Incendie en Belgique : la qualité de l’air se dégrade au Luxembourg
Un pic de pollution dû à l’incendie en Belgique a été enregistré au Luxembourg ce week-end. Ce lundi, le taux de particules fines dans l’air a dépassé le seuil d’alerte.
Les fumées du gigantesque incendie qui ravage les Hautes Fagnes, dans l’est de la Belgique, ne se sont pas arrêtées à la frontière. Après avoir été perceptibles durant le week-end dans plusieurs régions du Luxembourg, elles ont entraîné une dégradation de la qualité de l’air, alors que les autorités appellent à la prudence.
Le panache de fumée, poussé par les vents, a traversé une partie de l’Allemagne avant d’atteindre le Grand-Duché. Une forte odeur de brûlé a été ressentie dans plusieurs communes. Le phénomène reste très dépendant des conditions météorologiques et de l’orientation des vents. Selon les prévisions, le vent doit progressivement venir du nord, ce qui pourrait modifier les zones touchées.
Des particules dans l’air
Au-delà de la gêne olfactive, les fumées transportent des polluants issus de la combustion, notamment des particules fines. «Elles se forment à cause de l’incendie et sont amenées au Luxembourg par le vent», détaille Anne Majerus, directrice adjointe de l’administration de l’Environnement.
La situation a été suffisamment marquée pour que le seuil d’alerte concernant les particules fines soit dépassé : «Nous commencions déjà à constater une augmentation des valeurs dimanche soir.» Le phénomène s’est ensuite développé dans la nuit avant de conduire à un dépassement lundi.
L’épisode s’inscrit dans un phénomène de pollution transfrontalier, également observé en Moselle, où l’organisme de surveillance Atmo Grand Est a déclenché une procédure d’information et de recommandation en raison de concentrations élevées de particules PM10.
Cette pollution ne signifie toutefois pas que le Luxembourg est directement menacé par l’incendie. Les fumées sont transportées sur plusieurs dizaines, voire centaines, de kilomètres par les masses d’air. Leur concentration au niveau du sol dépend notamment de la direction et de la force du vent, mais aussi des conditions de dispersion atmosphérique.
Une situation appelée à s’améliorer
La situation devrait progressivement s’améliorer au Luxembourg. Les vents doivent basculer vers le nord-ouest puis l’ouest dès mercredi matin, avant de s’orienter vers le sud-ouest et de se maintenir ainsi au moins jusqu’à jeudi. Cette évolution devrait favoriser la dispersion des fumées et réduire leur impact sur le pays.
Des odeurs de brûlé ou des traces de fumée pourraient toutefois encore être constatées localement dans les prochains jours. Et le risque de dépassement du seuil journalier de 50 microns par mètre cube demeure lui aussi présent localement. «Même si les prévisions montrent une accalmie, nous ne pouvons jamais être sûrs à 100 %», précise Anne Majerus.
Les nuisances peuvent apparaître ou disparaître en fonction des vents. La pluie pourrait également aider, car elle «lave les particules» présentes dans l’air. Les autorités luxembourgeoises suivent donc l’évolution de la qualité de l’air en coordination avec leurs partenaires étrangers. Mais pour que la situation revienne réellement à la normale, il n’y a pas de solution miracle : «Il faut que les feux s’arrêtent.»
Pour contribuer à limiter la pollution, les autorités recommandent également aux citoyens de privilégier les transports en commun et le covoiturage et d’éviter les feux de cheminée en foyer ouvert.
Les concentrations de particules fines PM10 et PM2,5 mesurées au Luxembourg peuvent être suivies en temps réel sur le site de l’administration de l’Environnement. L’application «Meng Loft» permet, elle, de consulter les valeurs calculées sur 24 heures.