En 2026, l’État va investir 32,6 milliards d’euros pour «croître ensemble»
Le ministre des Finances, Gilles Roth, a dévoilé ce mercredi matin les contours du budget de l’État pour 2026. Les chiffres clés : les dépenses 32,6 milliards d’euros ne pourront pas être contrebalancées par des recettes de 31,1 milliards d’euros. Le déficit se situera ainsi à 1,49 milliard d’euros. Un déséquilibre pleinement assumé par le gouvernement, qui veut mener une «politique anticyclique» pour permettre au pays de continuer à «croître ensemble».
Le trésorier en chef de l’État était attendu au tournant, au vu des importantes dépenses supplémentaires que la main publique aura à assumer en 2026. À commencer par un effort de défense qui augmentera, en 2026, à 1,3 milliard d’euros (+500 millions d’euros par rapport à 2025) pour atteindre le seuil de 2 % du revenu national brut, imposé par l’OTAN.
Les mesures décidées unilatéralement par le gouvernement dans le cadre des récentes tractations tripartites – qui se sont soldées par un échec – se chiffrent à 190 millions d’euros non budgétisés, dont une augmentation de la contribution étatique au régime de pension de 190 millions d’euros en raison de l’augmentation du taux de cotisation global de 24 % à 25,5 % en 2026.
Une année 2026 «plus compliquée» s’annonce
La charge supplémentaire qui n’était pas prévue dans le budget pluriannuel se totalise à 900 millions d’euros.
Le contexte géopolitique tendu et la situation économique – une croissance du PIB limitée à 1 % en 2025 et à 2 % en 2026 – ne facilitent pas les choses, même si les recettes globales devraient augmenter à 31,1 milliards d’euros en 2026 contre 29,6 milliards d’euros en 2025 (+4,9 %).
En parallèle, les dépenses passent de 30,6 milliards d’euros à 32,6 millions d’euros (+5,7 % par rapport à 2025). Le déficit prévisionnel va donc s’établir à 1,49 milliard d’euros. Une détérioration du solde de 400 millions d’euros par rapport au budget pluriannuel de 2025.
La dette publique se stabilise à 27 % du PIB
«Oui, 2026 va être une année plus compliquée. Mais, nos finances publiques sont suffisamment solides pour tenir compte d’un monde en déséquilibre», note le ministre Gilles Roth, au moment du dépôt de son projet de budget, ce mercredi, à la Chambre des députés. «En ces temps, il est essentiel de souligner que toutes ces dépenses sont importantes pour notre pays et ses citoyens. Ce budget est donc la preuve d’une politique volontariste et anticyclique pour permettre de croître ensemble», renchérit-il.
Un de ses satisfecits est que la dette publique va rester en dessous des 30 % du PIB, une limite appliquée par les gouvernements successifs pour éviter toute dérive financière. Elle se stabilise autour des 27 %. «Nous allons devoir continuer à emprunter de l’argent afin de financer les dépenses supplémentaires consacrées à notre défense et l’augmentation des investissements. Le Luxembourg est le deuxième pays le moins endetté de la zone euro. Cela est important pour conserver notre triple A et pour la prochaine génération», défend Gilles Roth.
Un total de 4,9 milliards d’euros pour le bien-être
Les priorités budgétaires sont notamment la défense, la cohésion sociale, le logement, la lutte contre la pauvreté, les soins de santé, l’éducation, la digitalisation, la durabilité et la mobilité.
Pour la première fois, le PIB du bien-être sert de fil rouge pour le budget, avec une enveloppe totale de 4,9 milliards d’euros (5,2 % du PIB) : 3,3 milliards d’euros pour la lutte contre la pauvreté, 500 millions d’euros pour augmenter le revenu disponible et le niveau de vie tout comme 400 millions d’euros axés pour réduire le coût du logement.
Les transferts sociaux représentent 46 % des dépenses de l’État pour 2026.
Des milliards d’euros pour les familles, le logement et la mobilité
D’autres montants majeurs qui sont à mettre en avant : 1,6 milliard d’euros pour la Caisse pour l’avenir des enfants; 1,3 milliard d’euros pour le Fonds pour l’emploi; 2 milliards d’euros sur 4 ans pour les logements abordables; 4,7 milliards d’euros pour la construction et la modernisation de lycées et d’autres infrastructures destinées aux jeunes; 3,4 milliards d’euros pour la mise en œuvre du plan national pour l’énergie et le climat ou encore 3,66 milliards d’euros pour de dotations étatiques pour les communes.
L’investissement dans la modernisation du pays équivaut à 4,8 du PIB, soit 500 millions d’euros par rapport à la moyenne des quatre dernières années. Dans le réseau ferroviaire seront investis 3,4 milliards d’euros sur les 4 ans à venir. S’y ajoute, pour 2026, une enveloppe de 73,8 millions d’euros consacrée à l’extension du réseau du tram. Le réseau routier va être modernisé et étendu pour un montant de 2,6 milliards d’euros entre 2026 et 2029.
«Nous voulons créer plus de croissance»
«Avec le budget 2026, suivant la devise Croître ensemble, nous voulons créer plus de croissance afin de renforcer le Luxembourg et ses habitants. Ce budget mise sur de nouvelles voies pour créer pour la relance de la croissance. Avec toujours le citoyen qui est placé au centre des préoccupations. Avec la volonté de créer plus de prospérité et de bien-être», résume le ministre des Finances.
Le projet de budget se trouve désormais entre les mains du rapporteur Maurice Bauer (CSV). Le travail législatif va commencer dès ce vendredi, avec un vote prévisionnel en plénière à la mi-décembre.