[Football]
Aloé, nouvelle recrue de Mondorf : «Bielsa m’a marqué à vie»
[BGL LIGUE] C’est un défenseur qui a joué en Ligue qui arrive pour deux saisons à l’US Mondorf, après une belle saison à Virton sous les ordres de Pascal Carzaniga.
Que va apporter Baptiste Aloé à Mondorf?
Baptiste Aloé : Je suis très posé, très calme. Alors je dirais que c’est ça, justement, que je dois apporter.
Un Marseillais calme?
Oui, à Marseille, les gens ont le sang chaud, mais c’est aussi un peu un cliché. Moi, j’essaye de réfléchir un maximum. Après, des fois, les racines reviennent (il rit).
Vous arrivez avec la belle dynamique d’un homme qui vient de monter en D2 belge avec Virton.
Des montées, des descentes, j’en ai fait beaucoup dans ma carrière. Ça fait partie du haut niveau et ça apprend à savoir gérer les temps forts et faibles. Ça aussi, je dois l’amener.
La maîtresse me disait « choisis autre chose »
Et votre ancien coéquipier, Raphaël Diarra, que va-t-il apporter à Bissen, où il vient de signer?
(Il sourit) Alors lui, il peut apporter un brin de folie. Lui, il ne réfléchit pas à « est-ce que c’est la bonne option ou pas? » Il y va, il fonce. Et à Virton, ça a marché. Et c’est quelqu’un de positif. Il amène de la joie de vivre dans un vestiaire.
Et vous, on imagine que c’est l’Europe que vous aimeriez ramener dans le vestiaire de Mondorf, en mai prochain?
Oui, surtout que le tout premier match de ma carrière pro, c’était un match contre l’AEL Limassol. Une victoire 5-1 au Vélodrome, en 2012, avec Loïc Rémy, Mathieu Valbuena. Je n’étais pas au courant, la veille. J’étais encore à l’école. J’avais 18 ans, je l’ai appris à deux heures du coup d’envoi. On n’y croit pas quand on lit son nom sur le tableau.
Quand on a joué au Vélodrome, on peut jouer n’importe où?
Ah après, on a moins de pression, on relativise tout. Même si moi, je l’ai découvert quand j’étais très jeune, donc insouciant et plein de confiance en moi. Se retrouver devant 60 000 personnes, c’est un rêve de gamin, on se dit qu’il n’existe rien de plus excitant. D’ailleurs, quand la maîtresse, à l’école, me demandait ce que je voulais faire comme métier et que je répondais footballeur professionnel, elle me disait « non, choisis autre chose ». Alors je disais pompier ou kiné… Mais après, quand vous jouez un derby à Lens avec Valenciennes, ou un derby à Bucarest, vous en voyez d’autres, des grosses ambiances.
Et quand on a eu Marcelo Bielsa comme coach, on est préparé à tout?
Question compliquée. Bielsa, il nous forme et nous déforme en même temps. Non, pardon, je vais changer le mot « déformer » : disons qu’il nous apprend des choses totalement différentes. Et c’est positif. Avec lui, c’est homme contre homme sur tout le terrain. Il nous force à une grande réflexion sur le « pourquoi on défend comme ça ». Et pendant le match, on peut changer plusieurs fois de système pour s’adapter. Moi qui envisage de faire coach ou directeur sportif, Bielsa, il nous prend au cœur, nous oblige à prendre du recul. Comme un professeur. Le foot est plus compliqué. Et on s’en rend compte vite : après lui, je me retrouve à Valenciennes. Par réflexe, je joue en avançant sur mon attaquant quand mon binôme, lui, reste en place. Et cela crée des espaces. Bielsa m’a marqué à vie.
Quand on signe à Mondorf quelques heures avant Valentin Eysseric à Strassen et sachant que Corentin Jean fait déjà des merveilles à Differdange, on se dit qu’on a atterri dans un championnat plus sympa que ce qu’on pensait?
Non, parce que je ne vois ça qu’à travers le prisme du projet de Mondorf. La DN, je la suis depuis un bout de temps, parce que ça devient compétitif. Mais je ne vois que Mondorf.