Pétition pour légaliser le spray au poivre : «Je ne pensais pas qu’elle susciterait autant d’intérêt»

La pétition publique réclamant la légalisation du spray au poivre et des armes d’alarme a obtenu les 5 500 signatures nécessaires pour faire l’objet d’un débat à la Chambre des députés.

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La détention du spray au poivre sera débattue à la Chambre.
La détention du spray au poivre sera débattue à la Chambre.

Il s’agit d’une première victoire pour son initiateur. La pétition, qui vise notamment à autoriser la détention de spray au poivre, sera prochainement examinée par les députés.

«Quand j’ai lancé cette pétition, je ne pensais pas qu’elle susciterait autant d’intérêt», reconnaît d’emblée Alexandre Titeux, le pétitionnaire.

Le texte devait recueillir 5 500 signatures avant le 4 novembre. Cet objectif a toutefois été atteint dès mardi, garantissant ainsi la tenue d’un débat public.

«J’espère que cela permettra d’ouvrir un véritable dialogue sur un sujet qui divise. Certaines personnes craignent de possibles abus. Je comprends cette position, mais il faut pouvoir en discuter», explique le jeune homme à l’origine de la démarche.

Il espère cependant que les discussions porteront principalement sur le spray au poivre plutôt que sur les armes d’alarme, également mentionnées dans la pétition.

«La question qui m’a poussé à lancer cette pétition était la suivante : quels sont les moyens concrets et légaux dont dispose une personne qui n’a pas la possibilité de fuir et qui se retrouve face à un agresseur?»

Deux débats séparés

Alors que la pétition porte à la fois sur la détention de spray au poivre et sur celle d’armes d’alarme, le jeune homme espère que les deux sujets seront traités distinctement.

«Après avoir publié la pétition, je me suis rendu compte que l’association du spray au poivre et des armes d’alarme était quelque peu risquée. Les armes d’alarme pourraient brouiller le message concernant la détention d’un spray au poivre», reconnaît Alexandre Titeux.

Quoi qu’il en soit, la question du port du spray au poivre et aussi celle du sentiment de sécurité seront prochainement abordées à la Chambre.

Une perspective plutôt bien accueillie par les associations qui militent pour les droits des femmes ou viennent en aide aux victimes de violences.

Prévenir la violence

Si la plupart d’entre elles ne souhaitent pas se prononcer sur l’éventuelle légalisation du spray au poivre, l’ASBL Ask for Angela, implantée à Esch-sur-Alzette, remet en question l’idée selon laquelle les femmes devraient assurer elles-mêmes leur protection face à la violence, plutôt que de s’attaquer en priorité aux comportements des auteurs.

«Le port de spray au poivre constitue une forme supplémentaire d’autodéfense. Même si nous comprenons pourquoi certaines femmes souhaitent disposer de cette option, nous estimons que la priorité du gouvernement devrait être avant tout de prévenir les violences», indique l’association, qui regrette qu’il ait fallu attendre cette pétition pour que le sujet soit débattu publiquement.

«Nous constatons que l’homme à l’origine de la pétition a agi à la suite d’une expérience personnelle, alors que les femmes témoignent depuis des années des violences, du harcèlement et du sentiment d’insécurité qu’elles subissent. Nous saluons cette mobilisation, mais nous nous demandons pourquoi la même urgence n’a pas été ressentie pour lutter contre des violences que les femmes dénoncent depuis si longtemps.»

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