[Cyclisme]

Alex Kirsch : «J’étais ouvert pour faire un deuxième grand tour»

VUELTA-2026Cofidis a annoncé, lundi, sa sélection pour la Vuelta. Et on a eu la surprise de voir qu’Alex Kirsch, qui sort du Tour de France, était bien présent. L’Andorran de cœur est revenu sur ce choix parfaitement réfléchi. Et assumé.

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Alex Kirsch, déjà à son avantage sur le Tour de France, est prêt à enchaîner avec la Vuelta.
Alex Kirsch, déjà à son avantage sur le Tour de France, est prêt à enchaîner avec la Vuelta.

La Vuelta n’était pas à votre programme. Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé?

Alex Kirsch : La semaine suivant le Tour, on a fait le débrief, histoire de voir comment ça s’était passé et comment on avait récupéré. Me concernant, je me sentais très bien. J’avais de bonnes sensations, surtout les derniers jours. Je réfléchissais à ma dernière partie de saison et c’est vrai qu’à ce point, on n’avait pas encore évoqué la Vuelta. Mais après, cela faisait deux ans de suite sans grand tour, revenir sur le Tour de France était un grand plaisir. Et alors j’étais ouvert pour faire un deuxième grand tour.

On sent que vous appréciez votre rôle au sein de Cofidis, qui est différent de Lidl-Trek. C’est aussi pour cela que vous avez dit oui pour la Vuelta?

Oui. Le fait de pouvoir jouer sa carte personnelle sur certaines étapes, c’est quelque chose d’assez nouveau pour moi. J’étais content de pouvoir le faire sur le Tour (NDLR : notamment sur la 4e étape où il s’est très longuement échappé) mais je manque encore d’expérience pour bien sentir le coup et savoir quand partir. J’aimerais donc utiliser ma présence à la Vuelta pour ça. Et puis l’équipe est super contente de moi comme capitaine de route, Bryan (Coquard) aussi. Donc, ce n’était pas du tout l’idée au départ, mais c’est venu un peu comme cela. Et puis je pense qu’en vue de l’année prochaine, avoir deux grands tours, ça peut me servir.

Enchaîner? C’est plus une question de mental que de physique

Ce n’est pas compliqué d’enchaîner deux courses de trois semaines en moins de deux mois?

Déjà, ce n’est pas quelque chose de nouveau pour moi. Je l’ai déjà fait. Après, je pense que c’est peut-être quelque chose de génétique, je suis toujours bien après un grand tour. De toute façon, la saison n’était pas finie, il aurait fallu faire d’autres courses. Le plus important, selon moi, c’est vraiment de bien récupérer mentalement. Ne pas avoir peur de couper, de refaire tranquille pour repartir sereinement. C’est ce que j’ai fait : j’ai coupé une bonne semaine pour récupérer physiquement et passer du temps avec ma famille et mes enfants. Et après, je me sentais prêt à faire les sacrifices de l’entraînement tranquille avec quelques séances plus dures. J’ai fait ma rentrée sur Hambourg (NDLR : dimanche où il a terminé 31e). J’ai senti que j’ai bien géré. Que j’avais de super sensations comme par le passé. Je me sens prêt à enchaîner. Et, je le répète, l’entraînement, c’est plus une question de tête que de physique. Et, d’une certaine manière, j’ai fait ma préparation lors du Tour. Si on fait un grand tour, on a déjà fait les efforts physiques pour être prêts. Ensuite, il faut garder le rythme. Ne surtout pas trop en faire. Mais faire assez pour retrouver de la fraîcheur. Hambourg, c’était une course sympa pour tester les jambes. Ça me convient bien.

C’est votre quatrième Vuelta, est-ce un grand tour particulier pour vous?

Chaque grand tour a son style particulier. Bien sûr, la Vuelta, c’est quelque chose de spécial. C’est mon premier grand tour, c’est là que j’ai découvert ce niveau et que j’ai pu mesurer l’importance des grands tours dans le sport. C’est aussi là que je me suis découvert comme poisson pilote, à l’époque pour Edward Theuns. On avait gagné le maillot vert et plusieurs étapes avec Mads en 2022. Après, la course sera nouvelle pour tout le monde. On va passer pas mal de temps dans le Nord, dans le Pays basque. On va longer la Méditerranée, Malaga, Grenade. Ce sera une nouvelle route aussi. Et il faut s’attendre à avoir de la chaleur. C’est pour cela que j’ai rajouté un bloc de chaleur, je fais du home trainer avec beaucoup de vêtements pour simuler les grandes chaleurs.

Ce qui change, c’est que le vainqueur est connu d’avance

Tadej Pogačar sera au départ. Est-ce que ça change quelque chose pour vous?

Ce qui change, c’est que le vainqueur est déjà connu d’avance. Donc ça aura un grand impact sur la course en fonction des échappés. Après, j’imagine qu’il a envie de redevenir champion du monde au Canada et donc qu’il n’a pas l’intention de courir à bloc pendant trois semaines. Je verrais bien un scénario dans lequel il profite de l’étape d’Andorre pour prendre une grosse avance et pouvoir ensuite gérer lors de la suite de la course.

Vous l’avez dit, la Vuelta passe par Andorre, chez vous?

Oui. C’était aussi le cas en 2019, mais je n’habitais pas encore là-bas. On ne va pas dire que c’était un point clef dans ma décision de faire également la Vuelta, mais c’était l’occasion de voir la famille et les proches ce jour et la veille, lors de l’arrivée à Font Romeu. On va passer à 300 m de ma maison.

Mais vous ne dormirez pas chez vous?

Non. À l’hôtel. C’est interdit de dormir chez soi!

Qu’est-ce que serait une Vuelta réussie?

Si on peut gagner une étape, ce serait super. J’espère faire un bon poisson pilote pour Bryan ou Alexis (Renard). Être un bon guide pour les sprinteurs. Et sur le plan personnel, j’espère faire deux bons chronos, à commencer par celui de Monaco, dès le premier jour. Et si je peux prendre une échappée pour aller jouer une étape, ce serait vraiment bien! Maintenant, à moi de saisir ma chance pour me glisser dans une échappée. C’est vrai que c’est quelque chose de nouveau pour moi. Pendant sept ans, je devais empêcher l’échappée d’aller au bout, la contrôler ou mettre un des leaders dedans et ensuite mon job était terminé. C’est super intéressant de faire autre chose. Ça motive beaucoup et ça facilite l’entraînement.

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