Carla Carvalho : «Un élève reste avant tout un enfant»
Élue en mars dernier, Carla Carvalho vient d’effectuer sa première rentrée en tant que présidente de la représentation nationale des parents. L’occasion de détailler les sujets qu’elle souhaite porter cette année.
Mardi 15 septembre, plus de 64 000 élèves de l’école fondamentale ont fait leur rentrée au Luxembourg. Parmi les parents qui ont accompagné leur progéniture dans le début de cette nouvelle année se trouve Carla Carvalho. Mais cette maman de deux enfants âgés de 5 et 9 ans n’est pas une simple parente d’élèves. Depuis le mois de mars, elle est la présidente de la représentation des parents.
«Nous sommes là pour représenter les parents au sein des différents établissements. On essaye de les guider quand il y a un souci avec l’école, précise Carla Carvalho. Nous sommes aussi là pour porter leur voix au niveau national.» La représentation participe ainsi activement aux débats sur l’éducation nationale en intégrant les différents groupes de travail. «Je trouve qu’on est écouté, on peut donner notre avis. Bien sûr, nous ne sommes pas toujours suivis, mais nous n’avons que le point de vue des parents et enfants, pas celui des enseignants ou du système.»
«Les parents ont une autre vision»
Responsable dans une maison relais, Carla Carvalho est bien consciente de ce que vivent les parents et des difficultés qu’ils peuvent rencontrer. «Je ne me suis pas engagé pour mes enfants. Je travaille dans le social depuis 20 ans, j’ai souvent accompagné des parents démunis.» Il est en effet parfois difficile de guider ses enfants dans leur scolarité et encore plus de trouver sa place dans la vie de l’établissement, surtout quand celui-ci n’est pas particulièrement ouvert aux avis des parents.
«Cela dépend des écoles, reconnaît Carla Carvalho. Certains parents disent avoir parfois du mal à se faire entendre.» Ils ont pourtant beaucoup à apporter à la vie scolaire et aux débats sur l’éducation des enfants à travers leur propre expérience. «Les parents ont une autre vision : un élève reste avant tout un enfant qui arrive avec son bagage. C’est important de savoir d’où il vient.»
«Nous avons tous échoué»
Alors que la rentrée vient de débuter, de nombreux chantiers attendent déjà la représentation des parents. L’étude PISA publiée la semaine dernière, qui montre un déclin des connaissances des élèves au Luxembourg, sera bien évidemment au cœur de nombreux débats. «Je trouve ça dramatique. Quelque part, nous avons tous échoué, on ne peut pas blâmer seulement le ministère, les enseignants ou les parents.» Pour remédier à cela, il est temps selon elle de prendre les bonnes décisions. «Il faut plus écouter les enseignants sur le terrain et les épauler.» Et peut-être éviter de se perdre en critiques sur les uns et les autres afin d’avancer dans l’intérêt des enfants. «Je trouve que l’on perd trop de temps.»
Pour Carla Carvalho, le projet Alpha, qui permet de choisir la langue dans laquelle l’enfant apprend à lire, pourrait régler une partie du problème. Les écoliers qui n’ont pas de parents parlant luxembourgeois ou allemand obtiennent en effet de moins bons résultats. «Je trouve que c’est une bonne chose de laisser aux parents la possibilité de choisir, même si c’est complexe pour les écoles.» Mais encore une fois, c’est par le dialogue que tout se résoudra. «Il faut que les enseignants en parlent plus avec les parents.»