Steinfort craint les embouteillages à venir

Le bourgmestre Sammy Wagner (LSAP) avance des chiffres éloquents sur les futurs embarras de circulation. Il redoute une situation pénible pour les riverains et les automobilistes.

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La commune de Steinfort craint l'arrivée de la vignette routière belge.
La commune de Steinfort craint l'arrivée de la vignette routière belge.

Steinfort, son église Sainte-Walburge, son parc d’accrobranche et peut-être bientôt malheureusement ses embouteillages interminables pour éviter la vignette routière belge. Une décision impopulaire, même en Belgique, qui entraînera des conséquences sur le réseau routier frontalier. Pour Sammy Wagner (LSAP), bourgmestre de Steinfort, la pilule passe mal : «Je ne suis pas satisfait de cette mesure qui va engendrer des répercussions sur un système déjà sous pression.» Dans les villages de la commune, les habitants craignent une explosion du trafic. «Ils sont vraiment inquiets.»

Pour cause, l’automobiliste luxembourgeois qui souhaite se rendre dans la zone d’activité commerciale de Sterpenich devra suivre un parcours du combattant. Sortir à Windhof, passer par Kleinbettingen avant de se diriger vers Grass et finalement arriver à destination. Sammy Wagner évoque un chiffre qui ne ravira pas les habitants de ce petit village collé à la frontière : 3 600 passages de véhicules supplémentaires par jour (allers et retours). Son calcul repose notamment sur le fait que l’Ikea d’Arlon est ouvert 306 jours par an et que 55 % de son million de visiteurs annuels viennent du Luxembourg. Mais il faut ajouter à ces 3 600 passages ceux des personnes souhaitant se rendre dans les autres commerces du zoning commercial belge fort fréquenté.

Malgré les désagréments annoncés, aucun plan concret ne se dessine à cette heure afin de désengorger les villages. Pour cause principale, l’absence de clarté des autorités belges sur les axes concernés par la mesure. «Par exemple, nous n’avons encore aucune idée des emplacements futurs des caméras ANPR (NDLR : permettant, entre autres, de déterminer qui est en ordre de vignette). Si ce système de contrôle se trouve après la sortie Sterpenich, il ne devrait pas y avoir de problème pour nous. En revanche, si la Belgique décide de l’installer au niveau de la frontière, ce serait complètement différent.» Sammy Wagner explique qu’il va prendre contact avec la ministre de la Mobilité et des Travaux publics Yuriko Backes (DP) afin d’étudier une solution aux problèmes de trafic à venir.

Neuf euros par visite chez Ikea

Le bourgmestre prévient en outre des conséquences économiques sur les commerces belges. «S’il faut payer neuf euros par visite chez Ikea ou au complexe commercial de Messancy sans même être certain d’y acheter quelque chose, les Luxembourgeois se tourneront vers des commerces au Grand-Duché. Un nouveau centre commercial a ouvert à Wickrange et nous ne sommes pas loin de Cloche d’Or. Mais je trouve dommage de se priver d’une grande partie des enseignes que nous fréquentions.»

Face à une mesure encore floue, les autorités luxembourgeoises attendent d’en savoir plus. «J’espère toujours un revirement du côté belge. Au moins un changement de leurs plans avec une alternative à la vignette pour la zone frontalière», conclut le bourgmestre de Steinfort.

Tout savoir sur la vignette belge

Présentée au mois de mars dernier par le gouvernement flamand et approuvée en juillet par les instances wallonnes et bruxelloises, cette mesure a pour objectif de financer le système routier en répartissant plus équitablement les taxes sur tous les usagers, y compris étrangers. Selon les tarifs publiés par le gouvernement flamand, elle coûterait entre 8,10 et 11,25 euros par jour et entre 100 et 125 euros par an selon la norme Euro de votre véhicule. Vous pourrez l’acheter dès le 1er mars 2027 sur un site officiel ou via des partenaires agréés (des stations-services par exemple). Les premières amendes devraient tomber après deux mois de tolérance, à partir du 1er juillet.

Si les automobilistes belges devraient bénéficier d’une réduction d’impôts via un allègement de la taxe de circulation, il n’en est rien pour les autres. En passant outre la question du coût pour les étrangers, une question se pose : si chaque pays décide d’appliquer l’exemple belge en instaurant une taxe universelle pour utiliser son réseau routier, que restera-t-il de la libre circulation au sein de l’Union européenne?

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