Vignette belge : «Un périmètre X pour les plaques luxembourgeoises»
Le député Marc Hansen est à l’origine de la lettre adressée aux autorités belges leur demandant de déterminer un périmètre qui serait exempté de la future vignette routière.
Le député Marc Hansen (DP) espère encore que les autorités belges vont écouter les voix qui s’élèvent au Luxembourg pour leur rappeler l’exception d’un territoire qui risque de pâtir de l’introduction d’une vignette routière.
Dans une lettre dont il est l’instigateur, adressée aux responsables politiques régionaux et fédéraux, les quatre députés libéraux membres de la Commission mobilité attirent leur attention sur «une situation transfrontalière d’une densité et d’une coopération tout à fait exceptionnelle», qui demande, selon les députés signataires, «un traitement spécifique».
Il se traduirait par «une exemption territoriale pour les plaques luxembourgeoises, circonscrite à un périmètre clairement déterminé au sein de la zone frontalière belgo-luxembourgeoise». Le député Marc Hansen nous explique l’idée qui pourrait être envisagée.
«S’ils veulent introduire une vignette pour tout le pays, ils peuvent envisager une exemption entre la frontière et la sortie X de l’autoroute ou alors déterminer un périmètre de X kilomètres à partir de toutes les frontières luxembourgeoises avec la Belgique», suggère-t-il.
Une chose est sûre, il ne faut pas attendre que les décisions soient prises pour réagir et entamer des discussions tout de suite.
C’est déjà ce que fait le gouvernement, en avançant sur cette même idée d’exception à la règle. «Il faut aussi montrer à l’exécutif des pays voisins qu’il y a quand même les députés qui se saisissent du sujet et qui montrent que le sujet est important», justifie Marc Hansen. Il multiplie les exemples de la vie quotidienne pour démontrer la lourdeur qu’imposerait cette vignette.
«J’ai joué au foot dans ma région d’Useldange et si aujourd’hui les joueurs doivent faire un déplacement en Belgique, ils doivent penser à prendre cette vignette digitale, idem pour ceux du Nord qui décident d’aller manger à Bastogne». Le député se rend lui-même souvent à Arlon au marché où ils croisent de nombreux Luxembourgeois et ne parle pas de ceux qui visitent Ikea.
« On a le Benelux, on le vit depuis des années. On était à l’origine de beaucoup de textes ensemble. Alors, si les Belges ont maintenant des problèmes de financement pour mettre les routes dans un état un peu acceptable, je peux le comprendre, mais trouvons des solutions pour que la situation reste vivable», insiste le député.
Une réalité chiffrée
Dans leur lettre, les cosignataires rendent compte d’une réalité qui ne doit pas être ignorée par les décideurs belges. En moyenne annuelle en 2025, quelque 51 900 salariés frontaliers résidant en Belgique étaient occupés au Luxembourg.
Au 1er janvier 2026, 18 253 résidents du Grand-Duché étaient de nationalité belge. En Belgique, près de 28 000 résidents ont la nationalité luxembourgeoise. «Ces chiffres ne décrivent pas un phénomène périphérique, mais un espace économique et social profondément imbriqué, dont l’équilibre repose sur la fluidité, la prévisibilité et la proportionnalité des conditions de circulation», écrivent-ils.
Ils réclament «une attention particulière» sur les conséquences que cette vignette pourrait entraîner, notamment au niveau des déplacements avec «un report de circulation vers les voiries locales, avec des conséquences possibles pour la sécurité routière, l’environnement et la qualité de vie», décrivent-ils.
Marc Hansen illustre encore la réalité en prenant l’exemple des habitants de Rambrouch et sa région qui empruntent la N4 vers Martelange pour rejoindre Luxembourg. «Ceux-là vont passer par les petites routes luxembourgeoises», prédit-il.
Vendredi matin au micro de RTL, la ministre de la Mobilité Yuriko Backes, qui s’est rendue jeudi en province de Luxembourg pour une journée de terrain dédiée au ferroviaire et aux déplacements transfrontaliers, n’a pas eu de détails sur la vignette routière, mais a informé que la région flamande avait émis un avis peu favorable à son introduction.
Marc Hansen n’a pas encore pris connaissance de cet avis, mais peut bien s’imaginer que les mêmes problèmes se posent pour les Flamands «avec les voisins des deux côtés. Il y a aussi les Français, les Néerlandais. Je suis sûr que la question n’inquiète pas seulement les Luxembourgeois et notre bassin frontalier» affirme le député.
Marc Hansen se voit déjà expliquer à son ami belge qui l’invite à dîner qu’il va emprunter les petites routes pour venir chez lui.
«On a construit des grands axes que les gens empruntent et maintenant ils vont les éviter pour prendre des itinéraires parallèles, mais qu’est-ce que ça nous apporte? C’est le quotidien qui est perturbé», explique le député.
Ils ne s’opposent pas à une vignette pour ceux qui partent sur la côte belge ou qui se rendent à Bruxelles, mais insiste sur l’exemption du territoire transfrontalier.
Dans leur courrier, les signataires rappellent la modernisation de l’axe ferroviaire Luxembourg-Bruxelles et la mise en place, depuis décembre 2025, d’une liaison directe Libramont-Arlon-Luxembourg qui visent à rapprocher les territoires et faciliter les mobilités quotidiennes.
«L’instauration d’un périmètre frontalier exempté donnerait une traduction concrète, cohérente et immédiatement perceptible à ces engagements récents», concluent-ils.