Alerte aux drones au Findel : la riposte est lancée

Après la détection de drones dans l’espace aérien, le gouvernement a annoncé dimanche le déploiement de moyens supplémentaires de surveillance et de détection.

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Le Premier ministre, Luc Frieden, a tenu à rassurer la population, entouré des ministres Yuriko Backes (Défense) et Léon Gloden (Affaires intérieures).
Le Premier ministre, Luc Frieden, a tenu à rassurer la population, entouré des ministres Yuriko Backes (Défense) et Léon Gloden (Affaires intérieures).

Il y a eu une première alerte à la suite de la détection, en milieu de semaine, de drones non identifiés dans la région de Medernach. Une alerte générale a été déclenchée dans la soirée de vendredi avec la présence confirmée de «drones de grande taille» aux alentours de l’aéroport de Luxembourg, entraînant la fermeture temporaire de l’espace aérien. Au total, 19 vols ont été déroutés vers d’autres aéroports.

Samedi, en fin de matinée, le Premier ministre, Luc Frieden, s’est présenté face à la presse pour livrer des détails supplémentaires de cet «incident de sécurité«, «un phénomène nouveau» pour le Luxembourg, mais un phénomène qui a touché ces derniers mois plusieurs autres aéroports européens (lire ci-dessous). «Au vu de ce qui s’est produit à l’étranger, nous prenons cette situation très au sérieux», a souligné le chef du gouvernement, flanqué de la ministre de la Défense, Yuriko Backes, et du ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden.

À ce stade, le Premier ministre estime qu’«il est trop tôt» pour en dire plus sur l’origine des drones. Une implication de la Russie relèverait de la «pure spéculation».

Le ministre des Affaires intérieures a pour sa part indiqué qu’aucun des drones n’a été abattu. Il n’a pas pu spécifier si un des engins était équipé d’explosifs.

Il est à rappeler que l’aéroport de Luxembourg est connecté à une infrastructure stratégique de l’OTAN, plus précisément au «Central Europe Pipeline System» (CEPS), qui assure notamment son approvisionnement en kérosène.

«Ne pas céder à la panique»

La cellule d’évaluation interministérielle «drones» s’est réunie à deux reprises pendant le week-end pour continuer à suivre de près la situation. De nouveaux signalements de drones dans la soirée de samedi n’ont pas pu être confirmés. Les vérifications effectuées par la police n’ont pas donné lieu à une activité «susceptible de perturber l’ordre public, la sécurité publique ou le bon déroulement des opérations aériennes». «Dans nombre de cas, les observations signalées correspondaient aux feux de navigation d’autres aéronefs en circulation dans l’espace aérien concerné», précise la cellule interministérielle dans un communiqué.

L’autre annonce majeure de dimanche est le déploiement de moyens supplémentaires de détection afin de renforcer les capacités de surveillance de l’espace aérien. Ces équipements sont fournis en partie par des partenaires étrangers.

Dès samedi, le Premier ministre avait pris contact avec les «alliés et amis» du Luxembourg. Luc Frieden a aussi échangé avec plusieurs de ses homologues. «On fait face à une nouvelle situation dans l’ensemble de l’Europe. C’est pourquoi il est important de pouvoir compter sur les partenaires et alliés au sein de l’OTAN et de l’UE», a-t-il détaillé.

Un de ses messages clés fut aussi qu’«il n’y pas lieu de céder à la panique». «L’objectif majeur du gouvernement est d’«écarter toute menace pour le pays» et de «protéger la population. Protéger le pays nécessite aussi de faire preuve de résilience. Selon la situation, le pays doit fonctionner, et c’est le cas», souligne le Premier ministre.

Pour des «raisons de sécurité», le gouvernement n’a pas livré de plus amples détails sur les drones détectés vendredi soir. Tous les acteurs de la sécurité nationale, dont la police et l’armée, seraient toutefois en contact permanent et la coordination serait assurée. La même chose vaudrait pour les partenaires internationaux.

Fermeture du Findel : plus de 1 800 passagers impactés

Après la détection des drones dans l’espace aérien luxembourgeois, 19 vols à destination du Grand-Duché ont dû être déroutés vendredi soir. Parmi eux, 17 de la compagnie Luxair. Ces derniers ont été déroutés vers d’autres aéroports, notamment vers Cologne/Bonn, Bruxelles, Francfort-Hahn, Liège, Paris-Charles-de-Gaulle, Bâle et Strasbourg. D’après la compagnie aérienne luxembourgeoise, plus de 1 800 passagers ont été impactés.

Samedi matin, lux-Airport a annoncé la reprise du trafic aérien. «La suspension temporaire des vols a été mise en œuvre par mesure de précaution afin d’assurer la sécurité des passagers, des équipages, du personnel aéroportuaire et des aéronefs», explique le gestionnaire du Findel.

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