Violences au commissariat de la gare : deux policiers accusés de torture

Le parquet a requis des peines de six à trois ans de prison contre quatre policiers impliqués dans une affaire de violences.

Publié Modifié
Le commissariat a été fermé définitivement après que l’affaire a éclaté.
Le commissariat a été fermé définitivement après que l’affaire a éclaté.

Affectés à l’ancien commissariat de la gare centrale de Luxembourg, les quatre policiers sont accusés d’avoir, le 20 mai 2023 au soir, commis ou couvert des violences contre un homme appréhendé en état d’ébriété plus tôt dans la journée. Tom lui aurait asséné plusieurs coups de poing au visage. Joe aurait porté un coup de pied dans les côtes de Fernando avant de le placer en cellule. La victime présumée, blessée à l’œil et aux côtes, a eu deux semaines d’ITT.

Pour la représentante du parquet, Tom avait lancé une «fatwa» contre Fernando après une altercation devant le café Relax deux mois plus tôt. La victime présumée serait devenu un «most wanted» du «club exclusif» des policiers «aux poings solides» du quartier. «La guerre est déclarée», a-t-il écrit dans un mail qui leur était destiné et qui met sa défense à mal, tout comme un SMS de Joe lui annonçant que son rival avait été emmené au commissariat.

La suite, les coups et la tentative de les dissimuler d’André, a été dénoncée par une jeune recrue qui payerait encore aujourd’hui le prix de son honnêteté, dénonce le parquet. Les rangs seraient serrés derrière les prévenus, d’après sa représentante. Des rapports d’enquête auraient notamment fuité.

Mettre au pas les «déchets»

Les policiers du commissariat de la gare auraient voulu mettre au pas ceux qu’ils auraient qualifiés de «Dreck», des déchets, ou les intimider, pensant qu’ils ne se plaindraient pas et que, le cas échéant, on ne les croirait pas, imagine la magistrate. Ils auraient pensé agir en toute impunité.

La substitut du procureur requiert des peines de réclusion criminelle de 6 et 5 ans contre Tom et Joe pour des faits de torture, de 3 ans contre Rick pour entrave à la justice (il était dans la cellule avec les deux autres et ne serait pas intervenu) et 5 ans contre André pour faux et entrave à la justice.

Ces réquisitions sont assorties des interdictions prévues par l’article 11 du code pénal, soit notamment l’interdiction à vie du droit de remplir des fonctions, emplois et offices publics, de porter une décoration ou une arme ainsi que de voter, être élu ou élire. La partie civile réclame 70 000 euros de préjudice pour la victime présumée et 5 000 euros pour sa fille.

Le procès se poursuit cette semaine avec les plaidoiries de la défense et débouchera sur le volet correctionnel de l’affaire.

Powered by Labrador CMS