Plus de 200 millions d’euros par an pour enrayer la pauvreté infantile
Le gouvernement mise sur une nette revalorisation des prestations familiales pour permettre aux jeunes de vivre sans privations financières et matérielles. Les ajustements prendront effet en 2027.
Selon les chiffres actualisés du Statec, les jeunes demeurent particulièrement touchés par la précarité. Plus d’un jeune sur cinq parmi les moins de 18 ans (22,2 %) se trouve aujourd’hui en risque de pauvreté. «Ainsi, près de 30 000 jeunes sont touchés par la pauvreté, dont environ 17 000 enfants de moins de 12 ans (17,5 %)», avance l’Institut national de statistiques dans une récente publication.
Dès le début de son mandat, fin novembre 2023, le Premier ministre, Luc Frieden, s’était fixé comme priorité absolue de lutter contre la pauvreté infantile. Fin avril, le Conseil de gouvernement a adopté, dans ce contexte, une mesure phare : la revalorisation des prestations familiales, accompagnée d’une nouvelle aide financière – le complément de vie chère (CVC) – pour soutenir de manière ciblée les «ménages à revenus modestes face à l’augmentation continue du coût de la vie».
Dans le projet de loi déposé ce jeudi, le ministre de la Famille, Max Hahn, détaille davantage la réforme qui s’inscrirait dans la «volonté du gouvernement de (…) lutter efficacement contre la pauvreté et l’exclusion au Grand-Duché». La priorité est d’augmenter le soutien aux enfants et à leurs familles, à l’aide d’un budget de référence moyen par catégorie d’âge qui sera pris en charge par l’État.
Le ministère de la Famille s’oriente d’après le panier de biens et services établi par le Statec pour définir un budget minimum dont ont besoin les jeunes pour vivre sans privations matérielles et financières. Sont pris en compte les coûts pour l’alimentation, les vêtements, les produits d’hygiène, les frais de santé, les fournitures scolaires ainsi que les produits et activités liés à la vie sociale. Le coût d’un vélo peut aussi entrer en compte.
«Le budget minimum (…) tend à augmenter avec l’âge, tandis que la part de ce budget couverte par les allocations directes diminue», précise le ministre de la Famille. Le Statec a ainsi constaté que pendant la petite enfance, les allocations couvrent «de manière très généreuse les besoins minimums». Entre 8 et 14 ans, les allocations ne couvrent plus qu’un quart des besoins. Pour les adolescents, la couverture se limite à 46 %.
De 391 à 698 euros mensuels
La revalorisation des allocations familiales – de 45 euros pour les 0-11 ans et de 60 euros pour les plus de 12 ans (lire ci-contre) – et le nouveau CVC doivent permettre, à partir de 2027, de couvrir le budget de référence. «En effet, l’ensemble de ces mesures vise à renforcer le soutien apporté aux familles et à atténuer la charge financière liée à la présence d’un ou plusieurs enfants au sein du ménage», souligne Max Hahn.
La base des calculs réalisés par le Statec repose sur les chiffres du second semestre 2025.
Pour les 0 à 3 ans, ce budget s’établit en moyenne à 391 euros mensuels. Le montant revalorisé des allocations (352 euros) et les primes de naissance (48 euros par mois) couvrent l’intégralité des besoins. On arrive à un total de 401 euros.
Pour les 4 à 5 ans, le budget moyen nécessaire est fixé à 365 euros. Après prise en compte des allocations (352 euros), il subsiste un déficit de 152 euros par an, qui sera pris en charge par le CVC.
Pour les 6 à 11 ans, il faut compter en moyenne 465 euros, couverts par les allocations (375 euros), l’allocation de rentrée scolaire (15 euros par mois) et le CVC, qui prendra en charge le déficit de 879 euros par an (75 euros par mois).
Reste la tranche d’âge des plus de 12 ans avec un budget moyen de 698 euros mensuels. Aux allocations (410 euros) s’ajoute l’allocation de rentrée scolaire (27 euros par mois). Le déficit de 261 euros par mois sera couvert par le CVC.
Le ministre de la Famille informe que la hausse des différentes allocations engendrera pour l’année 2027 un surcoût budgétaire de 166,4 millions d’euros. En 2028, le montant passera à 205,7 millions d’euros. La réforme tournera à plein régime à partir de l’année 2028. En 2029, le surcoût sera de 211,2 millions d’euros et en 2030 de 217,3 millions d’euros.