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Journée de commémoration nationale : «Le souvenir est une mission»
Le Premier ministre, Luc Frieden, et le Grand-Duc Guillaume ont assisté, ce dimanche, aux cérémonies organisées dans le cadre de la Journée de la commémoration nationale.
«Nous sommes ici aujourd’hui pour nous souvenir. De ceux qui ont combattu. De ceux qui ont été persécutés, déportés et assassinés. De ceux qui ont été contraints de revêtir un uniforme étranger. Et de ceux qui ont dit non – alors même qu’ils savaient ce que ce non pouvait impliquer. Mais le souvenir est plus qu’un regard en arrière. Le souvenir est une mission», a déclaré le Premier ministre Luc Frieden ce dimanche matin devant le monument de la Solidarité, au pied de la Gëlle Fra.
Dans son discours, il a rappelé l’importance de cette journée, évoquant «un moment central de mémoire nationale».
La Journée nationale de commémoration trouve son origine dans le recensement du 10 octobre 1941. Sous le prétexte d’un recensement de la population, des données personnelles devaient être collectées afin, entre autres, d’identifier la population juive et de contraindre les Luxembourgeois à répondre aux questions concernant leur langue maternelle et leur prétendue «appartenance ethnique» par «allemand». Mais de nombreux résistants se sont élevés, il y a 85 ans, pour combattre ce recensement qui fut annulé.
«Ils ont mis leur vie en danger, ainsi que celle de leurs familles. Beaucoup ont payé leur engagement de leur vie. Aujourd’hui, nous honorons leur courage et leur engagement pour un Luxembourg libre et indépendant», a souligné le Premier ministre.
«Il nous incombe de porter plus loin la signification de cette journée»
Luc Frieden a également tenu à rendre hommage «aux plus de 10 000 jeunes Luxembourgeois qui ont été enrôlés de force dans l’armée de l’occupant, aux milliers de jeunes femmes du Service du travail et d’aide de guerre (Arbeits- et Kriegshilfsdienst), aux familles déplacées et aux plus de 1 200 juifs du Luxembourg qui ont été victimes de la Shoah».
À la fin de son allocution, il a réaffirmé l’importance de la sauvegarde de cette journée pour les générations futures. «Aujourd’hui, il nous incombe de porter plus loin la signification de cette journée. Non seulement avec des fleurs et des discours. Mais par la manière dont nous vivons. Chaque jour. Les générations dont nous nous souvenons aujourd’hui nous ont légué une société libre. Il nous appartient de la protéger», a-t-il conclu.
Une première pour Guillaume
En ouverture des cérémonies, le Grand-Duc Guillaume, monté sur le trône il y a un an, a déposé une couronne devant le monument national de la Solidarité luxembourgeoise (Kanounenhiwwel).
Pour la première fois, le souverain a prononcé à l’occasion de la Journée de la commémoration nationale un discours devant les membres du gouvernement et plusieurs invités et associations. Il a souligné l’importance de la transmission de cette mémoire aux générations futures «à l’heure où les positions politiques extrêmes se font à nouveau entendre en Europe, ravivant le souvenir d’une des périodes les plus sombres de l’histoire».
«Aujourd’hui, nous sommes également réunis pour tourner notre regard vers l’avenir, conscients de la responsabilité que nous transmet l’histoire, mais aussi avec confiance dans les générations qui nous succéderont», a développé le Grand-Duc.
Le souverain a également tenu à rendre «hommage aux résistants, aux enrôlés de force, aux victimes de la Shoah ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui ont souffert de la persécution et de la violence» pendant la Deuxième Guerre mondiale.
La journée a été marquée par d’autres cérémonies, au monument à la mémoire des victimes de la Shoah (Kaddish), au mémorial de la Déportation à Luxembourg-Hollerich et au monument national de la Résistance et de la Déportation (Hinzerter Kräiz).