du banc, Thierry Schaaf (29) et Tim Schomer (32), décisif lors du premier match contre l’Amicale.
De son côté, le Sparta truste les récompenses de jeunes depuis des années. Et s’est construit avec des jeunes du cru, qui ont petit à petit gravi tous les échelons. Karl Abou Khalil le rappelle : «Hormis Jarvis, aucun joueur n’a connu ça.» Effectivement, seul Jarvis Williams et ses 36 ans savent ce que c’est de disputer – et de gagner – une finale.
Pour tous les autres, il s’agira d’une grande première, que ce soit Max Logelin (22 ans), Yannick Verbeelen (27), Victor Stein (28) ou encore Tom Germeaux (21) pour ne citer qu’eux.
Le coach bertrangeois est conscient de l’ampleur de la tâche. Et il savoure d’ores et déjà une saison au-delà des attentes : «Le but c’était d’aller en demi-finale, maintenant on est en finale. On sait qu’on ne sera pas les favoris : ce sont les champions, ils ont l’expérience et l’avantage du parquet. Ce sera à nous de donner 100 % et on verra bien ce que ça donnera. L’objectif, c’est de quitter le parquet sans avoir de regrets.»
L’AVANTAGE DU PARQUET, UN VRAI PLUS?
On l’a dit, les deux équipes n’ont perdu que quatre rencontres en saison régulière. Avec un seul revers à domicile : lors d’une déroute contre Esch pour Etzella et au buzzer face à l’Arantia pour le Sparta, à l’occasion de leur premier revers de la saison, lors du dernier match de l’année 2025.
Mais lors de ces play-offs, si Etzella s’est montré intraitable à domicile, avec trois victoires avec plus de 32 points d’avance en moyenne, ce n’est pas le cas du Sparta, piégé par la Résidence au premier match : «Etzella sait comment gagner à l’extérieur, ils l’ont montré en allant s’imposer à Steinsel. On n’a pas l’avantage du parquet. Si on veut gagner le titre, il faudra absolument être capables de gagner à l’extérieur. Ce sera notre plus grand défi.»
QUELLES SERONT LES CLEFS?
Deux styles différents imposent des clefs différentes. Pour Gavin Love, il faudra stopper les excellents joueurs de un-contre-un : «Ils ont des mecs très forts, notamment Jarvis, qui est certainement le meilleur. Il faudra se concentrer sur lui.»
Son homologue bertrangeois, qui ne veut pas trop dévoiler ses plans, évoque tout de même quelques pistes : «Etzella est une équipe qui joue un tempo avec Sticky qui s’occupe de tout et quand il fait ça, il emmène tout le monde dans son sillage. Dès qu’elle est en rythme, elle peut te mettre un 10-0 en deux minutes. L’objectif, c’est de casser ce rythme.» Et d’ajouter que s’il ne dispose pas, sur le banc, d’un joueur comme McDaniel capable de mettre 25 pts, il a dans ses rangs plusieurs joueurs qui peuvent inscrire le même total : «Si quatre ou cinq joueurs mettent quatre ou cinq points, ça me suffit.»
QUE PENSER DES DEUX OPPOSITIONS EN CHAMPIONNAT?
Pas grand-chose. Karl Abou Khalil le rappelle d’ailleurs facilement : «Certes, on a gagné le premier match contre eux à la maison, mais il leur manquait un Américain.» Quant au deuxième, perdu par Bertrange au Deich sur le score horrible de 69-61 : «C’était du ugly basketball. Pour le premier match après la trêve hivernale, les deux équipes n’avaient pas vraiment eu le temps de s’entraîner. On sait qu’on peut beaucoup mieux jouer.»
Les deux formations ont validé leur billet pour l’explication finale en deux manches, ce qui leur a permis de soigner les petits bobos et de bien préparer leur rendez-vous.
En finale, de toute façon, les compteurs sont remis à zéro. Alors, que le meilleur gagne!
Romain Haas