Une Chambre des députés «plus efficace» fait sa rentrée

En amont de la première séance plénière, le 13 octobre, le président Claude Wiseler souligne les qualités d’une Chambre en mutation. Le travail ne se résume pas aux débats politiques.

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Claude Wiseler était entouré par les chefs de fraction des partis représentés à la Chambre des députés.
Claude Wiseler était entouré par les chefs de fraction des partis représentés à la Chambre des députés.

«Il ne faut plus commander des pizzas tard le soir pour assurer que les députés tiennent le coup», ironise Claude Wiseler au moment d’évoquer les avantages de la nouvelle organisation des travaux en séance plénière. «L’introduction de séances le matin et l’après-midi améliorent l’atmosphère et rend plus efficace notre façon de travailler. Certes les journées sont longues et on est fatigué en fin de séance, mais on évite de siéger jusqu’à tard le soir», appuie le président de la Chambre des députés.

Plus globalement, le Parlement aurait «gagné en efficacité» lors de l’année parlementaire écoulée. En 60 séances publiques et au bout de 221 heures de débats, les députés ont voté 155 projets de loi, soit 40 de plus que lors de la session 2024/2025. S’y aoutent 483 réunions de commissions parlementaires et groupes de travail. Les retransmissions en direct de désormais 18 commissions «est devenu une normalité», avec 238 réunions qui étaient à suivre en direct. «Ce sont les visionnages en différé qui rencontrent le plus de succès. On a enregistré 77 000 vues, soit une moyenne de 323 visionnages par jour», décrypte Claude Wiseler.

Par contre, les pétitions publiques battent un peu de l’aile. Sur les près de 350 requêtes déposées, une seule a abouti à un débat à la Chambre. «La hausse du seuil peut être une explication, mais aucune pétition n’est restée bloquée entre les 4 500 et 5 500 signatures désormais requises», note le président de la Chambre.

Des cyberattaques au quotidien

Au-delà de ces chiffres bruts, les députés et l’administration parlementaire ont à relever des défis de taille dans les mois et années à venir. Les enseignements à tirer du «stress test» de la démocratie en font partie. La cellule scientifique de la Chambre a publié une première série de huit notes «pour déceler les failles de notre système démocratique si un gouvernement veut s’attaquer aux libertés ou à la démocratie», résume Claude Wiseler.

La même cellule scientifique permet aussi de mieux étoffer les débats. Récemment, les chercheurs se sont penchés sur la réforme fiscale, qui figurera comme premier point majeur à l’ordre du jour des députés. «Le rôle de la Chambre va plus loin que le travail législatif. Elle est aussi le lieu pour mener des plus grands débats sur la situation politique et sociétale», souligne le premier citoyen du pays.

Plusieurs questions majeures seront à trancher sur les règles concernant les élections : l’introduction du vote électronique et le droit de vote à accorder aux 160 000 Luxembourgeois vivant à l’étranger, allant du frontalier aux descendants d’émigrés du XIXe siècle résidant au Brésil et aux États-Unis.

Le dernier chantier majeur concerne la sécurité numérique. «La Chambre est visée au quotidien par des attaques de faible ampleur. On ne peut pas retracer leur origine, mais ces cyberattaques visent à infiltrer notre système informatique. En avril de cette année, un serveur a été compromis. «Grâce à une réaction rapide, on a pu éviter de grandes fuites de données», retrace Claude Wiseler.

En parallèle, la sécurité du bâtiment de la Chambre a été renforcée.

L’IA fait son entrée au Parlement

Elle s’était dotée d’une «Charte IA» en 2024. Désormais, la Chambre est «quasiment prête» à lancer le sous-titrage automatique des débats à l’aide de l’intelligence artificielle. «Nous devons encore décider dans quel niveau d’erreurs on sera disposé à assumer. L’un ou l’autre député parle plus clairement, plus proprement ou est mieux compréhensible. Il n’existe pas de fiabilité à 100 %», fait remarquer Claude Wiseler. «Avoir des sous-titres sur une simple émission télévisée est autre chose que lors d’un débat qui peut avoir des conséquences politiques», ajoute le président de la Chambre.

Une fois en place, ce nouvel outil doit permettre d’améliorer le suivi des débats, notamment pour les personnes sourdes ou malentendantes. Le sous-titrage facilitera aussi la retranscription en luxembourgeois et la traduction vers d’autres langues.

En parallèle sera introduit un assistant de recherche pour mieux s’orienter sur le site internet de la Chambre. Cet outil d’IA est développé en coopération avec le ministère de la Digitalisation.

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