Pédopornographie : l’IA de l’armée détournée par un militaire
Un militaire de 42 ans est soupçonné d’avoir généré plus de 10 000 images pédopornographiques avec l’IA de l’armée. Interpellé fin juillet, il a été placé en détention provisoire.
Entre janvier et juin 2026, un homme de 42 ans, militaire en Moselle, est soupçonné d’avoir formulé 13 950 requêtes de génération d’image à caractère pédopornographique auprès du système d’intelligence artificielle de l’armée. Nombre d’entre elles précisaient qu’il devait s’agir de photos d’enfants ou d’adolescents, la plupart du temps sans vêtements.
Le pare-feu du système informatique du ministère de la Défense n’a pas permis la génération de l’intégralité de ces images et, sur certaines d’entre elles, les parties intimes ont été masquées. D’autres photos, elles aussi générées par l’IA, mettant en scène des collègues en tenue légère et dans des positions équivoques, ont été retrouvées dans l’ordinateur du militaire. Deux militaires ont déposé plainte.
Des camarades de classe de son fils
Le quadragénaire a été interpellé le 22 juillet et placé en garde à vue. Les perquisitions menées sur son matériel informatique ont permis d’établir qu’il s’était adonné à l’échange de photographies dénudées sur Instagram avec des mineures. Dans son téléphone, outre les images d’enfants asiatiques, la photo d’un groupe de petites filles – des camarades de classe de son fils – prise par ses soins a été découverte. Ainsi que la version du cliché détourné par l’IA présentant ces mêmes enfants dénudées. «Je suis addict au sexe, c’est vrai», a-t-il admis.
Le quadragénaire, marié et père de quatre enfants, est mis en examen des chefs d’«enregistrement ou fixation d’image à caractère pornographique d’un mineur de 15 ans», d’«importation de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique», de «diffusion en ligne d’un montage ou contenu généré par traitement algorithmique à caractère sexuel reproduisant l’image ou les paroles d’une personne non consentante», de «sollicitation d’un mineur par un majeur pour la diffusion ou la transmission de son image à caractère pornographique» et de «corruption de mineur par une personne mise en contact avec la victime par un réseau de communications électroniques».
«Addiction au sexe»
Il a été placé en détention provisoire, une décision qu’il conteste. Son recours a été examiné jeudi par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Metz. Son statut de militaire en fonction ne lui permettant pas de bénéficier d’une mesure de contrôle judiciaire, son avocat Me Jean-Michel Rosa a plaidé en faveur d’une assignation à résidence avec surveillance électronique.
«Les experts ne décèlent aucune dangerosité, il n’est d’ailleurs jamais passé à l’acte. Il reconnaît son addiction au sexe et se dit prêt à entamer une démarche de soin», a déclaré le conseil.
La photo détournée des écolières et le fait que l’exploitation du matériel informatique personnel du militaire ne soit pas terminée incitent, au contraire, l’avocat général à se prononcer en faveur d’un maintien en détention provisoire.
La chambre de l’instruction a suivi ses réquisitions et a néanmoins ordonné que soit étudiée la faisabilité d’une assignation au domicile des parents du mis en cause.