[Football]

«C’est du très lourd», prévient «Caza» : avec Diarra, Bissen frappe fort en défense

[BGL Ligue] Bissen a engagé lundi le défenseur central français Raphaël Diarra, qui compte près de 200 matches en pro. Et à écouter Pascal Carzaniga, qui l’a coaché à Virton, c’est un très gros coup.

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À Virton, où il est arrivé fin février, Raphaël Diarra a impressionné Pascal Carzaniga.
À Virton, où il est arrivé fin février, Raphaël Diarra a impressionné Pascal Carzaniga.

Confronté en août aux départs de cinq joueurs, l’entraîneur bissenois Vitor Pereira confiait vendredi avoir «mal à la tête» à force, en plus de la préparation de ses séances, de devoir chercher dans l’urgence au moins deux ou trois renforts pour combler en partie les pertes de Mehdi Terki (arrêt), Brian Silva, Tyrone Crame (Olympic Charleroi), Leslie Bamona (Mons) et celle, plus récente, de Reda Eddarraj, dont la destination en Hongrie est désormais connue : le Budapest Honvéd.

Les maux de crâne du technicien ne vont pas tous s’estomper d’un coup, mais le premier de ces renforts a dû avoir l’effet d’un bon cachet d’aspirine pour Pereira, qui a vu débarquer lundi dans son vestiaire un garçon formé au Paris FC puis à Monaco et comptant près de 200 matches en pro, dont un de Ligue Europa contre Tottenham (sa seule apparition avec l’équipe première de l’ASM, en 2015), Raphaël Diarra.

«Il sera dans le top 3 des défenseurs centraux»

Âgé de 31 ans, le défenseur central évoluait ces derniers mois à Virton (8 matches), dont il a été l’un des artisans de la remontée en Challenger Pro League sous les ordres de Pascal Carzaniga. Et aux côtés de Lucas Correia, son nouvel équipier à Bissen passé six mois en prêt à l’Excelsior, et d’un Mayron De Almeida (ex-Progrès, aujourd’hui à Mons en D3) sacré co-meilleur buteur du championnat (20 buts, saison régulière et play-offs confondus).

Avant cela, l’ancien international U19 et U20 français avait roulé sa bosse en D2 belge (Cercle Bruges, 2016/2017), en Ligue 3 française (Quevilly-Rouen, 2018-2020, et Borgo, 2022/2023) et en D4 anglaise (Oldham, 2020-2022), effectué des piges à Djibouti et en Côte d’Ivoire entre 2023 et 2025, et connu quelques mois de chômage avant que son ami Modeste Duku ne glisse son nom à l’oreille de «Caza». Ce dernier ne regrette pas d’avoir écouté son attaquant, aujourd’hui à Lokeren (D2).

Un temps barré en charnière par le duo Baptiste Aloé – Teddy Mezague, Diarra a intégré le onze juste avant les play-offs d’accession à la D2 et en « a été la révélation défensive», d’après l’ancien coach hesperangeois, qui a quitté Virton après la montée. «Diarra, c’est du lourd, poursuit Pascal Carzaniga. C’est un joueur d’expérience, un vrai pro, très bon dans le placement, très costaud et agressif dans les duels. Dans les un contre un, c’est top. Il est pratiquement infranchissable!»

Autant d’attributs qui devraient faire de lui une référence à son poste au pays, pour peu qu’il «s’acclimate à un milieu plus amateur», selon le technicien français. «Il sera dans le top 3 des défenseurs centraux au Luxembourg, pronostique-t-il. S’il y a bien deux profils dont je ne comprends pas que Virton ne les ait pas gardés en D2, c’est Diarra et Aloé.»

Bientôt imité par Baptiste Aloé?

Il n’est apparemment pas le seul, au Grand-Duché : libre, le second est pisté par plusieurs écuries du haut de tableau de BGL Ligue. C’était aussi le cas de Diarra, qui faisait par ailleurs l’objet de quelques intérêts en Challenger Pro League et surtout d’une cour assidue de Habay, toujours emmené en D3 belge par quelques ex de DN (Hugo Vialette, Mathis Quiévreux ou Victor Trento, rejoints cet été par Dylan Lempereur, Abdelkarim Idha et Jérémy Serwy).

C’est donc finalement Bissen qui a décroché la timbale, et Vitor Pereira s’en félicite : «C’est exactement ce qu’on recherchait pour notre ligne de trois où il peut jouer sur les côtés car il a la vitesse et l’agressivité». Plus «l’expérience» et la rigueur, qui font dire au coach du FC Atert que le défenseur central sera rapidement opérationnel malgré une préparation tronquée. «On a un petit travail à mener sur le plan physique mais rien de spécial car c’est un professionnel. Il est fit.»

Plutôt une bonne nouvelle alors que le champion du Luxembourg (6e, 9 pts), qui pourrait aussi perdre son gardien Yassine Gourari dans la semaine, compte ses forces vives avant son choc de la 5e journée, dimanche à Strassen (1er, 12 pts). «J’ai à peine 18 joueurs à convoquer, déplore Vitor Pereira. Mais ça fait partie d’une saison, et c’est dans ces moments-là qu’on voit les bonnes équipes. Avec le mercato et les retours de blessure, on aura un groupe encore plus fort que la saison dernière.»

«Caza», off au moins jusqu’à Noël

Partir en champion, Pascal Carzaniga l’avait déjà fait, en 2014 et en 2023, lorsqu’il avait quitté le F91 puis Swift dans la foulée d’un sacre en BGL Ligue. L’histoire s’est répétée cette année pour l’entraîneur français, qui a ramené Virton en D2 belge, trois ans après sa descente, mais n’a pas prolongé l’aventure en Gaume, où il était arrivé en décembre 2024, en raison selon lui de désaccords avec son président sur le plan «relationnel, pas financier».

Or pour lui, «c’était Virton ou rien». Raison pour laquelle il a repoussé les sollicitations estivales de plusieurs clubs luxembourgeois. «Je n’étais pas encore prêt, et je ne voulais pas qu’on se dise que je quittais Virton et retournais au Luxembourg pour le pognon», justifie le technicien de 55 ans, passé au Grand-Duché par les bancs de Dudelange, Niederkorn, Differdange et Hesperange (deux fois).

Alors, «Caza» a «repris (sa) vie professionnelle à temps plein» au garage BMW d’Esch-sur-Alzette, où il travaille depuis 11 ans mais qu’il aurait dû quitter s’il avait dû coacher l’Excelsior en Challenger Pro League. «J’avais un arrangement avec ma nouvelle direction, explique-t-il, un avenant au contrat de travail qui courait jusqu’au 30 juin.» Et pour ce qui est du football, «on verra bien à Noël». Des bancs de BGL Ligue seront alors peut-être disponibles.

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