[C’était mieux avant]
Carlo Zeimetz : «À Bucarest, il y avait 2 500 spectateurs, dont 2 300 militaires en uniforme»
L’ancien ailier droit international, qui a porté les couleurs de Dudelange et de Diekirch, nous raconte les moments marquants de sa carrière commencée dans les années 70.
Le meilleur joueur avec lequel vous ayez joué ?
Carlo Zeimetz : C’est difficile à dire. Il y en a plusieurs, mais si je dois en choisir un, je dirais Roger Schummer, avec qui j’ai joué en club et en équipe nationale. Il a le même âge que moi, nous avons tous les deux commencé notre carrière à Dudelange et nous avons intégré l’équipe nationale ensemble. On a fait un beau parcours commun avant qu’il parte à Schifflange et moi à Diekirch. On s’est un peu perdus de vue, mais c’était un joueur de qualité.
Et contre lequel vous ayez joué ?
Au niveau international, c’est Cristian Gatu du Steaua Bucarest, qui était le meilleur joueur du monde à l’époque. Et sur la scène nationale, le plus fort contre lequel j’ai joué, mais avec qui j’ai aussi joué, c’est Luc Kintzinger. Il jouait à Schifflange et moi à Dudelange. Nous nous sommes rencontrés à l’armée et il m’a rejoint à Dudelange. C’était un grand gabarit, un très bon joueur, très efficace.
La meilleure équipe face à laquelle vous ayez joué ?
C’est le Steaua Bucarest l’année où ils ont gagné la Coupe d’Europe des clubs champions (saison 1976/77) que l’on appelle aujourd’hui la Ligue des champions. C’était avec Dudelange, et dans l’équipe de Bucarest, il y avait Cristian Gatu et Stefan Birtalan, deux des meilleurs joueurs du monde à cette époque-là. C’était très impressionnant de jouer contre une telle équipe. On avait même fait un très bon match à Dudelange et le match retour, à Bucarest, s’est disputé devant 2 500 spectateurs, dont 2 300 militaires en uniforme. À cette époque, c’était le club de l’armée.
C’était votre match le plus fou ?
Pour moi, c’était extraordinaire parce que j’avais 17 ans. Et puis, à cette période, on avait pris le relais de l’ancienne fameuse équipe de Dudelange qui avait remporté dix titres de suite. Nous sommes arrivés comme une jeune bande quand les anciens ont arrêté et nous avons tout de suite réussi à être champions et donc à nous qualifier pour la Coupe d’Europe. C’était quelque chose de formidable. Et pour Marcel Kreuter, notre entraîneur, qui était entraîneur-joueur avec la génération d’avant, cela lui a permis de continuer sur sa lancée.
L’élimination contre Neerpelt ? Quand j’aurai 100 ans, je m’en souviendrai encore. C’était une terrible déception
Votre plus grand exploit ?
Le titre de champion avec Diekirch (1992/93). C’est un très bon souvenir, parce qu’à Dudelange on avait une équipe très forte avec des joueurs qui se connaissaient depuis des années. Lorsque je suis parti à Diekirch, le club était dans le bas du tableau, au mieux au milieu. Et tout doucement, nous sommes parvenus à monter dans le classement. On avait un entraîneur professionnel venu de Belgique, Roland Denève, qui était d’ailleurs mon professeur à l’Institut royal militaire d’éducation physique à Eupen, où j’ai fait ma formation de moniteur sportif pour l’armée. J’ai fait sa connaissance à ce moment et je lui ai demandé s’il n’avait pas envie de venir entraîner à Diekirch. Il habitait à Courtil, près de Gouvy. J’avais peu d’espoir qu’il vienne en raison des kilomètres, mais finalement il a dit oui. Et avec lui, nous avons construit une très belle équipe. Roland a également été l’assistant coach de l’équipe nationale belge, c’était un très bon entraîneur.
La plus grosse déception ?
Là, je m’en souviens tout de suite. J’étais à Dudelange lorsqu’on jouait un tour de Coupe d’Europe contre Neerpelt, le champion de Belgique. À Dudelange, on avait gagné avec neuf buts d’écart, mais à Neerpelt on avait perdu de onze buts je crois, dans les dernières minutes. Quand j’aurai 100 ans, je m’en souviendrai encore. C’était une terrible déception. C’est gravé en moi. Mais heureusement on avait une équipe soudée, ce qui nous a permis de surmonter ça. Je me souviens encore que notre entraîneur était malade, il était remplacé par le sélectionneur national de l’époque, l’Allemand Klaus-Dieter Schuster, qui avait laissé de côté notre meilleur défenseur. Je crois qu’il n’avait pas très bien géré la situation.
Un joueur que vous aimeriez revoir ?
Henri Gerson. Je jouais avec lui à Dudelange et aussi en équipe nationale. C’est d’ailleurs le père de Lars, le joueur de l’équipe nationale de foot. C’était un très bon ami, mais on s’est perdus de vue.
Votre pire blessure ?
Je n’ai pas subi de grosses blessures. J’ai eu une fracture du scaphoïde, ce qui m’a valu une opération, et une fois une déchirure des ligaments du pied.
Le coach qui vous a le plus marqué ?
Plusieurs coaches m’ont marqué : Remy Debra, que j’ai eu comme qu’entraîneur dans toutes les catégories de jeunes à Dudelange, Marcel Kreuter et Roland Denève. Et en équipe nationale, Fernand Schott.
Durant sa carrière de joueur, Carlo Zeimetz a été fidèle à deux clubs : Dudelange, puis Diekirch qu’il a rejoint en 1980 pour des raisons professionnelles, avec lesquels il a remporté de nombreux titres sur la scène nationale. Il a également disputé de multiples rencontres de Coupe d’Europe. International, il compte plus d’une centaine de sélections, dont 87 officielles et a inscrit la bagatelle de 130 buts. Il a aussi endossé le rôle d’entraîneur à Diekirch, où il a coaché sa fille, Jill, des catégories de jeunes jusqu’au niveau seniors. Avant de prendre la succession de Claude Weinzierl à la tête des Roude Léiw Bascharage – Jill s’y était engagée – qu’il a dirigées durant deux saisons en troisième division allemande. Il n’y a pas si longtemps, il était encore le manager de l’équipe nationale des dames.