[Cyclisme]

Bob Jungels met un terme à sa carrière dimanche sur Paris-Tours

PARIS-TOURSC’est sur la classique française que le Luxembourgeois épinglera dimanche son dernier dossard.

Publié Modifié
Bob Jungels va terminer sa carrière dimanche dans Paris-Tours.
Bob Jungels va terminer sa carrière dimanche dans Paris-Tours.

On aurait pu penser, dans un premier temps, que Bob Jungels refermerait le dernier chapitre de sa longue carrière sur le Tour de Lombardie ce samedi, puisqu’il vient de participer aux semi-classiques italiennes de préparation, même si le dernier Monument de la saison, typé grimpeur, ne lui a jamais vraiment réussi, même lorsque le Luxembourgeois, vainqueur en 2019 de Liège-Bastogne-Liège, ce qui classe un coureur, s’y alignait pour y jouer quelque chose.

Finalement, qu’il prenne le départ dimanche de Paris-Tours, au parcours désormais assez inclassable, entre bosses vachardes, chemins de vigne et longues plaines ouvertes à tous les vents, un vrai parcours de «classicman» (et une vraie incongruité de ne pas voir classer cette course que Kevin Geniets, autre participant luxembourgeois, décrit comme sa «préférée de la saison», en World Tour, mais c’est une autre histoire…), résume bien sa carrière.

Une carrière riche en événements divers et variés. Une carrière qui l’aura vu d’abord remporter chez les jeunes un titre de champion du monde de contre-la-montre (en 2010 chez les juniors). Puis enchaîner avec Paris-Roubaix espoirs (2012).

C’était l’époque, aujourd’hui en partie révolue, où les spécialistes du chrono devenaient de potentiels vainqueurs de grands tours. C’est ainsi qu’après avoir brillé sur les dernières étapes du Tour de France 2015 sous les couleurs de Trek, il bifurqua avec succès sur le Giro.

Passé chez Quick-Step, en 2016, il termine sixième d’un Tour d’Italie où il passe trois jours en rose et rafle le maillot blanc de meilleur jeune. S’il y rafle encore le maillot blanc lors de l’édition suivante, il porte cinq jours durant le maillot de leader. Et surtout remporte une étape, à Bergame!

Deux fois onzième du Tour de France en 2018 puis en 2022 (durant cette édition, il gagnera une étape à Châtel après un long raid dont il avait le secret), il n’a jamais pu exaucer son vœu de faire partie du cercle restreint des coureurs s’étant imposés sur les trois grands tours (Giro, Tour et Vuelta). Mais personne ne lui en voudra…

La Doyenne, son sommet

Dans la lignée des frères Schleck et de Kim Kirchen, Bob Jungels restera le coureur qui a maintenu le feu sacré des cyclistes luxembourgeois au plus haut niveau mondial.

Avec deux faits majeurs dans les courses d’un jour. Sa victoire en 2018 dans Liège-Bastogne-Liège, où seuls, avant lui, ses compatriotes Marcel Ernzer (1954) et Andy Schleck (2009) étaient venus à bout de ce Monument.

Son duo tactique avec Julian Alaphilippe, marqué par ses rivaux directs, avait fonctionné à merveille. On retiendra d’ailleurs que jamais le double champion du monde français, deux fois deuxième à Liège, n’aura réussi à rafler la Doyenne qui le faisait tant fantasmer. Bob Jungels, si…

L’autre grand morceau de bravoure de Bob Jungels restera sa démonstration de force dans la classique Kuurne-Bruxelles-Kuurne, qui ne fait pourtant pas partie du World Tour.

Rescapé d’une échappée partie à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, il a résisté seul au retour du peloton pendant les seize derniers kilomètres.

Tête baissée comme un forcené qui force son destin. Tel était Bob Jungels sur un vélo. Une fois lancé, il pouvait résister en solo à un retour du peloton. Avec un style assez inimitable. Avec des côtes, ou non. Des pavés ou non. Du vent ou non.

Bientôt patron à 100 %

C’est un vrai coursier, neuf fois sacré champion national de chrono, six fois titré en course en ligne, au palmarès international conséquent, passé de Trek à Quick-Step, puis à AG2R, avant Bora et donc Netcompany Ineos, ces deux dernières saisons, qui va s’en aller. Son dernier succès remonte au 13 juillet 2025, sur une étape du plus modeste Tour d’Autriche.

Dimanche, il ne fera pas partie des favoris dans Paris-Tours, contrairement à son coéquipier français Dorian Godon, en verve et lauréat, pas plus tard que jeudi, du Gran Piemonte en Italie.

Mais il serait étonnant qu’on ne le voie pas passer l’un ou l’autre relais en tête de peloton ou d’échappée, sait-on jamais, histoire de refermer, en beauté, la dernière page d’une sacrée carrière.

L’après-carrière est, elle, toute tracée. Après des vacances bien méritées début novembre, il endossera l’habit neuf de dirigeant de Linkgel, un grossiste alimentaire implanté au pays, qu’il a déjà repris avec la complicité d’Henri, son père, et de son oncle Serge. Sa nouvelle carrière pourra commencer!

MODE D’EMPLOI

La course : 102e édition. 216,2 km (dont 10,5 km de chemins de vigne)

Principaux engagés : Jungels, Godon, Laurance, Foss (Netcompagny Ineos), De Lie, Grisel (Lotto Internarché), Geniets, Grégoire, Tronchon (Groupama-FDJ), Kirsch, Biermans, Renard (Cofidis),Gaviria (Caja Rural), Wright (Pinarello-Q36.5), Trentin, Kung, Mozzato (Tudor), Romele, Teunissen, Ballerini (Astana), Tiller, Waerenskjold, Abrahamsen (Uno-X), Hagens, Affini, Laporte (Visma-Lease a Bike), Degenkolb (Picnic), Stuyven, Lampaert, Merlier, Reinderink (Soudal Quick-Step), Van Asbroeck, Askey (NSN), Theuns (Lidl-Trek), Isidore, Gautherat, Lapeira, Bisseger (Decathlon), Sénéchal, Goossens (Alpecin).

Derniers vainqueurs :

2025 : Matteo Trentin (ITA)

2024 : Christophe Laporte (FRA)

2023 : Riley Sheehan (USA)

Powered by Labrador CMS