La Journée de l’Europe permet de «rendre le Parlement européen plus accessible»

Au Kirchberg, la Journée de l’Europe a attiré plus de 4 000 visiteurs. Pour l’occasion, une dizaine de stands visaient à éclairer les citoyens sur le fonctionnement de l’Europe.

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Plus de 4 000 personnes se sont déplacées au Kirchberg pour ce 9 mai. (Photos : didier sylvestre)
Plus de 4 000 personnes se sont déplacées au Kirchberg pour ce 9 mai. (Photos : didier sylvestre)

Les petits drapeaux européens étaient de sortie, ce samedi au Kirchberg. Dans les mains des enfants, tout droit sortis des sacs remplis de brochures, le bleu et les étoiles accompagnent les visiteurs venus célébrer la Journée de l’Europe au Parlement européen à Luxembourg.

Un rendez-vous particulier dans la mesure où le Grand-Duché est le seul État membre de l’Union européenne où le 9 mai est un jour férié. De quoi donner à cette journée des airs de «fête nationale européenne», idéale pour une sortie en famille.

Une fois les portiques de sécurité passés, le public peut (re)découvrir l’Europa Experience. Cet espace propose plusieurs activités pour les enfants, comme une station de réalité virtuelle ou un cinéma immersif afin de rendre la compréhension des institutions européennes un peu plus divertissante.

L’Europa Experience, une manière ludique d’aborder les institutions.
L’Europa Experience, une manière ludique d’aborder les institutions.

C’est dans cet espace que Camille et Valentine viennent tout juste d’arriver. Ces deux jeunes Françaises ont profité de ce jour d’ouverture pour «visiter le Parlement et découvrir un peu comment ça fonctionne». Pro-européennes, elles pensent que «l’Europe permet des échanges importants entre les pays» et qu’«il est important d’être unis, car nous sommes plus forts ensemble». L’Union, pour elles, c’est aussi «le partage culturel et la possibilité de voyager», par exemple en venant librement au Luxembourg ce samedi.

Dans les couloirs, le français se fait certes entendre, mais l’anglais sert souvent de langue commune. Car oui, autour des stands, les nationalités se mélangent entre Luxembourgeois, frontaliers ou touristes venus de plus loin. Hugo et Ben sont deux visiteurs néerlandais de passage dans la capitale et leur arrivée est (presque) due au hasard : «C’est ChatGPT qui nous a suggéré de venir ici», racontent-ils en souriant. Les affiches aperçues sur les arrêts de tram les ont ensuite convaincus que c’était l’incontournable du jour.

«Nous sommes très favorables à l’Europe», disent-ils. Eux aussi souhaitent comprendre le rôle du Parlement à Luxembourg. «On parle du Parlement européen à Bruxelles et à Strasbourg, mais on ne sait pas vraiment ce qui se passe ici.» Ils notent aussi l’attachement visible du Luxembourg à l’Europe, plus marqué selon eux qu’aux Pays-Bas, où «beaucoup ne voient pas ce que l’Europe apporte».

Apporter des réponses

Lorsque le visiteur quitte l’Europa Experience, les escaliers le mènent vers les dix stands d’information qui entendent répondre à cette question centrale. Selon Christoph Schroeder, le but du dispositif est de «rendre le Parlement européen plus accessible aux citoyens». Ce chef du bureau de liaison du Parlement européen au Luxembourg est aussi l’organisateur de cette zone d’information.

La journée permet de montrer concrètement «comment travaille le Parlement européen, mais aussi quels services sont présents à Luxembourg». Christoph Schroeder explique ainsi que la ville de Luxembourg accueille «un siège administratif important du Parlement européen», où environ 2 300 personnes travaillent.

Pour les questions plus précises, le stand «Ask EP» animé par Wolfgang Rackebrandt est la porte d’entrée. «En temps normal, notre travail se fait surtout par écrit», précise-t-il. Ce stand sert d’introduction au Citizens’ Enquiries Unit : un service qui a recensé «plus de 100 000 questions l’année dernière», posées grâce à un formulaire de contact.

Mais en cette journée de samedi, les requêtes peuvent être effectuées sur place. «Une pharmacienne m’a demandé si l’UE avait prévu d’améliorer la situation de certains médicaments indisponibles ici», raconte-t-il. Dans ce cas précis, la réponse relève surtout des États membres, mais Wolfgang Rackebrandt insiste sur la manière de répondre : «Nous ne disons jamais simplement « ce n’est pas de notre compétence ».»

Les retours des citoyens sont parfois critiques. Cela ne gêne pas le fonctionnaire européen : «Les gens ont le droit d’exprimer leur frustration, à la condition que la réponse reste polie et correcte.»

Expliquer son travail

Une des grandes nouveautés de cette édition se trouve tout en haut du bâtiment Konrad-Adenauer, avec une visite du rooftop. «Dès que le système de réservation a été mis en ligne, toutes les places ont été prises en trois jours», souligne Christophe Schroeder. Et l’une des chanceuses se nomme Paola, accompagnée de sa fille Allegra.

Habitant à Luxembourg, elles sont ravies de pouvoir observer le quartier européen depuis le 16e étage et de situer d’autres institutions comme la Cour de justice de l’Union européenne. «C’était très agréable», nous confie Paola, qui avoue profiter de la journée pour aussi s’informer sur les opportunités de stage. «L’une de mes filles est intéressée par la possibilité de travailler plus tard dans les institutions européennes», explique-t-elle, brochures en main.

L’occasion pour l’UE de présenter ses différents métiers, comme l’interprétation.
L’occasion pour l’UE de présenter ses différents métiers, comme l’interprétation.

Cette curiosité, Paola n’est pas la seule à l’avoir. Sur le stand des traducteurs et interprètes du Parlement européen, Ruzica Coric affirme que des visiteurs viennent effectivement s’informer à ce sujet. L’occasion pour cette traductrice croate, aux quinze années d’expérience, de présenter son travail : «Le Parlement européen assure la traduction dans les 24 langues officielles de l’Union européenne.»

Elle précise que les traducteurs, chargés des textes écrits, sont basés à Luxembourg, tandis que les interprètes, qui travaillent sur la parole lors des réunions et débats, sont généralement installés à Bruxelles. Pour elle, travailler au sein des institutions est une expérience «très intéressante et enrichissante, surtout pour les jeunes».

À l’instar de Ruzica, près de 150 personnes sont mobilisées en ce 9 mai, malgré le jour férié. Un effort largement récompensé, car plus de 4 000 visiteurs se sont déplacés, soit une hausse de 20 % par rapport à 2025. Une affluence qui réjouit Christoph Schroeder, surtout au regard de l’intérêt et des retours du public.

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