Piste cyclable de Steinfort : «aucun impact négatif» à prévoir, selon les ministres

Alors que le premier coup de pelle de la très controversée piste cyclable PC12, sur l’ancienne ligne de chemin de fer de l’Attert, a été donné lundi, le gouvernement se défend et promet un projet «conforme» et «sécurisé».

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Le projet de piste cyclable transfrontalière entre le Luxembourg et Arlon a été officiellement lancé lundi avec un premier coup de pelle.
Le projet de piste cyclable transfrontalière entre le Luxembourg et Arlon a été officiellement lancé lundi avec un premier coup de pelle.

Après les critiques virulentes des riverains de Hagen, les ministres de la Mobilité et de l’Environnement montent au créneau pour défendre le projet de piste cyclable entre Kleinbettingen et Steinfort (lire encadré ci-dessous).

Dans deux réponses à des questions parlementaires distinctes, ils rejettent ainsi tout manquement et se veulent rassurants sur les risques environnementaux et sanitaires, pourtant dénoncés il y a tout juste une semaine par la douzaine d’habitants en colère.

Premier point sensible : la contamination de l’ancienne voie ferrée, au cœur des inquiétudes. Le gouvernement reconnaît la présence d’anciens matériaux potentiellement polluants, mais insiste sur les mesures prévues durant les travaux.

«Les traverses en bois seront entièrement retirées dans le cadre du projet», assurent ainsi Yuriko Backes (DP) et Serge Wilmes (CSV), rappelant qu’elles étaient autrefois traitées à la créosote (NDLR, des huiles extraites de goudrons). Leur enlèvement et leur traitement par une entreprise spécialisée doivent donc permettre, selon eux, «une amélioration de la situation».

Plus largement, les autorités affirment que le chantier a été encadré en amont par des études approfondies. «Toutes les analyses de sol nécessaires ainsi que des études ont été réalisées par un bureau d’études spécialisé», précisent-elles, ajoutant que les travaux seront réalisés «dans le strict respect» des conclusions et des contraintes techniques.

L’ancienne voie, qui a été exploitée pendant un siècle, surplombe les jardins de riverains à Hagen. (Photos : dr)
L’ancienne voie, qui a été exploitée pendant un siècle, surplombe les jardins de riverains à Hagen. (Photos : dr)

Sur cette base, le gouvernement se veut catégorique : «Aucun impact négatif sur les habitants n’est à prévoir», que ce soit en matière de contamination ou d’écoulement des eaux (là aussi sources d’inquiétude pour les riverains), «y compris lors de fortes précipitations».

Pour renforcer la sécurité du site, des dispositifs techniques spécifiques sont également mis en œuvre, précisent Yuriko Backes et Serge Wilmes. Le ballast sera notamment isolé par «une double membrane composée de géotextile et de bentonite», créant «une barrière contre les substances polluantes, selon le principe d’une barrière physique».

Une compensation financière

Autre point contesté par les riverains : la conformité du projet aux règles en vigueur. Là encore, les ministres balaient les critiques d’un revers de la main. Ils l’assurent : «Le projet dispose d’un permis de construire valide», délivré conformément à la législation, et «toutes les prescriptions en matière de protection de la nature sont intégralement respectées».

Concernant la destruction de biotopes, évoquée après l’abattage d’arbres dénoncé par les habitants, le gouvernement confirme bien que des éléments protégés ont été supprimés, mais souligne que cette intervention était encadrée. «Des biotopes protégés ont dû être supprimés», reconnaissent les ministres, tout en précisant qu’une partie est «compensée directement sur le tracé par des mesures dites in situ» et que le reste fait l’objet d’une «compensation financière».

Sur la question de la stabilité des terrains et des risques de glissement, également soulevée par les riverains, l’exécutif se veut tout aussi rassurant : «Aucune instabilité ni aucun risque de glissement de terrain ne sont à prévoir», la piste étant aménagée «au niveau de l’ancienne ligne ferroviaire».

Une délégation reçue

Reste la question du dialogue avec les citoyens, point central de la colère des habitants. Là encore, le gouvernement défend son action, tout en reconnaissant certaines limites. S’il affirme que la commune a été «régulièrement informée» et que toutes les demandes écrites ont reçu une réponse, il admet qu’«il n’est pas toujours possible de coordonner en détail chaque phase avec l’ensemble des citoyens».

Les ministres soulignent néanmoins que l’objectif reste «d’informer les habitants en temps utile», et indiquent qu’une «représentation des riverains a été reçue par l’administration des Ponts et Chaussées» pour répondre à leurs interrogations.

Enfin, concernant le recours gracieux introduit par les habitants à l’automne 2025, le ministère de l’Environnement précise qu’une réponse a été apportée en mars 2026. Reste à savoir si toutes ces informations satisferont les premiers concernés : rappelons qu’il aura fallu plus d’un an, le recours à un avocat et la saisine de l’Ombudsman pour qu’ils obtiennent enfin un début de réponse à leurs questions.

Un projet de presque 10 millions d’euros

Le projet de piste cyclable transfrontalière entre le Luxembourg et Arlon a été officiellement lancé lundi avec un premier coup de pelle. Cette future liaison sécurisée d’environ 10 km, dont 5,2 km côté luxembourgeois entre Kleinbettingen et Steinfort, vise à offrir une alternative à la voiture pour les plus de 30 000 frontaliers belges qui traversent chaque jour la frontière.

Le tracé passera en partie par l’ancienne ligne ferroviaire donc, source de conflit nous l’avons vu, avec un accès direct à la gare de Kleinbettingen et des aménagements pour «préserver la biodiversité». Côté belge, les travaux débuteront en fin d’année le long de la N4.

Présentée comme un «symbole de coopération belgo-luxembourgeoise», la piste représente un investissement de 9,8 millions d’euros, financé en partie par l’Union européenne, pour une mise en service prévue début 2028.

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