[Football]
Anthony Moris : «On a vu des carrières décoller comme ça»
[SÉLECTION NATIONALE] Pour l’expérimenté Anthony Moris, les (nombreuses) absences des uns doivent servir de tremplin à d’autres, ce samedi à Tallinn, où le Luxembourg affrontera l’Estonie.
Entretien avec notre envoyé spécial à Tallinn
Doyen du groupe actuel (36 ans), Anthony Moris sera, en l’absence de Laurent Jans, le Luxembourgeois le plus capé sur la pelouse de la Le Coq Arena de Tallinn ce samedi, du haut de ses 84 sélections. Un total qui lui permet de désormais devancer Danel Sinani et Christopher Martins (83), et de fermer le top 10 des joueurs les plus capés de l’histoire des Rout Léiwen.
À la veille du duel contre l’Estonie, comptant pour la 3e journée de Ligue des nations, le gardien d’Al-Khaleej (Arabie saoudite), présent aux côtés de son sélectionneur Jeff Strasser en conférence de presse d’avant-match, a évoqué sa place au sein d’un groupe rajeuni, les nombreuses absences et les ambitions luxembourgeoises dans cette épreuve.
De plus en plus de jeunes arrivent en équipe nationale. En tant que cadre, quel est votre rôle auprès d’eux?
Anthony Moris : Il faut leur laisser cette folie qu’ils ont en eux, cette part de talent qui fait que des joueurs comme Aiman (Dardari, à Essen) ou Hamza (Kadamani, à Metz) se débrouillent déjà bien en club. Je préfère qu’ils fassent les choses par eux-mêmes. Après, si on doit les encadrer, c’est plus sur les principes de jeu. Mais le temps des anciens qui sont derrière les jeunes et leur donnent des coups de baguette, c’est fini.
La défense fait partie des secteurs les plus touchés par les absences? Dans quelle mesure cela vous affecte-t-il?
D’abord, je tiens à souhaiter un prompt rétablissement aux collègues, à mes frères qui sont actuellement blessés. On peut intégrer à cette réflexion ceux qui sont dans la difficulté en ce moment, Mica, Alessio et Edvin (Pinto, Curci et Muratovic, tous au chômage), car ils font partie du groupe et y apportent de la qualité quand ils sont là. On leur souhaite de revenir au plus vite dans les meilleures conditions. Mais je ne suis pas quelqu’un qui s’apitoie sur son sort : d’autres joueurs sont là, et on a déjà vu des carrières décoller comme ça. À eux de montrer qu’on peut compter sur eux.
Dans ce groupe où l’Islande a confirmé son statut de favorite à la première place, quelles ambitions peut nourrir le Luxembourg?
C’est ce qui fait la beauté du foot : avant l’Islande, on se demandait si le favori du groupe n’avait pas changé. L’Islande a le meilleur collectif et les meilleures individualités mais aujourd’hui, on est à un point d’eux. Il reste quatre matches à jouer, le groupe est homogène, personne n’est décroché. Dans cette configuration, les troisième et quatrième matches seront très importants.