[Football]
Bilal Hend : «Ici, 40 °C, c’est quand il fait froid!»
[BGL LIGUE, 3e JOURNÉE] Bilal Hend regardera Bissen – Progrès depuis Alger, où il s’acclimate avant de découvrir la D1 algérienne à la suite de son transfert-surprise
Ce n’est plus un tremplin à votre échelle, le Progrès, trois ans après avoir déjà été recruté à Niederkorn par le club de Versailles. C’est littéralement du saut à skis!
Bilal Hend : Ça, c’est sûr! Mais attention, par contre, ce n’est absolument pas une roue de secours! J’ai toujours été bien accueilli là-bas et ils ont toujours été ouverts et généreux. D’ailleurs, ce transfert, il s’est fait rapidement et tout ne s’est finalisé qu’à la veille de la reprise du championnat de BGL Ligue. Je pensais que pour mes dirigeants, ce serait dur à avaler, qu’ils allaient mal le prendre, mais non… Ils ont compris.
Mais vous prospectiez la D1 algérienne, précisément?
C’est mon cousin qui a eu le contact avec un agent. On cherchait sans chercher. Et puis, on a trouvé. Mais je ne me voyais pas annoncer au coach qu’après avoir préparé toute la semaine un plan de jeu pour la Jeunesse, je ne pouvais pas jouer parce que j’allais signer à Rouissat. Même si je savais que jouer contre la Jeunesse, cela pouvait tout faire foirer si je me blessais… Mais étant croyant, je me suis juste dit « bah, ce qui devra arriver arrivera ».
Jouer contre la Jeunesse, cela pouvait tout faire foirer si je me blessais
Quand on voit le vide que le départ d’Olivier Thill a laissé dans l’entrejeu, la saison passée, la même chose ne pourrait-elle pas arriver à cause de votre transfert, un an plus tard?
Je ne pense pas. Il y a de très bons joueurs dans cette équipe. Et puis on a recruté Hadji! Je sais que j’ai du talent, mais un joueur ne fera jamais une équipe. Et puis certes, on a eu une saison difficile, mais justement, mes coéquipiers sauront s’en servir.
Et vous, votre histoire personnelle dans la « capitale du Sahara »? À quoi va-t-elle ressembler?
Eh bien je parlais au chauffeur de notre bus, hier (NDLR : mercredi), alors qu’on rentrait d’un camp d’entraînement pour aller passer quelques jours de libre à Alger, avant que la saison ne commence vraiment. Il me disait qu’ici, 40 °C, c’est quand il fait froid!
Et ça ne vous fait pas peur?
Je n’y suis encore jamais allé, à Ouargla (NDLR : la ville dans laquelle évolue Rouissat, son club, située au beau milieu du désert). Mais j’imagine que là-bas, les pauses fraîcheur, c’est automatique (il sourit). Je vais devoir m’acclimater vite, mais ça ne me fait pas peur, non. Je n’y suis pas très sensible. Je suis encore jeune, alors autant la tenter maintenant. Je sais que cette caractéristique nous donne un avantage sur nos adversaires. On sera dur à battre chez nous. Parce que si les entraînements sont le soir, les matches eux, en saison, c’est un peu à n’importe quelle heure.
Sacrée aventure quand même que de partir jouer au ballon au milieu du Sahara.
Moi, ça m’excite. Au-delà du sportif, je m’ouvre à de nouvelles choses et c’est kiffant à vivre! Même si je suis assez casanier. Ça va beaucoup être entraînement-repos. Ma femme ne m’a jamais rien refusé et je dois la remercier d’avoir encore fait ce sacrifice pour moi, que je puisse aller jouer dans le pays d’origine de mes ancêtres. Mes parents sont si contents…
Pour combien de temps avez-vous signé?
Pour deux ans. Après, on sait comment c’est, à l’étranger : des fois ça marche, des fois ça ne marche pas. Et si ça ne marche pas, j’espère encore avoir ma place au Luxembourg.